LIVRE U
biens matériels, outre qu’on n’y a pas non plus exactement égard à une mesure, par suite du refoulement, en pareille occurrence, des mobiles de l’intérêt personnel.
La mesure en laquelle dans l’échange, des prestations de n’importe quelle espèce sont bonifiées en portions de fortune constitue le prix. Les recettes des particuliers consistent en grande partie dans le prix par eux reçu des prestations qu’ils ont accomplies pour autrui, ce qui fait que l’élucidation de l’échange de biens exige l’examen des causes par lesquelles le prix est déterminé. On s’aperçoit de la sorte que la théorie de la distribution du revenu s’appuie sur les lois naturelles du prix et sur la valeur d’échange fixée par celles-ci. Il ne faudrait pas cependant, pour cela, considérer comme superflues les explications antérieures dans lesquelles nous sommes entrés sur la valeur d’usage, car partout il faut revenir à cette dernière si l’on veut apprécier les phénomènes de l’échange d’après leur influence sur l’état économique des hommes.
Communément on entend seulement par prix la contre-valeur qui, lors de l’échange d’un bien matériel, est fournie pour celui-ci en autres variétés de biens. En nous occupant de l’estimation de la fortune nationale, nous nous sommes appesantis sur ce prix (rechange dans son rapport avec la valeur.
Mais il y a d’autres prestations encore qui ont un prix, étant bonifiées conventionnellement avec des portions de fortune en quantités déterminées, et ce prix règle le revenu de celles des personnes qui se chargent constamment de pareilles prestations pour de tierces personnes. Ici rentrent : 1° le prix du travail accompli pour autrui, autrement dit le salaire; 2° le prix de l’utilisation de la terre ou la rente stipulée du sol , servie par le fermier au propriétaire foncier; 3° le prix de l’utilisation du capital ou la rente du capital que le locateur ou prêteur reçoit du locataire ou emprunteur.