‹ Exposé élémentaire de l'économie politique à l'usage des écolesChapitre 169 sur 305 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

dans le cours de la monnaie de papier rendent 1 certaines toutes les entreprises, et la préoccupât!:} de voir s empirer encore ces cours paralyse tom les anaires.

Une monnaie de papier qui a cessé d’être rer boursable ou qui, comme la majeure partie du papi émis par l’Etat, n’est pas remboursable du tout, peu, au milieu de circonstances avantageuses, se mainteiï au niveau de la monnaie et continuer à conserver prix égal, à l’encontre de tous autres biens. Mais résultat exige les conditions suivantes : 1° Il ne fa pas que la masse de la monnaie de papier réunie la masse d’espèces encore en circulation dépasse besoin qu on a d instruments circulatoires ; 2° il fa en meme temps qu’on conçoive l’espoir et ; la confiance que le gouvernement obvie à la dépr ciation et préserve de tout dommage les personn acceptant ces billets. Quand cette confiance est ébra lee, la monnaie de papier ne saurait plus défendre s> ancien prix, alors même que sa quantité ne dépass rait pas les besoins. Bien remarquable, à cet égar est 1 afin mation de Ricardo (Proposais for an ec nomical and secure currency), d’après laquelle serait suffisant que la quantité de monnaie de p; pier ne dépassât pas le montant des monnai antérieurement en circulation, parce qu’alors besoin d’argent entretiendrait toujours une tel demande de ce papier que la baisse de son pri c est-a-dire l’élévation du prix des marchandise deviendrait impossible. Mais l’expérience a prou que la monnaie de papier, même émise en moind quantité, comme, par exemple, jadis les bons du Tr sor prussiens, qui n’étaient dans la circulation qi pour quatre millions de thalers environ, peut cepei dant sensiblement baisser en temps de guerre. Mên alors qu’il existe un manque momentané d’autre instruments circulatoires, les hommes ne se déci deront pas à accepter intégralement pour sa valeu nominale un papier au sujet duquel ils peuvent ap

préhender un préjudice quelconque, et l’on peut d’autant mieux s’aider que, dans ces circonstances : 1° la monnaie encore restante monte quelque peu en prix ; 2° que l’or et l’argent consacrés à d’autres usages sont refondus et transformés en monnaies ; 3° que des monnaies peuvent être amenées de l’étranger et que 4° diverses opérations commerciales sont suspendues, par crainte des pertes qu’une baisse persistante du papier pourrait occasionner. •

>*< il importe encore d’examiner si, ainsi que le soutenait déjà, en 1735, l’évêque anglais Berkeley, la monnaie peut, à l’exception peut-être de là menue monnaie, être, sans danger aucun pour l’économie nationale, remplacée et exclue par le papier, question qui doit être envisagée par rapport aux rela- ; tions tant intérieures qu’extérieures. En ce qui concerne ces dernières, il faut souvent qu’on bonifie comptant à un autre peuple l’excédant des marchandises par lui livrées sur celles qu’il a reçues, bien qu’en somme il rentre peut-être par d’autres frontières autant d’or et d’argent qu’on en a soi-même î expédié.

Pendant les années infécondes, l’achat de denrées ' alimentaires rend nécessaires des envois d’argent i comptant à l’étranger, et l’on peut en dire autant : pour les temps de guerre. Sans provisions méi talliques à cet effet, la situation présenterait des difficultés.

Sans doute un peuple aisé peut à la rigueur emi prunter chez d’autres peuples, et en outre il est i toujours possible de se procurer à l’étranger de l’or et de l’argent contre des marchandises ; mais il se pourrait qu’en face de la nécessité d’un paiement à faire subitement, il y eût du temps de perdu et qu’on fût réduit à livrer à perte les produits nationaux destinés à la bonification.

Dans les relations intérieures, la complète éviction de l’argent métallique par le papier ne serait également pas exempte de tout désavantage :

Page 1