‹ Exposition abrégée du système phalanstérien de FourierChapitre 2 sur 37 · DE LA TROISIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

DE LA TROISIÈME ÉDITION

Il y a, aujourd’hui encore, beaucoup de personnes auxquelles le système social de Fouricr est à peu près inconnu ; mais il en est peu dont l’attention no soit excitée par le retentissement croissant des doctrines sociétaires, et qui n’éprouvent le désir de s’y initier.

La plupart deces personnes redoutant de s’engager dans de trop longues lectures sur un sujet qui n’a pas encore conquis l’adhésion de leur esprit, réclament instamment un Résumé trèscourt, et cependant assez détaillé et assez systématique pour lourdonner une notion, générale et juste, de ce grand type d’organisation intégrale d’où sortent, par voie de réductions et d’amoindrissements, ccs myriades de plans, de projets et de propositions de toute nature que l’on voit éclore touslcs jours, et qui caractérisent les nouvelles tendances économiques et sociales de notre siècle.

Il n’est pas de partisan de la cause sociétaire qui, dans scs efforts personnels de propagation,

n’ait été mille fois sollicité, par ceux dont il entreprenait la conquête, de leur indiquer un Exposé très-court ( c’est toujours la première condition), débarrassé des termes scientifiques, d’une lecture facile, et qui établisse régulièrement celte première idée sommaire que tous les bons esprits veulent posséder avant d’entreprendre des études sur un sujet nouveau, parce que seule elle leur permet de juger si le sujet vaut des études sérieuses.

Nous ne croyons pas pouvoir mieux répondre à ce besoin général et à cet intérêt important de propagation, qu’en réimprimant l’écrit que le : lecteur a sous les yeux. Jusqu’ici en effet il n’existe pas, en un aussi petit nombre de pages, ^Exposition systématique de l’organisation phalanstérienne, plus satisfaisante, plus claire et plus substantielle.

En février 1841 M. Considérant fit, à Dijon, dans une des salles du Palais des États, mise à sa disposition pour cet objet par l’autorité municipale, une exposition de la Théorie sociétaire. Cette exposition, renfermée dans un cadre de quatre séances seulement, était déjà elle-même uneExposition sommaire. M. Mo..-.e se chargea d’en faire le compte rendu dans le Journal de ta Côte-d'Or, et s’acquitta de cette tâche avec un

talent de condensation analytique très-rare.

C’estce travail, Résumé d’un Résumé, dontnous donnons aujourd’hui une 3 e édition, corrigée, et améliorée, et que nous engageons les amis de la cause sociétaire à faire lire et à répandre abondamment.il est impossible que des hommes d’un esprit un peu élevé, un peu clairvoyant, et doués de quelque chaleur de cœur, lisent cet, écrit, si court qu’il soit, sans comprendre même, à ce premier et rapide aperçu de l’idée de l’Harmonie des choses, qu’un génie formidable est bien réellement venu, de notre temps, sonder, dans ses profondeurs , la question suprême de. la Destinée humaine. Aucun caractère, d ? un certain titre de noblesse intellectuelle et morale, ne saurait d’ailleurs rester étranger désormais à la source de ces idées nouvelles, qui ont si puissamment déjà imprimé leur sceau sur notre siècle et leur mouvement à l’esprit contemporain.

Fai te au point de vue d’une bienveillante neutralité par l’écrivain dijonnais,- cette Exposition sommaire ira mieux à l’esprit de beaucoup de lecteurs qu’un plaidoyer de disciple. Dans un très-légitime sentiment de son indépendance, il arrive souvent que l’intelligence s’insurge contre des formes trop dogmatiques, et qu’elle repousse même de bonnes choses, s’irritant

qùand elles lui apparaissent comme un joug qu’on luiYoudrait imposer.

Ensomme,lcRésuméanalytiquedeM.Mo.,..e nous semble excellent pour le but que nous nous proposons ici et que l’École doit poursuivre trèsactivement : c’est un exposé fort courtdc 1’organisation du travail, en mode sociétaire, débarrassé de toutes les considérations passionnelles et de tous les termes scientifiques qui épouvantent, à première vue, beaucoup de lecteurs.'C’est.en outré, pour des développements oraux,un canevas éprouvé par des expériences favorables, et qui peut, à ce titre, servir aux premiers essais de. ceux qui tentent l’enseignemént sociétaire par la p'arolo.—Le prix do cette brochure n’étant pas ruineux, nous ne saurions trop engagerlies amis des réformes pacifiques et du: progrès des saines idées sociales à la répandre largement.

Celle 3» édition, revue et corrigée avec soin, est de beaucoup préférable aux deux précédentes, qui sc sentaient de la rapidiléavec laquelle la rédaction primitive avait dû cire faite. lin outre, celle édition est augmentée d’un travail de H. Considérant, connu seulement des lecteurs de la Phalange de 1837, qui corrobore et complète, comme exposition élémentaire et rapide, l’analyse de M, Mo....c.i

SYSTÈME PHÂLANSTÉRIEN

COMPTE REHDB ' s

Extrait du Journal de la Côle-A'Or.

M. Considérant vient de terminer son Exposition de la Théorie sociétaire de. Fourier, commencée dans la grande salle de la Société philharmonique , au Palais des États, devant un auditoire de 600 personnes d’élite, qui n’a fait que grossir jusqu’à la dernière séance. Nous ne nous dissimulons point la difficulté de renfermer dans un cadre étroit les escadrons serrés d’idées que M. Considérant a fait manœuvrer pendant quatre jours devant scs auditeurs: aussi nous proposons-nous de ne pas perdre de temps en préfaces. Nous dirons seulement que pendant toute,la durée de son Exposition, l’orateur s’est fait constamment remarquer par son ton de franchise et dé bonne foi, par une élocution facile, par la justesse et la lucidité de ses'raisonnements. Le public qui l’écoutait a suivi ses déductions avec beaucoup d’intérêt, et lui a donné fréquemment des preuves très-vives d’assentiment. Nous entrerons en matière sans plus de préambule.

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