CINQUIÈME PARTIE
APPLICATION DE LA TH8ORIE MÉCANIQUE DE LA GHÂLEDR A L*ÉTDDE DES PR0PR1ËT8S DE LA VAPEUR SURGHAUFFSE.
L'étude des propriétés de la vapeur surchauffée est peut-être une des plus intéressantes qui puisse s'offrir au physicien. Dans un avenir plus ou moins prochain, et lorsqu'en mécanique technique, un esprit sain et rationnel de progrès sera parvenu & triompher de la routine, la vapeur surchauffée remplacera indubitablement la vapeur saturée partout où il s'agira d'obtenir de la force à bon marché '. Dans la nature, la surchauffe des vapeurs est, nous le verrons bientôt^ un moyen de transition entre deux états limites d'une classe de corps qu'on a pendant longtemps divisée en deux espèces totalement distinctes.
Au doul)le point de vue de Futilisme le plus ordinaire, et de la philosophie naturelle, l'étude de la vapeur surchauffée est, je le répète, l'un des sujets les plus importants de la physique.
* L'exactitude de cette assertion est mise complôtement hors de doute par les résultats des expériences directes que Wetbered (en Amérique) et moi nous avons commencées, à Tinsu l'un de l'autre, à peu près à la même époque, sur l'emploi de la vapeur surchauffée. Depuis 1864 j'ai eu occasion de faire un hon nomhre d'appUcations très en grand, et surtout à'approprier complètement quelques machines à l'emploi de cette vapeur : les résultats données par cellesM», au point de vue de l'économie de combustible, constatent une supériorité de 60 p. % sur la meilleure machine à vapevr saturée. Je n'ai pas eu connaissance des appUcations qu'a faites depuis cette époque l'ingénieur américain ; mais j'espère qu'U ne se sera pas plus que moi lassé de lutter contre la résistance passive que semble des* tiné à rencontrer tout progrès réel, non fondé sur la réclame,
La théorie mécanique est parvenue à élucider de la façon la plus remarquable, Tétude de la vapeur saturée : je ne pense pas me tromper en disant que les lecteurs qui auront suivi attentivement tous les développements donnés par Zeuner, depuis le § 24 jusqu'au § 43 , admireront unanimement les résultats remarquables que l'analyse mathématique a tirés d'un petit nombre de faits observés exactement.
n n'en est pas ainsi en ce qui concerne l'étude de la vapeur sur* chauffée, et Zeuner, dans le chapitre B, signale avec raison un bon nombre de lacunes expérimentales qu'il est indispensable de combler pour arriver à une théorie de la vapeur surchauffée, digne de confiance. C'était donc là un sujet presque neuf à aborder ; je l'ai tenté dans la limite de ce qui m'était possible comme observateur et comme analyste; et j'espère avoir, au moins partiellement, réussi. Je ne puis toutefois qu'invoquer Tindulgence des physiciens pour cet essai, surtout au point de vue expérimental : je ne me dissimule ni ce qu'il y a d'incomplet, ni ce qu'il y a de purement approximatif dans ce que j'ai fait en ce sens. Sans parler même des dangers réels et continus que présentent, par exemple, des expériences sur la densité de la vapeur à des températures de 250^ et à de très fortes pressions, lorsqu'on est limité dans l'établissement des ap^ pareils, on voudra seulement se rappeler combien de tels essais présentent de difficultés, pour un observateur isolé et laissé à ses propres ressources.