‹ Exposé historique et descriptif de l'École forestière des BarresChapitre 22 sur 31 · Pin deYolhynie, par M. Piotrowskl · texte numérisé non relu

Pin deYolhynie, par M. Piotrowskl

La Volhynie étant une des provinces russes qui, d'après les renseignements que j'ai dus à M. de la Roquette, fournissent les plus beaux Pins de mâture, j'ai été très-heureux de rencontrer dans ma vie un propriétaire de ce pays, M. Camille Piotrowski, amateur aussi éclairé qu'obligeant, qui a bien voulu m'en envoyer des graines. Les arbres de cette provenance sont de beaucoup les plus jeunes de ceux que j'ai reçus directement de Russie; ils n'ont au-

jourd'hui que dix ans de plantation, mais on peut prévoir déjà qu'ils seront au nombre des meilleurs de la colleo tion. Dans leurs premières années, ils avaient une ressemblance si frappante avec ce qu'avaient été au même âge ceux de Riga des n®* 1 et 2, que je ne doutais pas qu'ils ne fussent de même race; mais depuis deux ou trois ans ils ont commencé à prendre une physionomie particulière : de fadbles et d'apparence souffrante qu'ils étaient d'abord, ils sont devenus extrêmement vigoureux; leurs feuilles se sont allongées de beaucoup; leur teinte, d'un vert pâle, est devenue (sur les rameaux de l'année) d'une nuance glauque prononcée. Enfin plusieurs, dont les premières couronnes avaient été très-symétriques, ont produit (celles des années dernières) des gourmands très-vigoureux et qui tendent à déformer la tige.

J'attribue ce changement à ce que les racines, ayant traversé la couche de glaise qui est très-près de la surface dans ce terrain, seront arrivées à un sous-sol sableux éminemment favorable à leur croissance, puis aussi à ce que, plantés comme sont ces arbres sur une longue ligne faisant face au midi, cette position aura contribué à donner à une partie des branches un développement extraordinaire. Malgré ces conditions défavorables, le plus grand nombre ont conservé jusqu'ici, dans leur tige, leurs couronnes et leur écorce, les caractères des meilleurs Pins du Nord, et, tout en regrettant beaucoup de ne les avoir pas mis en massifs, je ne doute pas qu'une partie au moins d'entre eux ne soit un jour au nombre des plus beaux Pins silvestres de l'École. D'un autre côté, ce lot sera d'autant plus intéressant à suivre, qu'il est en nombre suffisant pour fournir à des études un peu concluantes ; il comprend environ 400 individus.

8. Pin de Riga, graines des Barres, des lots Zigra et Helmund.

Lorsque mes Pins de Riga de provenance directe ont commencé à donner des graines, j'en ai lait récoller dans la vue de reconnaître si la race se reproduirait avec ses caractères. Les plants qui en sont résultés, bien qu'ils ne

puissent être jugés encore avec certitude, ont, en général, une analogie prononcée avec leurs pères. Un certain nombre cependant, présentant quelques défectuosités dans la tige ou par leurs couronnes trop fortes, je n'ai pas voulu les placer dans la r« série et les ai mis provisoirement dans la seconde, qui contient beaucoup de lots encore jeunes, et qui ne peuvent être jugés qu'approximativement. Quelle que doive être la place définitive de celui-ci, la masse s'annonce, quant à présent, comme très-bonne.

9. Pin de Riga, d'une plantation existant à Guipavaz, près de Brest.

De même que les précédents et les autres Pins de Riga ou du Nord dont il me reste à parler, celui dont il s'agit ici provient de graines françaises. L'origine des arbres de cette catégorie étant le premier point à établir à leur sujet, j'en parlerai d'abord pour ce qui concerne celui-ci. Les graines m'en ont été envoyées par M. Noël, jardinier du jardin botanique de la marine, qui les avait fait récolter sur une plantation existant à Guipavaz, près de Brest, laquelle avait été établie elle-même au moyen de graines rapportées du Nord en 1802 par un ofBcier de marine. M. Noël n'avait aucun doute sur cette origine, qui était de notoriété générale dans le pays.

Voici maintenant ce que sont ces arbres dans mes plantations, où il en existe plusieurs massifs. Leur tige est généralement bien verticale et élancée, mais elle Test moins que dans les Rigas des n»* 1 et 2, ce qui tient à ce que les branches sont sensiblement plus allongées et plus fortes. Les couronnes sont cependant régulières dans la plupart. L'écorce rouge commence, en général, un peu plus haut que dans les pyramidés-élancés; elle est d'une teinte un peu plus pâle, mais assez prononcée cependant pour que le Pin appartienne bien certainement aux Pins rouges du Nord. Il est, du reste, remarquable par sa grande vigueur et constitue dans son ensemble un des bons échantillons de la variante pyramidée-élargie (feuille plus longue et plus glauque que celle des lots Zigra et

Helmund, se rapprochant de celle d'Haguenau; cône plus allongé, plus étroit dans la moitié supérieure).

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