‹ Exposé historique et descriptif de l'École forestière des BarresChapitre 13 sur 31 · COMPOSITION DE L'ÉCOLE · texte numérisé non relu

COMPOSITION DE L'ÉCOLE

PINS StLVESTRES

Après avoir exposé Thistorique et l'état actuel de la question, il me reste à présenter le tableau de la collection que j'ai réunie dans la vue d'aider à sa solution.

Ainsi que je l'ai dit précédemment, cette collection se compose de tout ce que j'ai pu me procurer de Pins silvestres de provenances diverses. Parmi eux, j'ai dû comprendre d*abord ceux sur lesquels ont porté principalement les discussions et les doutes ; ceux surtout qui, ayant reçu des noms de variétés, sont plus généralement regar^ dés comme distincts. Le Pin de mâture ou Pin rouge du Nord, ceux d'Haguenau, d'ËcossBi de Genève» ont fourni, à ce titre, le premier fond de la plantation. Le premier d'entre eux (le Pin de mâture), étant de beaucoup le plus important, c'est aussi celui dont je me suis attaché à multiplier le plus possible les moyens d'étude. A l'aide de mes relations et du concours obligeant de plusieurs amateurs français et russes, j'ai obtenu de diverses provinces de la

Russie et de la Lithuanie, renommées pour la reproduction des bois de mâture, des graines dont les produits existent aujourd'hui dans TÉcole.

Ces lots, d'origine directe, ont été augmentés de plusieurs autres provenant de plantations faites en France à des époques antérieures, et dont l'origine russe était bien constatée.

Enfin, dans la vue de multiplier le plus possible les moyens de comparaison, j'y ai ajouté des Pins silvestres de divers points de la France.

L'ensemble présente une réunion de trente lots. Mais je dois dire de suite, pour éviter que l'on s'en fasse une idée exagérée, que ce ne sont pas trente lots égaux de force, d'âge ou d'étendue, ni, dès-lors, exactement comparables; ils sont, au contraire, extrêmement inégaux. Les uns forment des massifs plus ou moins considérables, tandis que d'autres consistent seulement en quelques individus; leur âge est échelonné depuis dix à douze ans jusqu'à trente ans et plus ; cet inconvénient a été inévitable dans une création de cette nature ; pour le diminuer autant que possible, j'aui^ai soin d'indiquer, dans les détails relatifs à chaque lot, les différences qui peuvent influer sur l'appréciation actuelle de ses caractères.

Bases du classeinent adopté pour les variétés de F École.

Je dois encore, avant de présenter la série et la description des lots, donner quelques explications sur l'ordre que j'ai suivi dans leur classement.

Les différences, soit entre individus, soit entre masses ocales, assez tranchées pour que l'on puisse fonder sure elles des distinctions de variétés, ces différences, dis-je» sont de deux sortes : celles qui se rapportent au port et à la conformation de l'arbre, et celles relatives aux caractères botaniques fournis par une ou plusieurs de ses parties ou de ses organes, cônes, fleiu^, feuilles, etc.

Les botanistes qui se sont occupés de cette question si

sont, en général, attachés de préférence à cette dernière base. Je ne l'ai pas adoptée cependant, et voici pourquoi : des variétés fondées sur des différences purement ou principalement botaniques peuvent être nulles au point de vue de l'économie forestière. Ainsi, qu'un Pin silvestre ait le sommet des écailles du cône plus ou moins saillant, recourbé en crochet, à la manière du Mugho; que le grand diamètre du losange formé par ses côtés soit horizontal ou vertical; que le côté des anthères des fleurs mâles soit plus ou moins saillant; ou bien qu'il ait trois feuilles à la gaîne au lieu de deux, ce sera une variante curieuse, fort intéressante botaniquement en ce qu'elle s'écarte du caractère général de l'espèce; mais si, du reste, cet arbre et ceux qui en descendront ne présentent pas, dans leur végétation et leurs qualités physiques, de différences marquées avec ceux parmi lesquels ils vivent, l'existence de cette variété restera en dehors de toute application pratique utile, elle sera seulement un fait d'histoire naturelle intéressant.

H en est tout autrement des distinctions fondées sur le port et la conformation des arbres. Là, les différences représentent des qualités ou des défauts, ou plutôt elles sont réellement l'un ou l'autre. Entre un Pin à tige élancée, parfaitement droite, à cime régulière, et un autre à tige courbe, noueuse, à tête diffuse et élargie, il y a la différence d'un très-bon arbre à im mauvais.

Ce mode d'établissement des variétés est donc en relation directe avec les vues de la culture forestière, et peut contribuer efficacement à ses bons résultats. Il est, sous ce rapport, préférable de beaucoup à celui dont j'ai parlé d'abord. Mais ce n'est pas son seul avantage; au lieu de caractères minutieux, souvent difficiles à saisir à la vue simple et sans lé secours d'une loupe, ce sont ici des caractères d'un ordre moins relevé, vulgaires même, si l'on veut, mais facilement saisissables pour tout le monde.

Enfin ime dernière considération en leur faveur est qu'ils sont au moins aussi constants que ceux d'une na-

ture plus scientifique et plus essentiellement botanique. Je n'entends pas par là récuser ces derniers.

Ces raisons ni*ont fait adopter, de préférence^ ce mode de classement des variétés, lorsqu'il s'est agi de comparer entre eux et de grouper, selon leurs analogies, les lots nombreux qui forment cette école.

Classement des Pins silvestres.

La direction ascendante ou horizontale des branches m'ayant paru être le caractère qui se trouvait le plus généralement en rapport avec la qualité bonne ou mauvaise des arbres, je Tai adopté comme base du classement des lots.

De là sont résultées deux divisions principales : l® celle des branches ascendantes ; 2° celle des branches horizontales. Puis, quelques subdivisions étant encore nécessaires pour rapprocher certaines analogies secondaires, et obtenir des groupes moins étendus, j'en ai admis trois dans la première et deux dans la seconde, ce qui m'a donné les cinq séries ou sections suivantes :

Branches ascendantes correspondant au P. silvestris rubra.

a. Ascendantes fastigiées, ou Pin sUvestre pyramidéélancé.

b. Ascendantes écartées, à couronnes régulières, **

c. Ascendantes écartées, à couronnes irrégulières et branches souvent gourmandes.

Branches horizontales correspondant au P. silvestris vulgaris.

d. Horixontales étagées.

#. Horizontales ramassées.

Ces cinq subdivisions se rapportent à des variétés locales dont les noms sont assez généralement admis; je les redonne ici sous ces noms, que j'adopterai de préférence comme étant plus courts et plus précis.

Branches ascendantes.

a. Pin de Riga pyramidé-élancé.

b. Pin de Riga pyramidé-élargi.

e. Pin d'Haguenau ; Pin d'Allemagne.

Branches horizontales.

d. Pin de Genève élancé-étagé.

c. Pin de Genève ramassé, Pin des Hautes-Alpes ou de Briancon.

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