CARACTÈRES DES CINQ TYPES PRÉCÉDENTS
Branches ascendantes.
a. Rigas pyramidés-élancés ou fastigiés.
Tige très-verticale, soutenant bien sa grosseur, souvent presque cylindrique jusqu'à moitié et plus de sa hauteur. Branches de force modérée sensiblement égales entre elles, formant une série de couronnes régulières et symétriques, dont Tensemble, par sa forme pyramidale, rappelle le port du Peuplier d'Italie. Écorce d'un jaune rougeâtre prononcé à partir de 1 à 2 mètres au-dessus de la base.
b. Pin de Riga, pyramidé-élargi.
Le caractère principal par lequel cette section diffère de la précédente, consiste en ce que les branches, plus longues, plus fortes, plus écartées de la tige, forment une pyramide plus élargie. Les tiges, dans la plupart des lots de cette série, sont plus grosses, au même âge, que celles des pyramidés-élancés, et au moins aussi élevées; mais la proportion des arbres, parfaitement droits et réguliers, y
est moindre que dans ceux-ci. La couleur de Fécorce y est aussi moins uniformément rougeâtre. Enfin, par Ten* semble de leurs caractères, ce sont des arbres de nature moins fine, moins parfaits, en général, dans leurs proportions que les pyramidés-élancés, mais plus vigoureux, et paraissant destinés à acquérir de plus fortes dimensions; c'est parmi eux surtout que doivent se trouver ces pièces de dimensions exceptionnelles qui servent à la mâture des vaisseaux de premier rang. Ils offirent donc, sous ce rapport, autant d'intérêt que ceux de la première section.
e. Pin d'Haguenau.
Plus vigoureux encore que ceux de la série précédente, le Pin d'Haguenau est cependant moins bon qu'eux; ses couronnes trop fournies et trop fortes, souvent entremêlées de gourmands, tendent à détruire la régularité de sa tige. Aussi ofire-t-elle fi^quemment des courbes ou des défectuosités qui, malgré ses fortes dimepsions, lui ôtent une partie de sa valeur.
L'écorce est rougeâtre dans la majorité des sujets, mais non pas aussi uniformément que dans la première section, ni même que dans la plupart des lots de la seconde. Celle de la base est plus brune et plus gercée. La feuille est plus longue, plus glauque, moins appliquée contre le rameau que celle du pyramidé-élaneé; la pousse, au printemps, est moins hâtive de huit à dix jours.
Branches horizontales,
d. Pin de Genève étage.
Branches écartées horizontalement, quelquefois même surbaissées ; généralement très-allongées et flexueuses, réunies en couronnes régulières qui laissent la tige à nu entre leurs intervalles. Celle-ci est rarement bien droite ; les courbures y sont, toutefois, moins fortes que dans l'Haguenau; mais, d'un autre côté, son grossissement est moindre de beaucoup.
L'écorce est passablement rougeâtre dans quelques-uns
des lots de cette race, mais plus communément grise ou très-mélangée de gris.
La feuille est plus courte et plus large que dans les séries précédentes ; la pousse, au printemps, plus tardive de huit à quinze jours.
e. Pin de Genève ramassé, Pin de Briançon.
Ces cinq divisions ne sont pas, à beaucoup près, également bonnes : la première et la dernière (le Pin de Riga pj'ramidé-élancé elle Pin de Briançon) offrent seules deux types absolument tranchés.
Les autres ont des caractères bien moins prononcés. Gela ne pouvait être évité et tient à la nature même de Tespèce dans laquelle les individus, aussi bien que les masses locales, diffèrent, pour ainsi dire, indéfiniment. Ainsi, entre les deux types opposés que je viens de citer, les lots de Técole forment une chaîne non interrompue de dégradations qui lient ensemble ces deux extrêmes.
Des coupures étaient cependant nécessaires, ainsi que je l'ai dit, et qu'on le verra surtout par la définition des cinq séries adoptées.
Ce cadre, tel que j'ai pu l'établir, ne suffit pas encore cependant pour placer convenablement tous les lots ; un certain nombre offrent des caractères intermédiaires, mais trop peu prononcés pour que j'aie dû les admettre comme chefs de file, et augmenter ainsi par eux les divisions; d'autres n'ont aucun caractère propre, mais consistent en un mélange de plusieurs types sans prédominance marquée d'aucun. Dans ces deux cas, j'ai placé ces lots sous des titres supplémentaires, à la suite des séries dont ils se rapprochaient le plus.
Dans ce mode de classement, les deux types extrêmes, le Pin de Riga pyramidé-élancé, d'une part, et le Pin de Briançon, de l'autre, sont parfaitement tranchés ; un troisième intermédiaire, le Pin d'Haguenau, quoique moins bien caractérisé, l'est cependant encore assez pour que j'aie pu l'admettre.