LIVRE I
ne nécessitât une collaboration, une combinaison de travail, une coopération qui toutefois ne sera jamais, d’après notre terminologie antérieure, empruntée à Wackefield, qu’une coopération simple, en ce que les divers agents concourant à la même tâche travailleront généralement de la même manière, et s’il s’agit par ex. d’un canal ou d’un endiguement, seront tous, sau/ '’iu8'^ü'6ur et quelques commis, des terrassiers.
»\ Quoi qu’il en soit, c’çst la division du travail qui a d.01}11,® naissance à la combinaison organique des activités humaines, qui se servent réciproquement de cause et dont chacun est tributaire dans la limite de ses besoins, pour toutes celles auxquelles il ne vaque pas lui-même. L’échange n’a même une si haute signification pour l’Écon. publique que parce que notamment il constitue la condition à laquelle seule la division du travail peut se conserver. Par suite de cette division, la société se décompose en plusieurs catégories d’hommes , dans chacune desquelles se développent encore des branches d’activité distinctes; des occupations domestiques deviennent des industries indépendantes, qui, avec le temps, se subdivisent ensuite en d’autres. Il est dans la nature de la répartition d’ouvrage que les occupations isolées s’enchevêtrent selon un certain plan pour produire toute leur utilité. De même que dans une grande fabrique les tâches des ouvriers doivent être dirigées et gouvernées par un administrateur, en telle manière qu’elles s’appuient en proportions exactes et concourent à un grand résultat d’ensemble, et de même encore que dans une famille nombreuse une distribution analogue des afïâires est effectuée avec avantage, de même plusieurs individus indépendants les uns des autres peuvent se prêter un concours mutuel. De telles associations ne se réduisent pas aux travaux divisés et peuvent se rencontrer tout aussi bien à propos d’activités similaires qui devront à une collaboration bien comprise un résultat meilleur. C’est ainsi qu’on voit se former d’elles-mêmes des sociétés
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temporaires de bûcherons dans les forêts, de flotteurs, de moissonneurs, et bien d’autres Ans seraient on ne peut mieux atteintes à l’aide du même procédé.
L’organisation résultant de la division du travail est assurément le progrès le plus sensible et le plus fécond qu’un peuple puisse accomplir dans sa marche en avant. Elle enlève chaque individu à son isolement et crée entre tous un véritable lien social. En même temps qu’elle accroît la puissance individuelle, elle développe le sentiment de la solidarité. Chacun pour tous, tous pour chacun, telle paraît être sa devise qui, dans les pays où elle est une réalité, leur vaut tous les avantages dans l’ordre économique, social et moral. « Au fait, si l’on y regarde de près, a dit Bastiat, se distribuer les occupations, ce n’est pour les hommes qu’une autre manière plus permanente d’unir leurs forces, de coopérer, de s’associer ; et il est très-exact de dire que l’organisation sociale actuelle, à la condition de reconnaître l’échange libre, est la plus belle, la plus vaste des associations ; association bien autrement merveilleuse que celles rêvées par les socialistes, puisque par un mécanisme admirable elle se concilie avec l’indépendance individuelle. Chacun y entre et en sort à chaque instant, d’après sa convenance. Il y apporte le tribut qu’il veut et en retire une satisfaction comparativement supérieure et toujours progressive, déterminée selon les lois de la justice, par la nature même des choses et non par l’arbitraire d’un chef. »
Une division du travail poussée très-loin a suscité bien des préoccupations concernant la condition des ouvriers. On a mis en avant la dépendance dans laquelle une expérience limitée à une seule opération plaçait le travailleur vis-à-vis de son patron. On a fait valoir aussi l’influence pernicieuse qu’une opération sans cesse renouvelée devait exercer sur ses dispositions intellectuelles et son développement physique. En général, ces craintes sont dénuées de fondement ou fort exagérées, et en tout cas