DEUXIÈME PARTIE
Conditions de l’Industrie.
L’Économie publique doit aux industries : 1° un renforcement notable de la production de biens, en ce qu’une variété de choses utiles et agréables, propres aux Ans les plus diverses, est engendrée, et que la valeur des substances brutes y employées est accrue; 2° l’occupation d’une partie nombreuse de la population, surtout dans les villes ; 3° des motifs au développement de beaucoup de branches d’art, comme aussi à l’exploration scientifique des lois de la nature ; 4° une réaction favorable du côté du travail de la terre, tant à cause des débouchés que les entrepreneurs d’industrie assurent aux substances brutes qu’à cause de l’approvisionnement des travailleurs de la terre en ustensiles, en machines et en moyens de jouissance — ce qui explique même la priorité accordée par quelques-uns à l’industrie sur le travail du sol, bien cependant que celui-ci fournisse toujours l’élément à l’aide duquel toutes les marchandises d’art sont confectionnées; 5° une occasion meilleure que celle que fournissent en général des substances brutes, d’expédier des produits nationaux à l’étranger et d’acquérir en échange d’autres objets utiles.
Pour peu qu'un peuple ait franchi le premier âge, l’âge d’enfance du développement économique, il doit s’y rencontrer de l’industrie. Ces industries sont originairement conduites dans chaque famille comme affaires accessoires, et sont limitées à la préparation et à la confection des choses les plus indispensables, concernant l’alimentation, le vêtement, l’habitation, les ustensiles, etc. Mais avec la division progressive du travail, elles se détachent insensiblement comme