LIVRE IV
siers et baissiers. L’avantage résultant pour l’Écon pubhque de ce commerce serait médiocre, selon M. Rau : il consisterait uniquement en ce que chaque possesseur d une somme d’argent économisée se voit
■ ï titres corres-
pondant à ses désirs. Cependant la certitude où
i pouvoir à volonté caser chaque somme
a interets, pour un temps plus ou moins long et de pouvoir aussi rencontrer encore une fois facilement preneur pour ses titres, est de nature a encourager l’épargne, et si Rau pense que cet avantage peut etre obtenu également à l’aide de 20n| de banque, il faut cependant reconnaître que celles-ci, disposées, il est vrai, à recueillir l’épargne publique et a la faire fructifier, ne se prêteraient pas
cau,a^Tier 3 r?'çhat de titres dont la facile circulation est d une si grande influence sur la création de grandes et utiles entreprises par l’aliment que leur fournissent les capitaux de tous. Ajoutons aue e crédit public est grandementintéressé au commerce en question en ce que celui-ci facilite grandement
reraient contra^er^l) ^ Reniements dési"
tout à des époques ou les capitaux peuvent être employés moins facilement dans le commerce des marchandises et les travaux substantiels qu’en d autres temps. Ce penchant vers le commerce du paprnr repose notamment sur les causes suivantes : pp IePn!!rS exemples d’énormes fortunes faites dans ce genre d affaires exercent leur fascination, tandis qu on perd assez volontiers de vue les cas suffisam-
(1) Sur ce point et sur plusieurs autres, concernant les influences diverses exercées par les opérations de bourse, nous nous risquons à renvoyer à nos Sociétés par actions et opérations de bourse. ^cietes
ment fréquents de pertes sensibles et même de ruines' complètes; 2° à l’espoir des profits à réaliser s’ajoute aussi dans les jeux de hasard l’attrait propre aux risques et à l’attente ; 3° tout le monde, sans appartenir même à la catégorie des marchands, est qualifié pour se livrer à de pareilles entreprises ; 4° en achetant du papier, on n’a pas à faire de frais accessoires pour édifices, établissements fixes, transport, douanes, etc-, et on peut en conséquence, à capital égal, faire des affaires plus importantes, sans compter que par l’accord des parties, l’exécution des marchés peut être reculée à une date quelconque convenue (ce qui est le fait des marchés à terme) et que la stipulation d’une prime pour le cas de l’abandon du marché peut tracer des limites à la perte possible ; 5° il est même des moyens de traiter de ces affaires, sans que les achats dussent être formellement exécutés, auquel cas aucun capital pour l’achat n’est même nécessaire et les opérations sont accessibles à quiconque a seulement du crédit jusqu’à concurrence des pertes éventuellement possibles. Cette dégénérescence par laquelle l’entreprise perd le caractère d’une affaire commerciale et supporte plutôt la comparaison avec un pari sur les cours, prend le nom d 'agiotage, de jeu de bourse (jobbery, Differenzgeschaeft). Comme dans l’achat, on se met d’accord sur une quantité déterminée de titres, sur un certain cours et sur un terme auquel l’affaire devra être liquidée. Ce terme étant arrivé, on rapproche le prix convenu du cours du jour, afin de voir si c’est le vendeur ou l’acheteur apparent qui a perdu, et le perdant se borne à payer au gagnant la différence des cours. Ce réglement de la différence peut être dès le début dans les desseins des parties conxactantes, comme aussi il peut être résolu après coup, en ce qu’on trouvera plus commode de ne pas exécuter effectivement une vente projetée.
Quand le commerce de papier a pris le développenent auquel nous font assister les derniers temps, il
présente des inconvénients économiques ne compensant pas, au dire de certains écrivains, les avantages auxquels il donne naissance. 1° Il attire de grandes sommes d’argent qui ne reçoivent en lui qu’un usage tout-à-fait improductif et ne contribuent par conséquent aucunement à l’accroissement du revenu national. Les bénéfices réalisés par d’heureux entrepreneurs commerciaux sont généralement alliés à des pertes correspondantes subies par d’autres. Mais ce qui empêche d’accorder trop d’importance à cette considération, c’est que sans ce mouvement d’argent, causé par la possibilité et la facilité de transmission, foule d’entreprises des plus productives ne sortiraient pas du néant. 2° Un grand nombre d’hommes, généralement intelligents et fort actifs, est entraîné vers des occupations dont ne semble pas profiter le bienêtre général, et se trouve détourné par conséquent de travaux plus utiles. L’espoir de devenir riche subitement et sans effort paralyse l’application soutenue et sans faste, qui peut seule fonder le bien. 3° Les routes que l’on suit pour gagner ne sont pas toujours irréprochables , et l’on arrive assez facilement à n’éprouver plus une horreur suffisante pour les artifices calculés d’autrui, quand ils procurent des avantages à ceux qui y ont recours.