‹ Exposition abrégée du système phalanstérien de FourierChapitre 3 sur 37 · POSITION DU PROBLÈME SOCIAL · texte numérisé non relu

POSITION DU PROBLÈME SOCIAL

Coup d'œil sur les parfis. — Nécessité d’une nouvelle organisation sociale, œuvre de la science.

M. Considérant, après avoir réclamé la bienveillance de ses auditeurs, leur a dit que son but n’était pas de les amuser par des discours brillants, mais de leur exposer, en termes simples et clairs, des idées qu’il croit utiles à l’humanité. Abordant immédiatement son sujet, il l’a traité avec la rigueur des méthodes scientifiques. Un coup d’œil jeté rapidement sur les partis qui divisent la société, a montré que ces partis pouvaient se réduire à deux : le parti novateur ou du progrès, et le parti conservateur ou de la stabilité ...—Chacun d’eux représente des éléments spéciaux et légitimes. Le premier se donne comme le défenseur des intérêts des classes inférieures, auxquelles il prétend procurer la jouissance des droits et du bien-être dont elles sont privées. Le second protège les intérêts des classes plus élevées, les défend contre les attaques dont ils sont l’objet, et s’occupe particulièrement du maintien de l’ordre. Au fond, les deux partis ont raison, chacun à son ' point de vue : mais ils sont exclusifs, par conséquent injustes, et de leur fausse position résulte un état de lutte plus ou moins violente. 11 n’y a pas d’hostilité

essentielle entre le principe du progrès et le principe de la stabilité, entre les intérêts de l’a'iem'ret ceux du présent : ce sont les deux éléments de la vie ; la société se transforme continuellement, de grands changements s’opèrent dans son sein pendant ie cours de chaque siècle ; mais l’ordre lui est indispensable, et l’ordre ne peut exister qu’à la condition que les intérêts et les droits nouveaux soient reconnus, et trouvent leur place dans la société, sans opprimer ou renverser les intérêts et les droits anciens. Aucun des partis existants ne possède le moyen de résoudre ce problème. Il faut donc trouver une conception supérieure, une organisation nouvelle qui ait la puissance d’harmoniser les éléments de progrès et de stabilité, et d’opérer la fusion des partis, par l’accord des intérêts de toutes les classes dans la société. La découverte de cette conception est l’œuvre d’une science, de la science sociale.

Caractère général de la science.

Et d’abord, qu’est-ce qu’une science? à quels caractères peut-on reconnaître la science ? qu’est-ce qui la constitue? — Une science est constituée , quand on a trouvé un principe générateur d’où dércoulent tous les faits de cette science. Ainsi, l’astronomie est une science constituée (en tant'du moins que mécanique céleste), car elle explique tous les phénomènes de mouvement avec le seul principe de l'Attraction directement proportionnelle aux masses, et inversementproportionnelle aux carrés des

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