LIVRE IV
La prospérité des diverses branches d’entreprises industrielles subit l’influence de circonstances de lieu et de temps, dont l’effet défavorable peut sans doute être conjuré, mais ne peut l’être qu’avec des efforts, une grande habileté et des sacrifices plus considérables. Relevons les plus importantes de ces circonstances, qui sont les suivantes: 1° Dans les articles industriels, dont le prix est principalement constitué par la substance transformable ou auxiliaire employée , les frais d’expédition importent beaucoup, surtout quand la substance n’est pas de nature précieuse, ce qui fait que les fabricants de ces articles se portent d’eux-mêmes là où l’on peut avoir ces matières de plus près et bien aussi en un choix plus grand. Pour les substances indigènes, c’est le lieu de leur obtention ; ainsi, quant aux fabriques de sucre de betteraves, elles surgiront dans les contrées où beaucoup de betteraves peuvent être cultivées à bon compte ; pour les substances exotiques, c’est la circonscription qui les reçoit le plus promptement et le meilleur marché par "l’importation : les raffineries de sucre, par ex., se développent le plus facilement dans les grandes villes commerçantes, où le sucre brut arrive de l’étranger en quantité et modalité voulues. 2° Dans les industries qui réclament beaucoup de travail manuel, le salaire modique d’une contrée est essentiellement profitable. Relativement aux dentelles, par ex., on peut observer que le fil, qui lui-même est déjà un produit industriel, ne coûte que 1/4 à 1/10 de toute la dépense occasionnée par elles. 3° Là où on doit appeler à son aide une autre force, force motrice, on est contraint : de régler là-dessus et, par ex., sur les forces d’eaux, le choix de la localité. 4° Diverses industries exigent chez les ouvriers une si grande habileté et des moyens auxiliaires si ingénieux, tels que machines, qu’elles ne se développent aisément que là où d’autres branches industrielles plus faciles à exploiter se sont déjà fait jour. Il existe, par conséquent, une
:ertaine succession suivant laquelle, étant donné le léveloppement graduel du zèle technique, lesindusries peuvent être fondées avec le meilleur succès les mes après les autres. Ainsi celles qui sont adonnées i la fabrication d’objets répondant à un luxe supérieur et raffiné doivent être précédées par d’autres [ui prennent souci des besoins des classes laborieuses, t diverses industries très-ingénieuses ne prospèrent rue dans de plus grands centres, où la fortune, les onnaissances et un goût épuré se donnent la main.
Les opérations industrielles se fractionnent, suiant leur but, en deux divisions :
1° Il y a celles qui tendent à une modification dans a modalité substantielle des biens, c’est-à-dire à des aélanges ou à des éliminations. Ici les façons de proéder sont assises sur les lois naturelles chimiques, es modifications sont généralement obtenues avec le ecours de la chaleur et de l’eau (par la voie sèche u humide) et elles exigent peu de travail,^ mais, iour beaucoup d’articles, des installations coûteuses t ingénieuses. Dans les frais, le salaire tient une aoindre place que les substances à transformer ou uxiliaires. Les produits provenant de ces procédés ont en partie utilisables immédiatement, sauf peuttre quelquefois de légers amendements dans la orme, pour des fins, des jouissances humaines; il n est ainsi de l’eau-de-vie, de la farine, de la bière, u vinaigre, du savon, du gaz à éclairage; mais la ilupart du temps il doit venir s’y joindre encore une es opérations rentrant dans la division suivante.
! 2° Il y a les opérations destinées à donner aux ubstances une certaine conformation et qui sont par onséquent dirigées vers la production d’effets mécaiques. Ici, le résultat médité est dû originairement la main de l’homme aidé d’outils, jusqu’à ce que lus tard le travail soit remplacé partiellement par i machine. La plupart des objets d’art ne reçoivent 3ur complète valeur d’usage que de leur forme, et à et égard ils ont .à traverser souvent plusieurs phases,