‹ Exposé élémentaire de l'économie politique à l'usage des écolesChapitre 189 sur 305 · première partie · texte numérisé non relu

première partie

Ii» Consommation en général.

Bien que la consommation de biens anéantisse l’efft d une production antérieure, elle ne constitue cepen clan t pas encore, pour ce motif, un mal au point d vue economique. Le but de l’Économie ne doit pa etre vu dans la seule accumulation de biens, mai dans 1 utilité qu’en retire la société humaine. C’e? de 1 emploi seulement des parcelles de fortune qu résultent ces biens personnels, au regard desquel les biens matériels ne sont que des instruments Aussi la consommation provenant de l’usage est-elb tout aussi nécessaire que la production. Ces deu> actes sont unis par un lien étroit, car de même qui l etendue de la consommation a pour condition h production qui l’a précédée, de même cette production ne peut être renouvelée et continuée sans qui les provisions existantes soient consommées et que le besoin u autres produits ait été par là suscité. Nous n entendons pas soutenir cependant que toute consommation soit utile, et nous reconnaissons encore que meme une consommation admise comme utile d une manière générale peut contribuer d’une maniéré tantôt plus, tantôt moins sensible à l’obtention dessins economiques.

La consommation, considérée comme destruc-

tion d’une valeur { car il n’est pas plus au pouvoir de l’homme d’anéantir que de creer la matière), peut, de même que la production, s’effectuer d une double

manière. Ainsi : , . , . ,

1° Il s’accomplit un changement extérieur, auquel est lié un anéantissement total ou partiel de la va-

^dOEn ce que un bien matériel perd la manière d’être qu’il affectait jusqu’alors, ce qui nous donne la consommation physique, materielle. Tantôt c est la forme, tantôt c’est la combinaison des éléments constitutifs en laquelle s’opère le changement. Remarquons encore, comme autre contraste frappant, que tantôt la consommation est la conséquence de l’usage qu’on fait des biens, auquel cas elle constitue une usure, et tantôt elle s effectue indépendamment de l’usage, par ou sans la faute des hommes. La détérioration de la charrue, de la charpente en bois d’un navire nous fournit des exemples d usure tandis que la consommation sans usage nous apparaît dans l’incendie d’un navire, dans l’oxydation d ustensiles de fer non employés, etc., etc.

b) Par suite d’autres circonstances, desquelles relève en partie le rapport d’un objet à un but humain pour lequel il lui sert de moyen, c’est-à-dire la valeur d’usage de cet objet, en telle façon que tantôt un but particulier disparait, tantôt un moyen perd en tout ou en partie son applicabilité à celui-ci. Rien des causes peuvent faire perdre à un bien sa valeur, sans qu’il subisse une modification physique ; citons à cet égard des bureaux de douane apres suppression des droits de douane, des uniformes qui ne sont plus d’ordonnance, des almanachs à l’apparition du nouvel an, des panonceaux ou des cachets graves aux armes ou au nom d’un souverain lors d un changement de régime ou de règne, des bottes, des gants, etc., qui viennent à être dépareilles, des verres fumés, à mesure que l’éclipse de soleil, en vue de laquelle ils ont été préparés, approche de sa

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