‹ Exposé historique et descriptif de l'École forestière des BarresChapitre 31 sur 31 · GO · texte numérisé non relu

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Ces Pins appartiennent à la race de l'Ardèche et de Genève, mais ils oflFrent une proportion plus forte de bons et d'assez bons arbres, et Técorce y est plus fréquemment d'un gris rougeâtre assez prononcé. C'est un bon type de cette race, vraisemblablement améliorée dans le Maine, par le choix successif des individus. Je reviendrai plus loin sur ce sujet, qui importe beaucoup à l'avenir forestier de la France.

25. Pin silvestre, graine d'un sujet à branches étalées, existant à Verrières (quatre lignes plantées, 1832-1835).

J'ai donné plus haut, à l'article du Pin pyramide de Verrières, no 24, rhistorique, en commun, de celui-là et de celui à branches étalées dont il s'agit ici. On a vu dans quel but d'expérience j'ai semé et planté comparativement ces deux arbres. L'un et l'autre ont produit dans une forte proportion, ainsi que je l'ai dit, des individus semblables à eux-mêmes. Ceux du lot à branches étalées ont les caractères bien prononcés des Pins de Genève; les branches, dans presque tous, sont horizontales, l'écorce grise ou très-peu rougeâtre. Ils sont, du reste, assez vigoureux et au nombre de ceux qui s'annoncent le mieux dans cette série.

Section e. Pin silvestre horizontal ramassé.

30. Pin de Briançon ou des Hautes-Alpes, par M. Faure, de Briançon (trois lignes plantées, 1826).

Cet arbre, qui constitue seul la cinquième section, a été donné à M. Faure, qui a eu la bonté de m'en faire récolter des graines, comme étant le P. svffis du Briançonnais ; ce devait dès lors, si Duhamel ne s'est pas trompé sur l'application de ce nom, être un P. mugho. Mais, soit erreur de Duhamel ou des hommes qui ont ramassé les cônes, les Pins provenant de cette récolte sont de véritables silvesires. Je n'en ai point regret, car la collection se trouve ainsi posséder les deux types extrêmes (celui-là et le Pin de Riga élancé) qui existent dans l'espèce du Pinus silves-

Msy ceux dont la comparaison démontre, avec le plus d'évidence, l'existence de variétés locales et la nécessité de les distinguer.

Une tige épaisse, noueuse, ramassée, recouverte d'une écorce grossière et très-gercée, brune dans la partie inférieure, grise sur le reste de l'arbre; des couronnes horizontales, très-rapprochées, garnissant l'arbre dès sa base, composées de fortes branches, souvent flexueuses, qui affament et parfois annulent la tige, et dont l'ensemble forme une tête élargie et diffuse ; tels sont, à cinq ou six exceptions près, sur une trentaine d'individus dont se compose le lot, les Pins silvestres des Hautes-Alpes.

On voit par là qu'ils sont au dernier rang parmi ceux de leur espèce, et que l'on doit, dans les créations de bois de Pins, éviter cette race. Cette exclusion, cependant, ne s'étend pas à tous les cas possibles; il en est un où nonseulement le Pin de Briançon peut devenir utile, mais meilleur que tous ceux de son espèce ; c'est celui où il s'agirait de plantations sur les pentes des montagnes ou sur leurs plateaux exposés à la violence des vents. Son peu de disposition à s'élever, l'épaisseur de sa base, la force de ses branches inférieures qui persistent pendant de longues années, tapissant presque le sol, le rendent plus propre qu'aucun autre des Pins silvestres à résister et à réussir dans de pareilles situations. Aussi, lorsque l'on s'occupera du reboisement des montagnes, le Pin de Briançon pourra-t-ily être employé avec grand avantage, conjointement avec le Mugho : le premier, pour garnir la région moyenne des escarpements; le Mugho, pour la zone supérieure; car ce sont là les places respectives que la nature leur a assignées sur les pentes des montagnes.

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