X LETTRE A MM. LES ELEVES
est Ja doctrine que nous professons. Nous vous le dirons avec simplicité, car notre foi ne connaît pas les détours de l'habileté ; elle demande à être exprimée hautement.
Déposez pour quelques instans toute prévention , toute méfiance; lisez ces pages avec calme, avec attention, car elles parlent un langage que vous n'êtes pas habitués à entendre, car elles disent des choses qui peuvent être nouvelles pour vous , car elles pourront vous rappeler des croyances que vous avez repoussées parce qu'un contact impur les avait souillées.
Vos sentimens nous sont connus. Nous savons que vous réprouvez l'égoïsme qui cherche à assurer son règne au sein de la société française. Nous savons que vous avez en abomination les doctrines qui nient les devoirs sociaux que tout homme doit remplir, qui nient la fonction égalitaire qui a fait la grandeur de la France et qui constitue sa puissante nationalité. Nous savons que vous êtes dignes de continuer l'œuvre de vos pères. Cette conviction rendra notre tâche plus facile, car, placés sur un terrain commun, soldats de la même armée, nous n'aurons qu'à discerner nos ennemis , à les bien connaître , pour marcher ensemble , dans le même combat, à une commune victoire.
Ces ennemis sont nombreux. Plusieurs ont levé le masque et vous les avez reconnus. Quelques-uns se cachent et empruntent pour se cacher un langage obscur ou hypocrite. D'autres ne paraissent pas s'apercevoir qu'ils font servir à de perfides desseins une science qui vous est chère.
de l'école de médecine. xi
Ceux qui se proclament franchement contre-révolutionnaires sont aujourd'hui les moins nombreux et les moins dangereux. Ceux-là , grâce à la vigilance populaire, sont frappés d'impuissance et ne sauraient devenir redoutables.
Mais ce courage manque au plus grand nombre.
C'est sur les enseignemens de ceux qui n'ont pas ce courage que nous devons appeler votre attention. C'est à reconnaître ceux qui s'enveloppent dans le manteau de la science que nous devons consacrer nos efforts, nous à qui la science a été donnée pour que nous la fissions servir à l'avancement du règne de la fraternité.
Pour reconnaître ces ennemis , il faut donc étudier les doctrines qui se répandent autour de vous, et les étudier sérieusement. Il faut aller au fond des théories et ne pas glisser légèrement à la surface. Il faut chercher la raison des enseignemens qui sont mis en circulation par les soins des gouvernemens et par des travaux particuliers; il faut que vous puissiez vous dire avec certitude : Là est la vérité, là est l'erreur.
Mais, nous direz-vous, à quels signes pouvonsnous reconnaître la vérité et l'erreur d'une doctrine, puisque nous voyons tous les jours que ce qui est une vérité pour les uns est une erreur pour les autres, quoique les faits soient nécessairement les mêmes pour tous. Quel est en un mot le critérium de la vérité , quel est le principe de certitude ?
Ce critérium y Messieurs, c'est la morale. C'est parce qu'on le place ailleurs que dans la morale