PRIX DANS L’ÉCHANGE
Dans tout échange, des quantités déterminées de deux espèces de biens sont données à rencontre les unes des autres, et en cela elles sont placées sur le même pied, quelque différence qu’il puisse y avoir entre elles quant à leur valeur et à leurs frais d’établissement. La quantité donnée et reçue d’un des biens constitue respectivement le prix de l’autre, et par conséquent, dans l’enfance de l’Economie nationale, le prix de chaque bien individuel devait être débattu tantôt vis-à-vis de tel bien, tantôt vis-à-vis de tel autre, selon les hasards de l’échange. Mais il y a commodité incontestable à ce que les prix de tous les biens soient exprimés en quantités d’une seule et même chose, qui devient par là le mesureur général des prix. Le moyen de circulation usuel, Y argent, sert en même temps de mesure des prix, après l’introduction de laquelle il ne se rencontre plus guère que des échanges contre l’argent et tous les prix sont stipulés en quantités d’argent — ce qui donne des prix d’argent facilitant beaucoup l’intelligence et l’aperçu des rapports de prix. « Par le prix d’une chose, a donc pu dire J. Stuart Mill, nous désignerons désormais sa valeur en argent; par valeur d’une chose ou valeur d' échange, sa puissance d’achat, le moyen que donne sa possession d’obtenir, en la cédant, quelque chose qui s’achète et se vende, une quantité de marchandises. »
Le prix d’un bien est déterminé, dans chaque cas particulier, par l’accord des deux intéressés, mettons du vendeur et de l’acheteur. Chacune des deux parties recherche un avantage dans cette opération d’échange et n’y donne son assentiment que