‹ Exposé historique et descriptif de l'École forestière des BarresChapitre 30 sur 31 · Pinus silvestris montana. — De M. Keller, de Darmstedt · texte numérisé non relu

Pinus silvestris montana. — De M. Keller, de Darmstedt

Une ligne plantée en 1833.

Celui-ci, par sa famille et la plupart de ses caractères, me paraît ne pouvoir être classé que parmi les Haguenau, mais dans un rang inférieur aux deux précédents.

Quoique ses couronnes soient moins gourmandes que les leurs, sa tige est encore plus défectueuse, moins grosse d'abord, puis fortement coudée, dans la moitié et plus des individus ; enfin l'écorce est grise ou brune dans presque tous.

Ce Pin est un de ceux qui démontrent nettement que, dans l'espèce des Pinm silvestris, il existe des variétés locales et de mauvaises variétés, qu'il importe d'éviter dans les créations de bois de cette nature.

Lot intermédiaire entre les séries c et d.

23. Pin silvêstre de Champagne, de M. le vicomte Ruinart de Brimont.

Quatre lignes semées en 1831 (1),

Les graines qui ont seryî à établir ce lot m'ont été données par M. le vicomte Ruinart de Brimont, un des principaux créateurs de bois de Pins dans les craies de la Champagne, et provenaient de ses plantations. Les arbres qui en sont résultés n'ont point de caractère de race et ne peuvent être bien classés dans aucune des séries que j'ai établies. Au premier aspect ils font l'effet d'un mélange de Pins d'Haguenau peu vigoureux et de Pins de l'Ardèche (race de Genève ci-après).

Examinés de plus près, on reconnaît que la plupart sont plutôt des intermédiaires entre les deux. Sous le rapport des tiges, des couronnes et de l'écorce, ils sont, en général, plutôt passables ou médiocres que bons ou très-bons.

IL Branches horizontales.

Section d. Pin silvêstre horizontal étagé-élancé.

26. Pin de Genève, par M"*® veuve Filliol, de Genève. (Une ligne plantée en 1833 et 1835.)

27. Pin de Tarare, par M. le vicomte Posuel de Verneaux. (Un lot planté en 1840.)

28. Pin de l'Ardèche, par M. Jacquemet-Bonnefont, d'Annonay. (Plusieurs massifs semés ou plantés. de 1823 à 1832.)

Ces trois lots, quoique d'âges différents, m'ont toujours paru identiques; je les réunis donc dans une même des-

(1) J*ai fait, avec ce même Pin de M. Brimont, d'autres essais en terre eaicaire, dont je rendrai compte plus loin, dans les observations plus particulièrement relatives à la culture.

cription. Je la prendrai de préférence sur le Pin de TArdèche, parce qu'étant le plus âgé des trois, et de beaucoup le plue nombreux dans l'École, c'est lui qui représente le mieux la série à laquelle il appartient, et qui peut en donner ridée la plus exacte.

Les tiges, dans cette race, sont, pour moitié environ, assez droites et élancées, mais dégrossissant trop et filant en queue de rat; l'autre moitié présente des courbes plus ou moins prononcées, moins fortement cependant que dans les mauvais types de P. d'Haguenau et dans le silvestre des Hautes-Alpes (section ci-après). Les branches, sauf celles des deux ou trois couronnes supérieures, sont très-généralement horizontales et parfois retombantes, peu fortes, très-allongées, souvent flexueuses; celles des étages inférieurs presque nues, se ramifiant en brindilles faibles qui portent à leur extrémité de petites houppes de feuilles courtes et écartées; celles des branches montantes sont, au contraire, très-appliquées contre le rameau. Les couronnes, de force à peu près égale, sont régulièrement étagées, de manière à laisser voir la tige à nu entre leurs intervalles.

L'écorce est, en général, plus grise que rouge, trèssouvent d'une nuance indécise entre les deux. Celle de la base est sensiblement moins épaisse, moins brune et moins gercée que dans le P. d'Haguenau. Sous le rapport du grossissement, ce Pin est inférieur aux Rigas de graine russe n<»« 1 et 2 ; beaucoup plus encore aux Rigas français, n°* 9 et 10, etc. ; mais, par dessus tout, aux lots de la section des Haguenau, qui, à âge égal, ont presque le double de sa grosseur. Son accroissement en hauteur est également moindre que dans tous ceux que je viens de nommer; il ne l'emporte, à cet égard, que sur son analogue le Pin deBriançon (n© 30 ci-après).

Un caractère botanique à peu près constant dans les Pins de cette série, est que leur feuille est plus courte, plus large et plus ferme que dans les autres, et surtout que dans THaguenau. Leur pousse, au printemps, est plus

tardive de huit à quinze jours que celle de ce dernier, et surtout que celle des Pins de Russie.

Les exceptions aUx caractères généraux que je viens d'indiquer consistent principalement en ce qui suit : un petit nombre d'individus sont pyramidés-élancés, aussi réguliers que les Pins russes du n^ 1. D'autres, un peu plus nombreux, sont pyramidés-élargis, les uns réguliers, les autres avec de fortes branches gourmandes. Les individus de ces variantes, à cela près de ceux à couronnes gourmandes, ont un avantage assez marqué sur les autres sous le rapport de l'accroissement en hauteur, mais aucun sous celui du grossissement. L'écorce n'y est pas non plus sensiblement meilleure que dans la masse; on trouve de loin en loin, parmi celles-ci, des arbres dont l'écorce est d'un ton rougeâtre,* décidé et uniforme; mais cette exception n'est pas plus fréquente dans les pyramides que dans les horizontaux.

En résumé, le Pin de l'Ardèche est, ou du moins se montre, quant à présent, inférieur, du tout au tout, aux Pins rouges du Nord, soit de graine russe ou de graine française. Il ne vaut pas non plus, à beaucoup près, celui d'Ecosse, si inégal que soit celui-ci ; comparé à l'Haguenau, il peut laisser des doutes, parce qu'il est exempt des plus gros défauts de cette race ; mais il n'a pas non plus ses qualités et, en somme, THaguenau me paraîtrait (à défaut de mieux) préférable, pour la plupart des cas, pour celui surtout où il s'agirait de planter ou semer, en Pin silvestre, de mauvaises terres sèches, soit sablonneuses, soit calcaires.

29. Pin silvestre du Maiae, par M. Marcelin Vétillart (massif sur quatre lignes, planté en 1830).

Le Pin silvestre n'existant dans le Maine que comme arbre cultivé, les plantations de cette espèce que l'on y rencontre proviennent nécessairement d'origines diverses et ne constituent pas une race locale. Le désir de multiplier les points de comparaison m'a engagé cependant à en planter un lot, dont j'ai dû les graines à l'obligeance de M. Vétillart.

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