LIVRE III
fin, etc., etc. Dans notre n° 1, le point de vue est absolument objectif, mais 2° Il se peut aussi qu’il ne se produise qu’un changement dans le jugement porté sur la valeur d’un bien (ce qui est dans la consommation le point de vue subjectifs t ce qui recevait de l’économiste Storcli le nom dè consommation de l’opinion, Consommation der Meinung). Pareille hypothèse peut, abstraction faite du cas d’une erreur redressée, se rencontrer le plus facilement à propos des buts reposant sur des sentiments et des perceptions fortuits qui n’ont pas de racines bien profondes dans la nature humaine, et par exemple, à propos d’affaires de modes, comme quand il s’est agi de perruques, de poudre à cheveux, de boucles de souliers, etc.
** Une destruction corporelle s’effectuant sans l’usage d’un bien ne laisse pas que d’être toujours une perte pour la fortune nationale ; aussi tous les efforts faits par les particuliers et les gouvernements pour y mettre obstacle ont-ils un caractère d’utilité générale. D’ailleurs, une branche importante de l’activité domestique est dirigée vers la conservation des biens matériels par leur préservation de toute détérioration et de tout endommagement venant du dehors. La puissance publique poursuit le même but par des réglements de police concernant les incendies, les inondations, etc., et l’on trouve la main des gouvernements et des particuliers, selon les temps et les lieux, dans des institutions (ou sociétés) d’assurances contre des sinistres de diverse nature. Généralement la destruction ou l’amoindrissement de valeur par suite de circonstances extérieures, ou de changement dans l’appréciation de valeur, ne se rencontrent que chez les choses qui n’ont pas au surplus de valeur élevée, et pour ce motif déjà ils ne présentent pas une grande importance ; ajoutons que pendant que les possesseurs de ces biens, dont la valeur s’est affaissée, éprouvent un préjudice, il en peut résulter un avantage pour d’autres personnes,
qui trouveront ainsi moyen de se procurer à bon compte des objets utiles et par exemple des vêtements hors de mode, etc. La clientèle du Temple, à Paris, en sait quelque chose. La consommation par l’usage, qui est le mode de destruction le plus fréquent et le plus important, se montre profitable à l’Econ. publique dans les circonstances que voici : 1® quand les avantages découlant pour la société de l’emploi du bien consommé balancent pour le moins l’amoindrissement de valeur ; 2° quand ces avantages sont obtenus d’une manière économique, c’est-à-dire moyennant le sacrifice de biens le plus modique,, qui puisse être fait sous la supposition toutefois qu’une consommation plus grande n’offre paê encore de l’utilité pour d’autres fins.
La consommation par l'usage est chargée : 1° ou bien de procurer à la vie humaine des avantages immédiats par l’engendrement de biens personnels (santé, force, etc.); 2° ou bien de favoriser la production de nouvelles parcelles de fortune; 3° ou bien de répondre à ces deux buts, ainsi qu’il arrive dans l’entretien des ouvriers salariés. Dans le premier cas, les biens consommés constituent des moyensde jouissance; dans le second, ils constituent des parties du capital national, et c’est encore ce qu’ils sont dans le troisième cas , du moins , lorsqu’il est fait face à l’entretien moyennant des avances. La consommation comme moyen de production reçoit le nom de productive ou plutôt, d’après la terminologie de J. -B. Say, de reproductive, par opposition à la consommation improductive. Nous devons faire observer cependant, au point de vue des termes à employer, que certains auteurs, et notamment M. J. Garnier, se sont élevés contre l’expression consommations improductives, appliquée à celles de ces consommations qui ont pour objet la satisfaction des besoins personnels, attendu qu’on ne saurait traiter d’improductif ou stérile ce qui conserve la vie, la santé, les forces. Ges auteurs