LIVRE I
à son premier âge, et c'est toujours sur le concour: des forces naturelles que s'appuient les arts survenu^ depuis. Pour éclairer davantage la façon dont elle! opèrent, il nous faut faire plusieurs divisions de* produits utiles selon les conditions de leur formation et distinguer d’abord les substances brutes et les substances ouvrées, puis parmi celles-là, les substances organiques et inorganiques.
I- — Les êtres organisés , tels qu’animaux ou plantes, se forment par l’effet de la force vitale opérant déjà dans le germe et par l’assimilation des principes nutritifs empruntés au dehors. Il importe, pour la satisfaction continue des besoins humains, que l’engendrement de pareils êtres aille de front avec leur consommation, comme il arrive souvent sans la moindre participation de l’homme. Ce qu’il faut à leur développement, ce sont :
1° Des forces vitales organiques. Celles-ci obéissent, dans chaque espèce de plantes et d’animaux, à des' lois propres et invariables, de telle sorte que la perpétuation, la croissance, le dépérissement et la fin de chaque espèce d’êtres animés présenteraient partout et toujours les mêmes caractères si des influences extérieures ne déterminaient certaines variations ;
2° Des forces qui agissent dans l’entourage des corps organiques et qui agissent plus ou moins énergiquement, selon les continents, les pays et les régions, de manière que le développement des plantes et bêtes utilisables se trouve tantôt plus, tantôt moins favorisé aux divers points du globe. Cependant, l’art parvient à maîtriser partiellement ces influences, ainsi que nous le voyons par les serres chaudes, les jardins d’acclimatation, etc.
La production abondante de plantes utilisables qui servent à l’alimentation d’hommes et de bestiaux, et à plusieurs autres fins, est une condition essentielle du bien-être des peuples. Les circonstances naturelles extérieures dont dépend cette production se montrent :
a) Dans le sol , qui communique aux plantes une partie du suc alimentaire indispensable et leur vient plus ou moins en aide dans la mesure des principes organiques ou inorganiques qu’il contient, de sa situation basse ou élevée, inclinée ou plane, etc. L’agronomie ou science du sol, au point de vue agricole, fournit à cet égard de plus amples renseignements.
h) Dans l’atmosphère, dont la composition et les phénomènes, variables selon les lieux, constituent le climat . Le climat n’est pas sans agir diversement sur la vie sociale et notamment sur l’Écon. des nations. Ce qui importe le plus dans le climat, c’est la chaleur de l’air et son humidité , y compris les pluies qui s’abattent sur le sol. Entrons à cet égard dans quelques détails.
La chaleur climatérique est principalement déterminée par la situation d’un lieu entre l’Équateur et les Pôles (c’est-à-dire son degré de latitude) et par sa hauteur au-dessus de la mer; cependant, il faut mettre aussi en ligne de compte la protection ! résultant de montagnes avancées, l’existence de boisements, de marécages ou d’eaux, etc. La chaleur ; moyenne de l’année s’abaisse dans l’Europe centrale d’un degré Réaumur, avec 6 à 700 pieds environ d’élévation au-dessus de la mer ou 30 lieues d’éloignement de l’Équateur. Plus un pays est situé au Nord, plus sa fertilité est limitée à ses parties les plus basses: c’est ainsi que la limite des neiges éter- ! nelles est haute près de Quito, au-dessous de l’Équateur, de 15,000 pieds, dans les Alpes de 8,200 à 9,000 pieds, en Islande de 2,800 pieds, et au Cap-Nord de 2,200 pieds seulement. Aussi il y a-t-il, selon les hauteurs et les latitudes géographiques différentes, des zones de plantes et des degrés de fertilité divers. En ; Suisse, la frontière supérieure de la vigne est à 1,700 pieds, celle de la culture fréquente du blé à 2,800 pieds, celle du prunier entre 3,300 à 3,500, du poirier à 3,600, du cerisier entre 3,600 à 4,800: de la pomme de terre entre 4,400 à 5,000, du pin à