LIVRE I
5,000 pieds, etc. D’après des estimations relatives à la Saxe, un champ de 2e classe y rapporte jusqu’à 500 pieds de hauteur 143 mesures, jusqu’à 800 pieds 132 mesures, jusqu’à 1,600 pieds 112 mesures.
A latitude égale, l’Asie est plus froide que l’Europe et l’Amérique plus froide encore. En Laponie, l’agriculture s’étend jusqu’au 68e 1/2 degré latitude Nord, près de Tobolsk jusqu’au 60e et dans le Canada jusqu’au 50e. Les lignes de chaleur égale, que de Humboldt appelait les lignes isothermes, sont donc loin de se confondre avec les cercles parallèles. On fait dériver la plusgrande chaleur de l’Europe du courant d’eau chaude se dirigeant de l’Équateur vers le Nord- Est (gulfstream) et des vents méridionaux passant sur le désert africain. Rien de plus curieux d’ailleurs à étudier que ces courants marins, dus sans doute au mouvement de rotation de la terre autour de son axe, comme aussi au refoulement des eaux des mers du Nord vers l’Équateur et à la forme horizontale des côtes, rejetant par la pression qu’elles exercent les flots vers la haute mer. Autant de courants, autant de routes naturelles, sillonnant la surface de l’Océan et y expliquant les rencontres et collisions maritimes toujours si fréquentes. A la faveur de ces routes, les Anglais se trouvent bien plus rapprochés que la partie orientale des Etats-Unis de tous les points du globe les plus commerçants situés à portée de la mer, si on excepte toutefois la portion des côtes américaines qui est baignée par l’Océan Atlantique, au Nord de l’Équateur. La raison en est que les Américains du Nord, qui veulent passer la ligne ou doubler l’un ou l’autre des deux grands caps, doivent commencer par naviguer jusqu’à la hauteur des Açores. En revanche, les courants qui régnent le long des côtes occidentales de l’Amérique du Sud établissent entre elles et le Mexique, par exemple, une distance surprenante. Si l’Amérique, qui a été colonisée parles Européens, ne l’a pas été par les Chinois, la cause en est aux courants, qui faciliteront aussi
FORMATION DE LA RICHESSE. loO
sans doute aux Américains l’influence qu’ils visent à exercer sur la Chine et le Japon.
L’expansion géographique des plantes dépend en grande partie de la température, quoique non-seulement de la chaleur annuelle, mais encore du maximum de chaleur et de froid, de la chaleur des diverses saisons et de la variation du calorique a de courts intervalles. A l’intérieur de grands pays, la différence du calorique d’été et d’hiver dépassé ce qu’elle est le long du rivage de la mer. Les plantes cultivées ne s’étendent pas plus loin que les laboureurs n’estiment encore leur culture avantageuse. La culture de la canne à sucre réclame au moins 18°, celle du café au moins 14° de chaleur annuelle. Il n’y a à attendre de bon vin que là où la chaleur moyenne de l’année comporte 8° R., où celle de l’hiver s’élève au-dessus de 0 et où celle de 1 ete
atteint de 15 à 16 degrés.
On a essayé, il n’y a pas bien longtemps, de calculer le besoin de diverses plantes en chaleur journalière, du printemps à la récolte, ce qui a donné, parex., pour le froment, en 140jours, à environ 12° R., approximativement 1,700 degrés R. Ne doivent être comptes cependant que les jours auxquels la chaleur s eleve a quelques degrés, soit 2 ou 3 degrés. Les 21 ,000 lieues carrées de grandes steppes dénuées de forets qui se rencontrent dans la Russie méridionale ne sont dans cet état principalement qu’à cause des notables revirements de température, les plus fortes chaleurs et les froids les plus intenses offrant bien, dans le courant de l’année, une marge de 60° R., sans compter la secheresse, les orages et les tourbillons.
Les États-Unis se divisent en régions propres a l’élève du bétail, à la culture du froment, du coton,
du riz et de la canne à sucre. , .
On peut, en Europe, distinguer les régions sui-
vantes *
a) Celles où règne une chaleur moyenne supérieure à 10° R., où dans les contrées les plus basses il gele et