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Cerétat choses dura à BUye jusqu'à» nometat i»ù an confTÎer de Paris laissa à quelque dtstance les
proclamations de Bonaparte pour être introduites furtivement dans la citadelle. Aucune précaution n^avait i\i prise pour Téviter, et la garnison arborà rëtcndard de la révolte. • *
Dès-lors le sort de la ville de liordeaux fut décidé, et Ton dut être convaincu de rincurie, si ce n^esf do I4 perfidie du gouverneur et du préfiet.
Cependant on cherchait encore à se faire illusion , fît Ton espérait vaincre Pesprit des soldats de la gar-r nisbn de Bordeaux, & force de témoignage, de con-» fiance et dMntérét.
On fil une revue de la troupe de ligne et des gardes nationales pour les faire fraterniser. La perfidie tira parti de cette cfrconstance m^e^ pour faire croire à la troupe de ligne que cette ^réunion n'avait d'autre j[»ut que de la faire désarmer. L'intention que l'on avait eue parut néanmoins parÉùtement remplie : le meilleur accord sembla régner entre les deux armes. S. A. II. [)ar( ourant les rangs , parla aux troupes qui passèrent successivement devant elle aux cris asse% soutenus de ffive U Bmi vwê Madame l
On ne se bdma pas-à ce moyen de rapprocbement* Peu de jour| après, la garde nationale invita la troupe de ligne à un diner. Les soldats mangèrent ensemliki en plein air, et )e fus témoin de marques de fidélité et de confiance mutuelle du ^us fiaYarabie augure*
Les officiers et les au loi i tés invitées furent réanisdans k mêmé sadk , et maatrèrent le mérae accord. Le» aentimeiu les plus Uffsmt furettt e:iprinés et reçuspar les plus vives acclamations. On eut lieu de remar-' ^er la santé proposée par le général Deeaen : « Âu i»' aom da Rcnl ses droUs sMsaerés : î«f^$ toits de » le défendre jas4ja'à I» demiëre gootle it notre n san(^. »
, Au milicLt de toutes ces iHusions» on appnt Tap-^' procke de £taiisel vreà vaé kttet de 26o hommes et SocMliers.
Il n'y a aucun doute que la gafde nationale de Bordeau a'eÀt pu seule acréter ses progrès^, et même la détnnte, ss elie eàt été organisée et année ; maîs^ que pouvait-elle dans la situation où 'elle était, laissantsurles demères des troupes disposées, comme otf devait bientèi en acquérir taprente, à la placer entre
Ce ne fut qu'au dernier moment que Ib gouverneur parla avec quelque force au2^ deux chefs de la garde nationale* fi leur donna ordte d'envoyer dès le ttfndeaaiùr des détacfcenens^ pOw être plàcé» sur les différentes routes par oii pouvait arriver Clausel. &u I» diifieulté que le commandant de là garde na^ tionale tronvaît à pouvoir réunir ses hommes, di»« persës dans les diiïérens quartiers , le gouverneur ordonna quei'oopfitl^attçe un rappel. L'exécution de . ce moyen fit connaître ce qu'on pouvait attend dir
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sèle de la garde dâtionale et des bonnes dispositiomi
des citoyens. Dans un instant les gardes nationales . furent à leur poste et entourées d'une foule de ci-, toyens qui excitaient leur dévoûment.
Les dëtaclieniens partirent le lendemain. La prin7 cipale force fut portée sur la rive gauche de la Dordogne, au passage du Cub&ac^ avec deux pièces de canon de petit calibre ^ qui composaient toute notre artiHeri^; là on put voir combien le gonvemenr avait mis de négligence, ou combien il avait été mal obéi. Il avait ordonné que le pbnt volant fût conduit snx^ la rivière , dëcoré du pavillon tricolore , que nos braves enlevèrent. Les deux troupes se disputaient le pont; il y eut un léger combat oii nous eûmes Favantage, et il fut décidé que le pont ne serait pas déplacé, mais qu'il serot rendn inutile aux deux partis.
Après quelques escarmouches , Clausel invita la garde nationale à envoyer un pariementairc , auquel il donna Tassurance que tous , les égards possibles seraient employés envers S. A. R. ; qu'elle serait maîtresse de se retirer là où elle jugerait à propos; qu'il lui serait onérae fourni une .escorte, si elle le désirait; mai$*qu*il fallait que les Bordelais se soun ' missent, ijue la résistance serait vainc; qu'il atten^ dait une réponse le lendemain matin ; qu'il y aurail ' amnistie pour tout le monde. Ce parlementaire. poa uji de mes amis de me dire que j'étais le seul eacepté, çt je m'y ^Itc^n^siis,
On .résolut que le coiiseil ^ëral du départejnent
et le conseil nmnîcipal seraient assemblés, pour qulls décidassent concurremment s'il y avait lieu à résistance , et que la garde nationale serait aussi rassemMée dans le même efiet. *
Les premières pensées des conseils réunis ^ portèrent sur les dangers que pouvait coifrir S. A. R. , e.t snr les moyens de Ten garantir. £n général f ils ne montrèrent ancnne dispttsitîon à la réiistanee> excepté «MM. Dussumier et de Mondenard , et ils renvoyèrent ia détermination à prendre ^ jusqu'à ce que Ton fût assuré que la garde nationale aùAlt des moyens de défense suffisans , ce dont on parut infi-: niment douter.
Sur. le capport qm&t feit de cette délibération au cènseil de la princesse , S. A. R. déclara qu'elle dé* ijiiait que la sûreté de sa personne n'entrât pour rien dans les motifs de la détermination à prendre ; qu'elle ne croirait jamais atôir rien i craindre au milieu des Firançaisj que si âa présence étak nécessaire à la ville , elle était déterminée à n'en point sortir; que si au, contraire on jugeait utile qu'elle s'éloignât , elle était prête à partir; qu7elle ne pouvait dissinauler avec quel regret elle quitterait la France et la ville de Bordeaux; mais qu'il. n'y avait aucun sacrifice qipi lui coûtât , pour donner aux Français et aux Bordelais dés preuves dc^ Fattacbement qu'elle leur portait.
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ie^énéral Dtcaoi «hit enfin devoir îàmcma^l^ quelles étaient les disf>o$itums des Ironpes à Bor-*
deau\, et signifia qu'elles avaient déclaré que si la garde nntiDnaleatta4|ttait les troupes qni s^avançaienl^ ieur honneur leur prescrivait de se joindre à leur» frères 'd'armes. On fit observer qu'il n'élait pas question d attaquer de là part de la garde uatiouale, mais èà se dé&sdre; et on rinteipeUa de déclarer » kr troupe dft ligne vonlait être neutre ou non, vn qw^ino réponse cathégorique, à cet égard, ëtail uéce^,.^aire à i-àooneur de la ville. Il refusa de donner d'autre r^ ]pon4|!U<Œs le général Harispe exagéra les dangeiy que couraient les babitans , prétendant qn*il y avait dans la ville 2,000 hommes qui devaient se joindre,
• au soldats , e t il . aîouta qne je drrais nienc que personne en savoir quelque clioie. le déclarai que je n en voyais licia : la perfidie de ces deux généraux parut alors dans tout son jour.
U fut détennîné qu'il serait répo^ i Ctansd qne S. A. IL éésnratt surtomt enpéclier t^eifoîon du sang; ^'elle préférait se retirer , si sa présence pou*vait conduire k un pareil matiMur; et- qne les aulc^ lités cîvi&e et nilitàire démodaient vingf-qnafon lieurespour préparer le départ de la princesse d'une nanière digne de sa naissance et de son rang.
> Bans rinlanalk de-cos délibéralions ^ il y ent dif« férens £adts nulîtaires , qui ne peuvent laisser anenn duiile que le courage seul de notre brave garJe
B'eût efficacement défendu la viile, mats qu'eUe^ëtait mai c^mmàndét ei manquait de cartouches.
La nuit suivante , on vint m'évëiUer à trois henrest ponr me 4îre qu'un garde national avait passé à cko-*'
val devant THclci Jc-Villc, en triant qu'il fallait ni^avertir de me rendro le plus tôt possible au châ-> lein« Jf*y appris que S. A. H. était déterminée à partir; que Ctansel s^avançait, et que tonte rési»» tance devenait iulructueuse. J ai su depuis que ClaU'* §ei s'était fortifié de tout ce qu'il y avait de dispo* niUe à la citadelk de Blaye , où il n*était resté que des malades.
J'eus riionneur de voir S. A. R. , qui me confirma U détermination qn'eila avait prise de s'éloigner « « afin d*éinter que la garde nationale ne s -exposât ponr elle à (les malheurs , sans qu'il pût eu résulter au-^ €ua avantage pour le service dn Eoi et la conserva-n tien de la ville.
En sortant de cliez la princesse , ]e trouvai le garde national qui avait communiqué avec Clausel. il me confinna œ que le général avait dit des dispo^ sitiona me eoneemant.
Reveuu à riiôlel-de- Ville , j'y reçus divers rap-» ports <f tous plua a£&igoan& les uns que les autres. ' ' Lt& volontaires royaux qqi étaient déagnés poni» accompagner S. A. R. depuis la dems-^ distance d» Bordeaux à Pouitlae , partirent pour aller l'attendre à Mar^ux. Cependant celte courageuse princesseï
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Touiat encore un effort envers les soMats poib les conserver fidèles an Roi. Elle se rendit À leiirs •
casernes , et leur parla avec uae force, une tli^iiilé et une bonté qui ne peuvent se montrer qu'en elle; mais ils n^en furent point tonchës , et sans manquer an respect auquel S. A. H. a tant de droit , ils persistèrent dans leurs mauvaises dispositions. On assure cependant que de jeunes soldats ont montré beaucoup de regrets , et qu^ils ont dit que , sans les anciens qui les menaçaient , ils se seraient rangés à leur devoir. Ainsi Madame a tenu bien au-delà^de ce qu^on pouvait attendre , et exécuté ce qu^elle m'a-* yaît fait Thonneur de me dire souvent ; « Je ferai ^ » tout ce que jo pourrai pour conserver au Roi une » ville qui lui a donne une si grande marque de » fidélité. » Mais en satisfaisant à son devoir , elle a satisfait aussi à ce que lliuraanitë prescrivait à son excellent cœur, en invitant et même en ordonnant à la garde nationale de ne point s'exposer inutilement. Autant elle a été, je crois, convaincue que les choses ont été amenées de manière qu'il était impossible qu'elles eussent une issue glorieuse pour la ville de Bordeaux , autant elle Ta été du courage et du dévoùment de la garde nationale , et de la sincérité de Pailai licnicnt de la grande maiorité deshabitans de cette ville à la cause du Hoi.
La visite des casernes lut cause que S. A« R. par^ tit très -tard de Bordeaux, en sorte qu'elle ne se
rendit à Pouillac que la nuit du samedi au dimancîie, par un. chemin affreux. £lle entendit la mes&e .eu arrivant, et, après nn déjeuner léger anqnel elle. YOnlut bien m'admettre, elle se rendit au port, entourée de tous les gardes royaux qui Tavaient accompagnée. C'est en fondant en larmes et le cœur brisé, que j'eus rhonnenr de U conduire au canot de la corvette du roi d'Angleterre , ihe Wenderer , qui Ta portée à Saint-Sébastien, et je m'embarquai dans le nayîre marchand anglais le WilUam Sibbald , dans lequel je suis arrivé au port de Bymouth le i3 avril.'
. I^ris , ai juin i8t5, une heure et demie do,iiuitîq.
Général ,
L'année du I^ord avait obtenu les succis les plus,
éclatans les 1 5 et 1 6 de ce mois, par les saf,'cs dispositions de l'Empereur et la vaillance de nos troupes, et elles étaient le i8 au soir près d'entrer à Bruxelles , après avoir battu ' Farmée réunie des Anglais et des Prussiens, elleur avoir fait e^jrouver des pert^ énormes, quand un de ces événemens inconcevables, et malheureusement trop fréquens k la guerre , a changé la face des choses , et a oLligé Sa Majesté à reployer son armée sur nos places dul Nord.
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Je vous donne confidentiellement cet avis pmir
vous faire connaître la situation réelle des afiaires SUT cette frontière f et pour votre gouverne « afin qne , lorsque oes nouvelles se répandront « vons préveniez rabattemeut qu'elles pourraient produire, et que vous entreteniez Ténergie si nécessaire dans de telles circonstances; Les ckambres vont prendre ^ à Paris , de grandes mesures : )é ne puis trop vous engager , général , à prendre toutes celles que vous jngeries convenables pour arrêter dans leur principe les efiets de la malveillance dans Farron^ssement confié à votre commandement.
C'est dans les circonstances extraordinaires où nous nous trouvons qu'il iaut faire preuve de la plus grande fermeté et déployer ton» les moyens qui pensent concourir au salut de la patrie.
Recevez, générai , l'assurance de ma parfaite CMsidératimi.
Sig^ prince n'EeKiTDBL.
~ M. le lieutenant-général CbuMil.
Pari», 97 iuÎB, x8iâ.
Monsienf le géaénd , Je m^empresse de vous informer qne les plénipo^
tentiaires français ont reçu leurs passeports et sont partis pour le quartier-général des souverains alliés.
.Ne perdez pas un instant pour donner à cette nouvelle ia plus grande publicité. Faites surtout sentir
. combien il importe que les citoyens secondent , par leur union , les négociations qui vont s'ouvrir, afin d*asmer l'indépendance nationale «t donner la paix .iklaFranceet àPEurope. v - • -
Recevez , monsieur le général, Tassurance de ma parfaite considération.
Iburie Minium - Le conseiller d^ëtat secrétaire général y
A M. le général commandant le corps d'armée dee Pyrëii«tM}ccid«iilalai.
^ Ëtampes , S juillet iSiâ.
Monsieur le général,
J'âi rhonneur de vous adresser l'arrêté de la con* ntssioà du Gouyernement qui me doaii^ le connu»» dément de l'année de la Loire , et y joint celui dei troupes sous vos ordres.
Vous devez avoir connaissance de l'aroûstice qui a été conclu entre les troupes françaises et les tro«* pes alliées. Vous aurez sans doute remarqué , mon^ sieur le général , qu'après les malheureux événemens qui ont accablé la patrie , il était diffici|<eM'obtenir de meilleures conditions » puisqu'on sauvant Thoni
neur et notre capitale nous avoiii» toiLseive une armée à la France.
Dans les circonstances difficiles où non^ nous trouvons, je n*ai rien négligé ponr concilier les intérêts de l'ariiiee et ceux de la France , et j'ai cm devoir 9 pour remplir les obligations <{ui m*é-<
talent imposées ^ confier à des généraux revêtus de
la confiance des troupes T honorable mission de traiter à Paris des intérêts communs. MM. les lieutenans-généraux Gérard» Kellermann et Haxo sont chargés de cette importante négociation. J*aurai r honneur de vous tenir au courant de ce qui aura été £ût par ces commissaires* Leurs noms sont ponr toute Tannée la garantie que leur cqg|nite sera dirigée par riionneur et l'amour de la patrie.
La convention s'exécute de part et d'autre avec exactitude. Je crois inutilèi) monsieur le général, de vous laire observer que notre force et le salut de l'armée dépendent essentiellement de notre union , et que tout arrangement particulier serait d'ailleurs honteux et désavantageux pour tons» et préjudiciable aux intérêts de la France.
Kecevez , monsieur le général » Fassurance de ma considération distinguée.
. Sigiii prince d*£gkiiuhl.
P. S. V4>us pourrez m^adresser vos dépêches à Or-: léans , où je serai rendu du i o au 1 1 .
Extrait des minutes de la secrétairerie d'Etat.
FbrU,ie5iiiilletiai5. -
La commission du Gouvernement arrête ce «{ai suit :
Art. i". Le maréchal prince d'Eckmuhl est nommé générai en chef de l'armée de ia Loire.
2. Les cor|>s commandés par les généraux Clausel , Lamarquc et Decaen font partie de Tannée de la Loire.
S. Le maréchal prince d'Ëckmuhl recevra ultérieurement ses instructions.
4- Le ministre de la guerre est chargé de l'exécution du présent arrêté.
Signé le duc d'Otraîïte , président ; Carwot, comte Ga£Ni£R, Qcin£TT£ et Ca.uunoovRTy dnc.de Vicence*
Par la commission du Gouvernement :
Pour le sccretatie-adjuint au ministre secrétaire d Âlai ,
Sifflé QuÎnettb.
Pour ampliation , Le UeuUmmt^néral, chef de i'éiat-maiar-général^
Signé comte Guill£mimot.
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