LIVRE III
veaux de valeur inégale, on engendrera de ces produits dans une mesure en laquelle les entrepreneurs des différents modes d’emploi peuvent sans perte acquitter les frais de production, et par ex. on produira autant de froment qu’il en sera nécessaire pour la mouture et la préparation d’amidon, autant de seigle qu’il convient pour la confection de pain et la distillation, autant de pommes de terre qu’en réclament le dernier but, ainsi que l’alimentation des hommes et des bestiaux. Aussi, en thèse, l’usage à des fins plus importantes n’est-il pas restreint par l’utilisation du même bien, en vue d’une fin à laquelle on peut renoncer aisément.
* * Tout homme est un consommateur , au sens général de ce mot; mais pris dans un sens plus restreint et plus habituel, le consommateur est opposé aux 'producteurs , et c’est ce qui peut arriver dans deux cas :
1° Eu égard à une espèce particulière de biens, tels que toiles, articles en acier, etc., les ouvriers et entrepreneurs adonnés à leur engendrement sont les producteurs , tandis que tous les autres membres de la nation qui emploient de pareils biens représentent des consommateurs .
2° Eu égard à l’ensemble des biens produits, tous les travailleurs et entrepreneurs, dans la sphère des travaux substantiels aussi bien que dans celle des branches commerciales productives, sont à considérer comme producteurs et les autres membres de la société comme consommateurs . Au rang des derniers doivent être comptés pour partie les prestateurs de services, de plus les propriétaires fonciers vivant de leurs rentes et ceux qui placent des sommes à intérêts (capitalistes) — et encore ceux qui ne font aucune prestation.
La consommation de toutes les classes sociales trouve sa limite dans leur revenu. Chez ceux qui ont part au revenu originaire , cette limite se rencontre dans le montant de tout le salaire et de tout
profit industriel, et de plus dans l’intégrité de la nte du sol et du capital. Figurent parmi ceux à û éclieoit un revenu dérivé a) ces capitalistes dont fortune n’a pas reçu l’emploi d’un véritable capi- 1 économique et dont le revenu est pour partie la mséquence immuable de consommations antesures ; b) les prestateurs de services. En tant que ux-ci sont occupés par des particuliers, leur conmmation ne peut dépasser ce que les autres classes, ixquelles advient le revenu originaire, ont coutume > dépenser pour des biens personnels; toutefois la msommation des serviteurs salariés par l’Etat pourit excéder cette mesure pour le cas où les revenus 5 l’Etat, avec lesquels il est pourvu à leur entretien, raient portés à une hauteur dangereuse pour l’Econ. iblique ; c) les pauvres, les infirmes, les enfants, s détenus, etc. L’entretien de ceux-ci provient sans >ute aussi du revenu des autres membres de la iciété qui acquièrent ; seulement le nombre de ces msommateurs qui ne fournissent, en principe, aulne contre-prestation ne relève pas , comme le nombre 3 s prestateurs de services, de la grandeur du revenu itional, et il est quelque chose d’accidentel.
* Le rapport qui existe dans un pays entre les prmpales portions désignées du revenu total ainsi que le ode de répartition de chacune de ses branches, sont issi déterminants pour le mode de consommation. 3s choses indispensables sont l’objet de l’usage le us général. Les moyens de jouissance sortant du îcessaire trouvent leur emploi là où il y a, vivant ms une certaine aisance, une classe moyenne imbreuse et où le salaire atteint un taux élevé, usage de la viande, par ex., fournit à cet égard une i dication statistique excellente. En Angleterre, on î consommerait, paraît-il, 50 livres par tête; en russe, de 32 à 35 livres, tandis qu’à Paris la con-. immation se serait élevée en moyenne, pendant les liées 1841-50, à 1235 livres, et pendant les années ;51 à 1854 à 139 livres. (Husson, les Consommations