SEPTIÈME PARTIE
OONSIDfiRATIONS HSTAPHTSIQUES ET EXP£RI1KNTALKS SUR US rORCBS
DU MONDE INANlMfi
Nous avons vu dès le début de ce livre, et tous les résultats de l'observation qui s'y trouvent consignés sont ensuite venus démoD-
trer successivement :
Que, dans sa proposition essentielle et fondamentale, la théorie mécanique de la chaleur repose, non sur telle ou telle hypothèse concernant la nature du calorique, mais sur un principe supérieur d'équilibre aigourd'hui complètement vérifié par l'ensemble des faits connus.
On ne saurait en effet trop le faire ressortir : cette grande et beHe doctrine, née d'hier et pourtant si complète déjà, n'a pas plus de points de communauté avec une hypothèse sur le calorique que l'Astronomie, par exemple, ne relève d'une hypothèse sur la nature de la gravitation universelle, sur la cause qui fait que deux parties de matière, distinctes dans l'espace, tendent l'une vers l'autre, et se rapprochent, si elles sont libres. De même que les principales données de la mécanique céleste peuvent être tirées de cette seule proposition : «Deux points matériels sont sollicités l'un vers l'autre eu raison composée des masses, et en raison inverse du carré des di-
sfeuioes,* sans qu^lsoit nécessaire de chereber ce qui sollicite ces peints^; de même les principales données de la méeamque dowiique peuvent être déduites de cette autre et unique proposition : «Il disparaît une quantité déterminée de chaleur, toutes les fois que l'action du calorique dans un corps donne lieu à un travail mécanique externe», sans qne Ton ait à s'occuper deceqm disparaît.
Mais si, dans leurs propositions initiales, Fune et Fautre de œs âcienees peuvent se passer dMnterprétation métapliysique , il est tout aussi certain que ces propositions elles-mêmes réclament impérieusement de telles interprétations.
Llesprit de l'homme de science, tout comme celui de Fhonme le plu8 ordinaire, pour peu qu'il s'intéresse aux phénonaènes de la nature, reste inquiet devant ces questions :
Qu'est-ce que la gravitation, qu'est-ce que la chaleur, la lumière, l'électricité ? On a beau se poser comme un esprit positif, qui n'accepte que les faits, chacun ici cherche une réponse, et le plue sceptique souvent se paie le plus de mots, se contente le plus de l\NBibre dTune réponse.
Autant â peut y avcûr, pour une doctrine nouvelle, de danger à la mMer, dans son exposition même, à oe qui revêt un caractère d^interprétation hypothétique, autant au contraire il y a d'utilité, pour sott existence, à prouver, en temps opportun, que les principes dToà elle dérive, ne conduisent pas notre esprit à des conceptions dont l'ensemble heurte notre raison et les feits. Je pense que, si d'une part Zeuner et moi nous avons agi prud^nment en dégageant l'exposé de la théorie mécanique de la chs^ur de toute apparence d'hypothèse sur le calorique, d'autre partceserait laisser dSDiscetravail une lacune digne de critique que de ne pas présenter, dans sa deniière partie» un eftsmnble de viies plue générâtes, plus élevées, qtn immtiBnt à quelles inductions nous piéne b saieBce moderne, fabofde oe siiyet avec d'autant pluA de confiance que mon intention oBt beaucoiH> ittoîns de poser une interprétation nouvelle que de montrer, à l'aide de ce que tout le monde sait, quelles sont les
conditions imposées désormais à toute conception métai^iysique qui voudra interpréter les phénomènes de la chaleur, de la lumière de l'électricité, de la gravitation
Lorsqu'on pénètre au fond des choses, on reconnaît, et non sans quelque satisfaction, qu'une bonne moitié des discussions philosophiques, qui ont de tous tomps divisé les penseurs, dérivent de malentendus dans les termes du langage , de l'emploi en sens opposé des mêmes mots, bien pluMt que d'un désaccord réel sur Tessencede questions en litige. EnphUosophte naturelle,par exemple,
les mots FORGE, BIATIÂRB, SUBSTANCE, MOUVEMENT, Ote., qUOique
employés sans cesse par chacun, ont à peu près autant de sens dîflTérents qu'il y a de personnes qui s'en servent, et les antagonismes qui existent entre les diverses doctrines ont leur origine dans cette diversite, au moins autant que dans les divergences des jugements sur la nature des choses en elles-mêmes.
Pour peu qu'on veuille émettre une opinion ou une critique en matière de métaphysique , on ne saurait, ce me semble, mettre assez de soin à dire ce qu'on entend par telle ou telle expression, au lieu de s'en servir comme si elle ne pouvait avoir qu'une même acception pour tout le monde. Il résulte de là, sans doute, des longueurs; la science surtout perd ce caractère in^)er8onnel dont beaucoup prétendent la revêtir toujours ; mais ce qu'elle perd en concision et en majesté, elle le gagne largement en clarté : et c'est là certes la première condition du progrès et d'un accord final entre les penseurs.
Partant de là, je commence par délimiter d'une manière précise le cadre où j'entends me renfermer: cela est, on va voir, urgent, car deux doctrines scientifiques au moins (sans parier de celles qui n'ont rien de scientifique) me demanderont compte du seul titre de cette partie.
«Qu'est oe d'abord que le monde inanimé ?» dira-t-on «Rien n*est animé, rien n'est doué d'âme, pas même vous qui écrivez ce mot» , dira l'une de ces doctrines.
«Tout est animé, tout se meut sous l'empire d'un soufGle vital, Mens agitai molem l> répondra l'autre doctrine. . Comme mon but ne peut être en aucune façon ici de discuter cette double réponse, je dirai simplement que pour moi le monde anibie renferme ces êtres que le vulgaire (et ici avec raison) appelle êtres vivants, et que le botaniste, d'une part, le zoologiste, d'autre part, étudient sous le nom de plantes et d'animaux, souple nom collectif de règne organique. Par opposition, le monde inanimé est la partie de rUnivers sensible qui se trouve en dehors du règne organique. C'est cette partie qui fera l'objet spécial de cette étude critique, sans que cependant j'entende m'y renfermer d'une manière exclusive : cela ne serait ni utile ni possible ; mais toutes les fois que la force des choses nous amènera à parler des êtres vivants, j'admettrai une fois pour toutes comme démontré que ces êtres sont doués d'un PRINCIPE ANiMiQUE supériour, au service duquel sont mises temporairement la MATIÈRE et les forges du monde inanimé, principe qui fait précisément de ces êtres ce qu'ils sont pour nous, comme totalités. Je l'admets, parce que c'est pour moi le dernier mot de la science du dix-neuvième siècle.
«Hypothèse gratuite !• dira l'une de ces doctrines.
« Classiflcation arbitraire l » dira l'autre. •
Peu importe maintenant ; là n'est pas la question.
Mais que sont les forges de ce monde inanimé^
La réponse va précisément être l'objet de toutes ces pages.
La formuler en une seule phrase est aussi impossible que de figurer à la fois, sur un plan, tous les points d'un relief.
Un fait singulier mérite de fixer notre attention, dès que nous entrons dans le domaine des interprétations métaphysiques, et il n'est pas inutile d'en chercher le sens.
< L'asiroâomie aaalf tkliie, la méoânique otli^tiB pettlMréeomcteiÉeitt déâli^é» sOQft le BOoide thé&Hedêlagra^Uâiiim] demAms, mais en sens contraire, la théorie de la ohaleulr, de PôIe<^rieitH. de
la: liimièti» peut tout auitei corredeÉient être neainée
la mécanique molécutaire.
Je rai <!^ fait remarquer, et je pense que tout Id monde rasondAlti^ atee mol ^exactitude de cette comparaison : Fuoe de ces sdeiicéë est la dynamique tmusportée dans rinfiniment grande râuliie ëst^ la dynamique pénâtmnt dans rininimeut petit. Eh biëni' tandis que dans les ouvrages d'Astronomie, même très d6velâf^éfl; fl est très peu ou pas question de la nattim de la gravitation, dé là v&RùÈ enàvipïous* tandis qu'on y accepte ooiunie un Àût pur et sfetUjM là tendance dé^ denï points matériels, à se rapproder, teusf les éerfts un peu complets, puMtés sur la tlïéorie méeanique de lÀéhaleuf,prétôntentiihplicitement des vues générâtes SUT la natofs de te qu^on à nommé jusqu'ici tes Principes impondérables.
A quoi tient cette particularité ? On en apei^it, mais faibieomil, IMne des soui^ees dans la différence qui eiisto historiquement estre lés pofntB de d^art de ces deux dynamiques.
Ttùlifia Cfûé la théorie de la gravitation universelle a trouvera sa nÉisdaâce un^ terrai» tout i fait viei^ â'inter{HPétations qui méif^ tassent répithëte de scientifiques* la ibéùtte mécanitpie dè^la chflMnr. au contraire, a rencontré une hypothèse dotaée de ce cavabteré^, et ayant déjà rendu à la science exacte d^incontestùMes eéFviœa;
Rien n'était plus vague, et parfois plas puértt, que? les exfdkalMis données jadis du monvement curviKgne des aetres en généni, et de leur dépmtftoee mutuelle. A est« on le âalt, une dâesè nomkreiise dd criilquesv quî« lorsqu'une déeeuverte es^actevée, emploient, aotas prétexte d'équiVé, toute leur érudition àpitouverqu'eU&adessîèfdes d'existence, quoique, impuissance assez étrange, ils ne sachent ja* mais en faire une eux-mêmes avec ces éléments historiques où ils Sont sf habiïéâ à nous la moûtrér après coup. En dépit de l'opinion de ces critiques, Û est certain que sans la révélation formelle de
Newtoor, ls>docMM eniièFe de Gb|»6niic et les lois dé Reppler fùaieiit iMtëes rej^ression dé ftdts empiriqaee, et que les vues profondes, que oeil deux grands bommes et Robert Hoock avaient dèji éfmises sur la vraie canee des mouvements curvilignes, laissent elles^ménfes resMes dbns la science à Tétat dlnluitiba du génie. Lorsque Newton vint aflBimer : « Que deux points matériels sont solliclMs Vxxn vers Tautre en raison composée des masses, et eu raison invense du carré des distances », cette proposition certes trouva des incrédules et de la résistance (Euler doutait encore à la fin du siëcte dernier) ; mais ce ftat & camse de son étrange implicite, peut^tre à cause de Timmmtité de Tboriion qu'elle venait illuminer, surtout à cause de rimmeusitié de la difficulté qu'éprouvait Fesprit des penseurs à comh praldre la Foucs dont die venait prouver retistence, et non parce qu'elle rencontra une proposition réellement scientifique on une brr^odièse sérieuse qui lui fût «itagoidste.
n en fat autrement de la proposition fondiamentale d'où dérive la théorie métankpie de la chaleur. Cette aflfrmattMi : « n disparaît une quanlité déterminée de chaleur toutes les fois que lotion du calorique sur un corps donne lie» i un trsfvat) externe» , cette affirmatfcm, âison»4ious, a roncoutré une h^pottëse incontdstabIem«t lationnelte et sdeirtifique qvl, dams son essence même, lai étaM opttOBée ibrmeUement.
ùû iBsMlait le calorique à un principe subtiU capable de pénétrer daoe tousles corps, d'en séparer les parties, de les dilater en viMa de sa puissance répulsive propre.
brtre lee maiM de Lai^ce, de Fourrier, de PoissM, de Camot, crtie hypcithèse a conduit à dés résuMats adntifables, dont un tm nôitt>re resteront pour totqoursi à Tabri des fSàits qui les onft san6lîonnës. Gîes6 à cette intérprétartion que la nouvelle doctrine a àt s'aMaqver; et ce n'est pas Taiiome: «mAiletrntM/o,* quiraren» vtSMée a^lui setd, et Mssr exclusivement qu'on le dit aujourd'hui. Aucun des philosophes du siècle dernier n'a éli très porté & croiro que qnelctué chose ptt sortir de riea ; et Gamot, eu partlcidler, li'a
jamaifi admis qu'une même quantité de chaleur puisse donner une quantité indéfinie de travail.^ Mais la disparition de la chaleur par suite d'un travail externe, disparition affirmée par la proposition de la théorie mécanique et confirmée par les faits, est venue impliquer la destructibilité de ce principe qui constituait la chaleur, la possibilité de faire rentrer dans le néant ce qui Est. L'ancienne hypothèse se trouvait ainsi attaquée sous une face nouvelle : il fallait sinon la rejeter, du moins la modifier profondément, ou se condanmer à rcyeter l'axiome : « nihil m nihUvm , » axiome qui , Dieu soit loué, est au moins aussi bien enraciné dans lïntelligence humaine que son parallèle : « nihil ex nihilo. » De là, la tendance tout-À-fait légitime chez les fondateurs, de la nouvelle théorie de la chaleur, de là, je dirais presque, la nécessité pour eux de chercher une inter* prétation nouvelle qui supportât mieux l'épreuve des faits.
Les considérations précédentes nous expliquent à la rigueur pourquoi dans ces derniers temps il y a eu plus d'efforts faits pour découvrir Une nouvelle hypothèse sur la nature du calorique qui pût se substituer à l'ancienne devenue insuffisante, qu'il n'y en a eu de faits à l'époque de Newton pour expliquer la nature de la gravitation ; mais elles ne nous permettenl en aucune façon d'apercevoir pourquoi ces efforts tentés en un sens depuis ces quinze dernières années ont été, et sont encore journellement couronnés de plus de succès, au moins en apparence, que ceux qui ont été tentés dans l'autre sens depuis la longue période qui nous sépare déjà de Newton. En eflet, tandis qu'il existe au moins cinq hypothèses qui ont été proposées pour expliquer la nature des principes impondérables, il ne s'est, depuis Newton, posé aucune hypothèse sérieuse tendant à interpréter la nature de la gravitation, et la science n'a, en ce sens, à enregistrer qu'un certain nombre de négations, parmi lesquelles la moins singulière certes n'est pas celle qui a consisté à dire que la pesanteur elle-même pourrait bien n'être qu'une hypothèse I II y a bien plus :
Demandez à un physicien quelconque ce que c'est quel'électricité,
le calorique, la lumière : si la question est faite trop à l'improviste, il balbutiera certainement , pour peu qu'il soit sincère ; il n'en est pas moins vrai qu'au bout de quelque temps, ebacun finit par donner une réponse qui affecte une forme arrêtée^ et qui a au moiûs un air spécieux. Demandez, au contraire, au physicien et à l'astionome ce que c'est que la gravitation, et la réponse, si toutefois elle est donnée, sera des plus évasives.
Une telle observation est au moins singulière à relever à une époque dont la tendance générale, dont la prétention suprême est d'identifier, de réduire en une seule toutes les Forges de la nature.
Faudrait-il, par hasard, conclure de là que la Force calorique, la Force électrique, la Forge magnétique, etc., sont plus faciles à comprendre ou à expliquer que la forge gravifique?
Oui, peut-être, si l'on en juge par les apparences, par la superficie, et si l'on se contente d'interprétations qui suffisent à un certain nombre de faits, mais qui sont incompatibles avec d'autres. Non certes, si l'on en juge par le nombre et la diversité même des hypothèses, et surtout, si l'on va au fond des choses, au cœur de la question. Nous allons nous convaincre bientôt qu'une Forge n'est ni plus ni moins facile à expliquer qu'une autre ; et que l'esprit qui serait assez habile pour en expliquer une seule ( en prenant ce mot dans le sens vulgaire), les expliquerait toutes, en ce sens qu'il les anéantirait de fait.
Nous verrons que cette plus grande facilité apparente que semble présenter l'interprétation des principes dits imjxmdércAles est une pore illusion ou la suite d'une hypothèse gratuite.
Qu'esta» que la Forge ?
Qu'on le remarque bien, je ne dis pas : <• qu'est-ce que les Forges? » .... Je ne dis pas : « quelle est la nature de la Forge?»... Je ne veux point interprêter, je veux simplement définir, quoique ce soit tout un. Il est un attribut) commun à toutes les Forges, qui
le«'ecffi8tM06 en qtrelque sorte, et qoi nous peniiBt<de âbridfeKoep*tlemnellement la Foivge.
Diatis le I&Dgage ordinaire, eomme dams celui de la sdenoe m général, comme dans celui de la mécaoiqne même, il est pm de ifiidt^ (}ui aient un sens plus éftendu; et qui aient reçu ptiia de défi* nttions^. Au lieu de critiquer ces dernièreSi pour dioisûr dans le grand nombre, je vais en donner une moi-4ième, et dire ooosnflDt je conçois la Porck ; je vais prouver que cette dâflnitkm est la seule vaMle, qu'en dehors de cette conception, il n'y a plus de wemm proprement dite, et puis, je prouverai fort modestement que cette déflirilion appartient de fbit à tout le monde, que oette odnœptîon s'iÉipose en quelque sorte à Pesprit hnmaiii dès qu'ils s'^plique à comprendre le9 phénomènes naturels.
J^appelle Fûrgs ce qm est capable, irniméé^temem$ etMn^numi9&mm4 tmiéri&ur^ de tirer la Matiâre du repos ou de l'y ùim réMrer. h dis de plus qu'il n'y a que ce genre de cause qni mMCe te nom spiécial de Forcie.
« Votre définition implique une hypothèse, rae diva, je le sais. UKrte une école. D n'existe pas dans la nature de cane telto que c^te que vous venet de défl&ir ». Sent, pour un moment Ma pteitiiAre» phrase est une définition; la secomie est une aflBnaalien; ^ert eriBé^d qu'il faut Intimer dlsihord.
Nous n'avons, il est certain, aucune idée de œ qu'est fessoBee méme^ du mùtÂvemen^ et noue ne savone aucunement ce qu'il y a M pM ou de moins dans un eorps eer mfoufvemeot que dans «a corps en repos. Or a écrit des centaines de voimes sor ee sujet et à force d'écrire et d'ergoter, quelques penseurs en sont arrivés à nier le mouvement absolu et à faire du mouvement en général quelque chose de subjectif, de relatif à nous ! Il an esta^enuietproba- Mén^ot, ce qm a lieu pour toutes les questions tifs sûnplea : on rejette le fond & cause de cette simplicité même; et puis, à fetoede vmS^ èclaircir et prouva ce qu'est la fonne , la queslmn d»vt^nt ottscure et iaiivtdligiMe pour tous. Nous m'avons psM à
iiotts oeoiper An moQVMient au f»eint> de vue «de sou essence fluéme; je me boraerai 4 rappeler en passant aux persomies qui oimd Teilslenoedu mouvenent absolu qu'elles io«d)lient totalement de. néfléobir au «louveneat de rotation et à ses couditioDs.
Dans Texpression la plus générale, et sans entrer dans ducAUie redierobe de causalité, nous pouvons provisoirement add»ettre wnplemeut que le nwwmnmi est un état particulier d'un corpSi^et^nous n'avons alors pas de raison pour dire qu'ivi eorps, supposé uoJ<|ue « dans l'espace infini, ait été de toute éternité à Tétat derqios jpitaltt qu'à l'état du iDouveinent.
La question prend un oaraotère beaucoup plus,claîr«t plus^i'eibri ûe toute chicane de mots, lonsqu^au lîeu^de nous préoccuper 4e l'essence même du mouvement, nous venons & considérer m wmatwns. Sil'itet'de mouveraent ne suppose paa nécessalreiqenti'mistsnce d^uneoause, il en est tout uitremeat.de ses .cbai^féments de gvandmr ou d'intensité. Le passage d'ua corps de l'état die repo^ À l'état de mouvement, .de L'étal de imojiveoient i uu mmfiiWîfA moindre ou au repos, et, ce qui revient au fond au même, Jesebaugemenils dedûection d^uii corps en mouvement soat pcfur teus les bommes des 0^ete, et oontraigMut l'esprit de l'l¥Mnnie le plus ^Miple, comme celui du pbilosopbe, A remonter A Tidd^ déTÇ»Yise.et à Gonoevoir cette cause d^une manière ou d'une Autre. L'observation la plus élémtotlire, detous les moments, nouS'Gondu^tâ4ivîser tempoMdrement ces causes en deux grandes cUnkcb p^rjfaitemeAt disliiictes «n a^iparence : nous: venions plus' tard <pi'U lU'eu eii^te de feit qu'une eeule.
\^ Dans certains cas, nous apercevons l'orîgine du imouveimnt ^ l'aide de nos sens (ou itout au moins à l'aide de l'iQiMWfttion ai4éé antérie«fement paar les eeas) .
2*" Dans d'autres cas* nous ne l'apercevons en aucune Umv^.
Je m^kidiqiie & l'aide d'exemples :
t» Larsqu"^ corps en mouvement en beurte un iwtie ^ rwoi3 H)trdAivéd'un'moaveiiient.di£Rfti)ent.enjfrandeur<o:u!en 4î^^ M
y a toujours soit partage, soit échange; Tétat du premier passe pa^ tiellement ou totalement (en grandeur) dans le second. Le changement d'état de l'un trouve pour nous sa cause inmiédiate dans le mouvement antérieur de l'autre. Bien que nous ne sadûons pas ce que c'est que l'état en lui-même ni ce qui se passe dans les deux corps au moment du partage, notre esprit est ici satisfait, et ue pousse pas ses recherches plus loin. Le mouvement étant là, nous trouvons naturel qu'il p^sse d'un corps dans un autre, qu'il se continue sous une forme ou sous une autre.
D est une multitude de phénomènes naturels où notre esprit trouve ainsi à se satisfaire, lors même que nos sens ne nous montrent pas directement le corps ou les parties matérielles en mouvement qui partagent leur état avec d'autres tombant sous nos sens.
Nous ne voyons pas, par exemple, l'air en mouvement, le vent qui emporte un nuage ou qui, à la surface de la terre, ébranle les corps solides ou liquides qui s'y trouvent en repos ; mais une seule seconde de réflexion nous permet de satisfaire notre esprit, quant à la nature de la cause.
2o Mais il existe une multitude de phénomènes aussi, où nos sens tout seuls, ou aidés des instruments les plus puissants, ne nous montrent absolument aucun corps, aucune partie matérielle quelconque en état de mouvement antérieur, et où pourtant un corps ou ses parties passent du repos au mouvement, du mouvement au repos, et changent de direction, lorsqu'elles sont en mouvement.
En tout premier lieu, la raison qui rend les corps pesante» qui fait que tous tendent les uns vers les autres, qui fait que la plus petite parcelle de matière tend à se rapprocher des. autres parcelles répandues dans l'espace infini, cette raison échappe totalement à nos investigations directes. Il en est absolument de même des attractions et des répulsions électriques, magnétiques : il en est de même de la répulsion réciproque que semblent éprouver les parties matérielles d'un gaz et qui fait que ce gaz a une élasticité et une pression propres, etc., etc. Dans toutes ces relations, qui se montrent A nous
comme causes de mouvement des parties libres de la hatiArs , nos sens ne nous menant absolument rien qui puisse être conçu par nouscomme^xm^on^laMÂîTÂREpar suite d'un mouvement préexistant.
Nos sens nous trompent -ils ici? Le corps pesant cpie je soutiens, par exemple, dans la main par suite d'un effort contraire que j'oppose à sa pesanteur > est-il poussé peut-être par des particules en mouvement qui échappent à ma vue , à mon toucher et qui l'entraînent vers le sol , dès que je l'abandonne? Suis-je, en un mot, dans Terreur , lorsque j'attribue à quelque chose de totalement différent de la MATIÈRE, ce qui fait que dans des millions de cas deux parties matérielles veulent se rapprocher ou s'éloigner l'une de l'autre, et le font dès qu'elles sont libres dans l'espace?
Admettons cette erreur fondamentale et de mes sens et de mou jugement : après tout , il y a eu de tout temps des esprits d'une incontestable profondeur qui ont cru que c'est là une erreur. Voyons seulement les conséquences grammaticales de la rectification d'une pareille erreur. Admettons que partout où deux corps (deux atomes ou deux corps du firmament) tendent à s'approcher ou à s'éloigner, et le font dès qu'ils sont libres, ils soient poussés par de la matière en mouvement qui nous échappe. Dès ce moment tout l'ensemble des phénomènes de notre seconde dasse rentre dans la première : notre esprit se rendra compte, se peindra, se figurera le passage d'un corps du repos au mouvement comme il le fait lorsque nous voyons un^corps heurté par un autre se mettre en mouvement , ou passer du mouvement au repos, ou changer de direction.
Une modification dans l'état de repos ou de mouvement d'un corps étant due dans cette hypothèse à un mouvement, antérieur, tous les phénomènes de l'univers dès leur origine s'expliquent ainsi naturellement par une suite d'échanges ou de partages incessants de mouvement. Que la somme totale de travail représentée par tous ces mouvements reste nécessairement invariable depuis l'origine, c'est ce qui est évident : les deux axiomes nihil eœ nihUo, nikil in
nHiihm , s'appliquent ici quant à la oostinuatâon du mouvemeot lopt auflBi bien que quant à l'existence de la maaréxciB MMÊOémB.
M^is dasBitette hypodièse , que devient le mot de FoRca4 A qoei bon ce mot? Si mouvement et forge sont identiques, pouqiei dan mots, pour désigner une seule et même choae ?
Si.étùs tout le monde inanimé, il ne peut existe ameiBO mouffsment qua^ne trouve son <Nrigiae dans un autre mouvraient préexistant , il est bien tlair que ma définition ne s'ai^lique plus A rien : mais dès ce moment aussi, le mot forge devient une supeifétatioD conijfAèteiet i^ piosaueufle valeur dans notre dictiomiaire ; il faut lui autetilner œtui d^échamge et de somme de mouvemœls. n y a bien pins, jet c'est surtout ce qu'il importe de remanfuer : lesdteominations si expressives de Force vive et de Travail mécanique, qui ont pourtant un sens très diliérent de cehû du mot Force pris -tout seul, peiiâent tout leur caractère. En effet, s'il se jtrouve dans la nature quelqpe chose cpû puisse déterminer ie oiouyeaent de la ilATiàRB immédiatement et sans mouvement antérieur , s'il existe une Forge, la Force vive ou produit de la masse d'un corps par le catré de la vitesse qu'il a prise sous l'empire de cette Force, le travail ou produit du cbemin parcouru et de r^fi>rt qu'à subi le eorps pendant le trajet; la Force vive et le Travail^ dis-je, deviemttnt les images potentielles de l'action de la Forge râali^ sur la MatiAre pendant un temps fini. Si, au contraire, il n'y. a iqu'édMmge. et communicationde mouvement, cos mots prennent mn sens ikux, en oe qu'ils ont l'air de représenter quelque cbœe qui n'a point de réalité.
On voit ici oorabien sont mal choisies les expressions d'^wtfîne et de propagaUon de la Forge employées par quelques métaphysiôiens modernes. La FjOrgb existe ou n'existe pas; si elle easte» c'est au même Utce que la m^tiAre et la vos; si elle n'enste pas, elle ne peut pas naître et disparaître spontanément : nihil ^ «iMIo, nOAl
Bn un mot, en sous-entendantune idée quelconque de Jipttiiement
antérieur ou préexistant, sous le terme de Force, nous ne pouvons aboutir qu'à l'abus et à la confusion des mots les plus étranges.
La Forge ainsi définie Est-elle ? Existe-t-il dans l'Univers inanimé Quelque chose qui puisse tirer la matière du repos ou l'y faîro rentrer, sans la préexistence d'aucun mouvement ?
La question ainsi posée est des plus claires. Nous devons la résoudre comme métaphysiciens et comme physiciens, comme penseurs et conmie observateurs. Non qu'il soit entendu par là qu'un homme sensé puisse penser sans observer, ou observer sans penser. Mais en
toutes sciences, physiques, morales, politiques, religieuses, peu importe, 0 existe deux genres de démonstrations : les unes se tirent de notre seule puissance propre et vont du dedans au dehors ; les autres se tirent des faits, et viennent du dehors au dedans. Il n'est plus permis aujourd'hui de se tenir dans l'un ou l'autre de ces cercles exclusivement : n'étant point concentriques, leurs circonférences se coupent, et une portion d'arc manque à l'un et à l'autre ; l'esprit incomplet qui veut se limiter dans l'un , se trouve tout-àcoup là devant un précipice dans lequel s'écroulent ses plus belles combinaisons.
Comme métaphysiciens, nous pourrions suivre deux routes également sûres pour atteindre notre but :
Chercher si l'existence de la Force proprement dite n'est pas une nécessité supérieure.
Ou chercher si parmi les hypothèses contraires à cette notion, il en est une seule soutenable.
Cette dernière route serait d'autant plus facile qu'il ne peut y avoir au fond qu'une seule hypothèse antagoniste. Nous nous trouvons en eflet en fac^ d'un dilemne très simple.
Si les mouvements de la Matière ne sont pas dus à une Forge, ils
ne peuvent dériver que des mouvements antérieurs de la Matière
elle-même.
Au lieu de suivre Tune ou Tautire de ces voies, ym sivs xm troisième, eu tous cas, beaucoup plus originale, et je prouve que tous ceux qui ont voulu nier la Forge , l'ont admise implicitement et sans s'en douter.
(Fig. 21.; Soient deux corps quelconques A et B (deux diomos on deux globes du firmament) , séparés par un intervalle A B, pour now, vide de matière. Ces deux corps, en repos relatif, s'attirent ou se repoussent, c'est-à-dire qu'ils tendent à s'approcber ou k s'éloi@aer l'un de l'autre, et qu'ils se mettent en effet en mouvement dès qu'ils sont libres.
L'attraction, par exemple, la tendajace de ces corps à se lappirocher, âerait duje par hypothèse à un mouvement de particules iqaterielles qui, à notre insu, sillonnent l'espace dsi^is tous les sensavec des vitesse, aussi grandes qu'on voudra d'fôUeurs, mais dont la résul^qjite par rapport k chacun des corps A et B est dirigée suivant les flèches oi 2^1 et a'i 6' i , et selon une jnéme droite passani par las centres de gravite. Les corps tendraient ainsi à se rapprocher à peu près, comme ils le feraient s'ils se trouvaient dans deux courants d'air opppsës et dirigés en somme selon une même (Jjroijte; à cette diprence près, toutefois, que nous pourrions et devrions ^ulmettre que les molécules invisibles en mouvement pénètrent plu3 û^ moins dans n^tériei^ des corps A et B, de manière i. pouvoir heurter indistinctement toutes leurs parties matérielles.
Une condition snpréme ceppn^an^ est imposée à qe i^aouvement invisible : Nihil in nihilum. Il faut qu'il reste inaltéré, t^nt qii'il ne se com^iunique pas, tant qui3 A et B sont immobiles ; autreiaent la somme de travail qu'il représente irait en diminuant scms cause et sans cesse dans I'univbrs. Que les molécules en mouvement dans l'espace traversent totalement A et B on qu'elles rebrousa^nt cheniin, il faut en un mot qu'elles conservent^ intégralement lenr vite8S^> tiant qu'elles n'en ont point donné à A et à B. Celles qui tij^versent sans changement de vitesse ne peuvent évidemment pas ppHsser les corps l'un vers l'autre : nous n'avons donc à nous occuper que de celles qui
refaroujsseiit ctemia, qui scmt réfléchies sans changement de vitesse dans des directions dont la résultante est (h bt et a'^ b'% .
Oocupons^nous d'une seule d'entre elles, car ce qui convient à l'une s'applique à toutes. Cette molécule arrive, par exemple, dans la direction fùft et suivant la ligne normale, à l'une quelconque des molécides en repos qui constituent te corps A. Nous disons qu'il n'y a qu'une seule condition pos^le pour que la molécule en repos tende vers B sans qu'il n'y ait de perte de travail dans l'Univers. C'eirt que la molécule en mouvement recule sans aucun diangement de vitesse^ et sdon une direction exactement opposée pour le cas particulier. Puisque cette molécule rebrousse chemin, il faut que pendant un instant, si court qu'on voudra, pendant un instant ivh finiinent petit, elle s'arrête, et passe au repos, n faut donc qu'en eUe^méme, ou dans te corps A ou dans les molécules elles-mêmes aufl^ de A, il y ait Quelque chose qui soit capable, sans préexistence de mouvement, de faire passer la BiÂTiân£ du mouvement au repos et du repos au nK)uv^nent : il faut en un mot qu'il y ait une Po^cb telle que nous l'avons rigoureusement déflide ci'-dessus.
Je viens de considérer fattraction dans toute sa génératté ; la même chose rigoureusement peut se dife de la répulsion dans sa forme la plus générale aussi ; pourëCre complet, je prends cependant un exemple spécial de ce dernier genre de phénomènes, et je suppose que les gas soient constitués pai* des particules materielles qui se meuvent dans toutes les directions possibles, chacune en ligne droitei et qui changent de direction sans changement de vitesse, lorsqu'elles rencontrent un obstacle fixe.
Dans cette hypothèse, une des plus claires et des plus ingénieuses certes qui aient éte proposées, et que je choisis précisément par cette raison, dans cette hypothèse, di&je : l^ la densite du gaz relève comme de juste du nombre relatif de molécules renfermé dans l'unite de volume ; 29 la pression est due aux chocs des molécules du gaz contre les parois du vase qui le contient; 3^ la tempéi'ature du ga£ dépend de la vitesse absolue des molécules. Le calorique
n'est, dès ce moment, plus un Principe particulier; les phénomènes de chaleur dans les gaz sont dus désormais, et exclusivement, au mouvement rectiligne des particules constituantes : ce qu'on avait pris jusqu'ici pour une répulsion réciproque des parties gazeuses résulte des chocs de ces parties contre les parties en repos ou en mouvement des corps qui servent de contenants au gaz. Je reviendrai plus en détail, et comme il convient, sur cette hypothèse. Pour le moment je ne fais remarquer qu'une chose.
Chaque molécule, en frappant la surface d'un corps en repos (par exemple les parois du réservoir où se trouve le gaz), se relève avec toute sa vitesse initiale , autrement le travail que représente son mouvement diminuerait sans cause : nihil in nihilum. Qiacune au moment du choc conmience par perdre toute sa vitesse, s'arrête un instant infiniment court , et reprendune vitesse égale en senscontraire.
Il faut donc que ces molécules ou celles des corps frappés soienl élastiqv^s, il faut en un mot qu'il s'y trouve qy>elque chose qui, sans aucun mouvement antérieur, soit capable de tirer la matiârs du repos ou de l'y faire rentrer.
Il faut qu'il s'y trouve une Forge telle que je l'ai définie : une cause de mouvement, de la matière sans mouvement antérieur.
Que l'on examine de près telle hypothèse qu'on voudra qui tend à expliquer tous les Mouvements du monde inanimé par d'autres mouvements antérieurs, et l'on verra que cette hypothèse peut finalement être réduite aux termes précédents. 11 n'est en aucune façon nécessaire pour arriver à cette réduction de remonter à l'origine des choses, de faire de l'histoire au lieu de faire de la métaphysique. Partout où deux molécules osciUent, sont dans un état de va-et-vient, et passent par des périodes alternatives de mouvement et de repos relatifs, il faut qu'il se trouve quelque chose d'absolument diflérent d'elles-mêmes en nature, qui soit capable de détruire le mouvement établi, et de rétabhr intégralement le mouvement détruit.
Et la question se réduit toujours à savoir si ce Quelque chose réside
dans l'atome matériel lui-même ou se trouve dans l'Espace vide de MATIERE qui sépare deux atomes.
Je dis à dessein Atome et non Molécule (ou groupe d'Atomes) ; et j'entends par >1 tome, la limite extrême delà di vison de la matière : limite idéale ou réeDe, peu importe d'ailleurs ; idéale si Ton regarde les corps comme divisibles à Tinfini ; réelle si l'on admet le fait contraire. Je ne m'arrêterai pas ici à réfuter l'erreur de métaphysique évidente qu'on conmiet en faisant de l'atome un point géométrique , ou l'erreur, bien plus grande encore, qu'on commet en le comparant, même de loin, aux éléments du calcul infinitésimal. On confond ainsi, en effet, d'une manière par trop flagrante, le réel avec l'idéal.
En un mot donc : la forge proprement dite, telle que je l'ai définie, la FORGE Est. Elle ne peut ni naître ni être détruite : Nihil ex nihilo^ nihil in nihilum.
Et la question se réduit purement et simplement à savoir si la
FORGE, con^dérée maintenant conune principe constituant de
• rUnivers, aussi bien que la bcâtiâre, aussi bien que la vie, existe
en dehors de la matière des corps, ou si elle ne réside que dans
l'Atome matériel exclusivement.
Dans le premier cas, pour spécifier par un exemple très clair, l'intervalle qui sépare \m soleil des planètes, ou une planète de ses satellites sera rempli par la forge, ou du moins la matière qui peut s'y trouver n'aura aucune connexion immédiate avec la tendance de ces corps à se rapprocher.
Dans le second cas, cet intervalle sera rempli de matière en mouvement déterminant d'une manière ou d'une autre la tendance au rapprochement, et c'est alors dans cette matière même que résidera le principe capable de rétablir intégralement le mouvement détruit pendant un instant infiniment court dans les atomes propulseurs au moment de leur action sur les corps célestes
Or ce dilemne n'est plus une question de métaphysique : il rentre de plein pied dans la physique. Ici le cercle de la pensée pure est coupé par celui de l'observation, et si nous voulions nous tenir dans le premier nous n'aboutirions plus qu'à des rêves.
Qu'on le remarque bien dès Fabord : il n*est nullement question de chercher si la Eobge, considérée sous forme généiique comme un Elément constitutif de TOnivers, peut être séparée de la Maiïébe, sinon de fait, du moins idéalement. Une telle perquisition nous est à la fois inutile et impossible. Dans ce Monde, la Matiâhe, la Forge et, j'ajoute, la Vie, considérées toujours sous fonme génénque, se révèlent à nous, l'une moyennant le& deux autres ; et en checchant à les séparer, ne fût-ce que dans notre pensée, nous risquons tcès fort de les anéantir tour à tour toutes les trois. La seule chose qui nous, importe, et qui nous suffit en même temps, c'est de constater l'existence nécessaire de ces principes naturels.
Nous venons de le faire par rapport à la Force, et il ne s'agit plus absolument que de savoir si la Force réside exdusivementdans Y Atome matériel, ou si elle s'étend au diebors: ili s'agit en un mot de décider entre deux faits dont l'un ou l'autre est nécessairement vrai.
Aivant de passer à ce genre d'investigations, il est utile de Uen accentuei? les différences qu'introduit forcément dans l'inteiprëlation des phéQomènes, l'existence de l'un ou de l'auU^e de ces faits, reconnue une fois comme réelle. Par cette seule accentuation, notre problème sera résolu à moitié.
Si la Forge est contenue exdusivement dans l'atome matériel (limite réelle ou idéale de divisibilité) : tout l'Univers inanwé est formé d'espaces alternativement pleins de Matière ou parfaitement vides ; les corps sont constitués par un asseml^Iage d'atomes , en repos relatif ou en mouvement oscillatoire» en contact ou séparés par des espaces parfaitement vides, mais toujours, et néoess^rement, poussés du debois au dedans et tenus rapprochés par d'autres atomes venant du dehors et échappant à nos sens ; les phéntmi^n^ résultent d'alternances de juxtaposition et de sépara^tion des atomes*
Si, au contraire, la Forge est un principe qui s'étend au dehors
de rAtome, et cpii ainsi n'en est pas une simple propriété : il n'existe plus de Vide parfait nulle part; l'Espace est occupé alternativement on tout à la fois par la Matière et par la Forge (le mot occupé étant pris iei dans sa signification la plus large, et n'impliquant point une délimitation quelconque) ; les corps sont des assemblages d'Atomes on de grottes d'Atomes, qui peuvent être en repos ou en mouvement relatif, mais qui ont désormais une raison d'être continue et indépendante de toute condition de mouvement venant du dehors.
Oa le voit, les différences sont immenses entre les résultats auxquels on est conduit selon qu'on accepte l'un ou l'autre terme du dilemue de fait posé devant nous, n existe cependant une différence bien plus profonde encore.
Dans l'un ou l'autre terme, on est condamné à admettre la Foucs proprement dite telle que je l'ai définie.
Selon l'un des termes cependant, et si la Forge est limitée à l'Atome, si* ell6 en-est, conmie on le dit, une propriété, les Atomes n'ont plus de rapports nêcessavres entre eux ; leurs relations, toujours accidentelles, naissent encore de mouvements antérieurs. Le mouvement dans son universalité ne peut plus naître et se propager que par contai immédiat. Si donc, et d'ailleurs par impossible, on le suppose suspendu dans rUmvERS inanimé pendant un instant infiniment-court, il ne peut plus renaître, et tous les phénomènes sont anéantis à jamais.
Selon l'autre terme, au contraire, et si la Forge Est en dehors de l'Atome, tous les Atomes, si distincts qu'ils soient, se trouvent dans un état de relatioii continue, et le mouvement naît et se propage d'une façon médiate. Si donc, et d'ailleurs aussi par impossible, on le suppose suspendu aussi longtemps qu'on voudra dans llJniverà inanimé, il renaîtra sous l'empire delà Forge (ou plutôt des Forges) : noacerteeen/quantité égale, mais avec de toutes nouvelles dii^eotioQS,:^us'de toutes autres formes, il est vrai; l'harmonie des mouvements célestes faisant place au désordre, le cahne msyestueux faisant place à la confusion.
Nous aurons à chercher en temps et lieu par quelle raison singulière, tandis que l'esprit humain, en face des phénomènes de la Nature, aboutit si nécessairement à la conception de la Forge pure, tant d'hommes éminents ont à toute époque fait des efforts presque désespérés pour bannir la Forge de l'Univers, et en sont venus, sous prétexte de simplifier et de faciliter les interprétations, à la loger dans l'Atome d'où il leur est impossible de l'exclure. C'est là un côté subjectif de la question qui méritera assurément toute notre attention.
Nous aurons à voir si la Forge est en effet plus dilBcile à concevoir que ne le sont les autres éléments de l'Univers. Pour le moment, acceptant cette difficulté comme teUe, je me borne à faire remarquer que c'est un moyen étrange de la surmonter que celui qui consiste à l'éloigner, au point d'être obligé d'en céer une autre, peut être plus grande encore. Si difficulté il y a, la Forge reléguée dans l'Atome n'est ni plus ni moins facile à concevoir que la Force s'étendant à l'infini en dehors des corps; mais la première supposition nous condamne à concevoir outre la Forge, la préexistence du mouvement dès l'origine des choses : c'est donc se donner à vaincre deux difficultés au lieu d'une.
Au point de vue purement personnel ou subjectif, nous pouvons en toute sécurité d'esprit poursuivre la solution de notre dilemne ; quelle qu'elle soit, il n'y aura rien de changé par rapport aux efforts ultérieurs que notre intelligence est appelée à faire.
La Forge réside-t-elle dans l'Atome matériel exclusivement, ou est-eUe en dehors de l'Atome, en dehors delà Matière qui constitue les corps ?
Je dis toujoui^s la Forge : non que je veuille donner à entendre par là qu'il n'existe qu'une Forge dans l'Univers inanimé, mais parce que le caiactëre générique de la Forge est nécessairement commun à toutes, s'il en existe plusieurs.
Depuis ces derniers temps, les penseurs les plus éminents ont une tendance à ramener toutes les eorces que l'on pourrait croire dis tinctes, à une seule, à la fohce gravifique, à la pesanteur (ou, pour parler correctement, à sa cause) : je reviendrai bientôt sur cette réduction.
Occupons-nous donc dès Tabord aussi de cette Forge universelle. Elle retient les corps célestes dans leurs orbites, elle maintient la MATIÈRE même de ces corps dans la forme qu'ils affectent; elle rend pesant et retient tout ce qui se trouve sur notre terre : elle semble même y retenir notre imagination, car elle est en quelque sorte la seule Forge sur laquelle on n'ait, qu'avec la plus extrême sobriété, tenté les explications ^(/tiratives.
Quelques métaphysiciens ont avancé que la gravitation pourrait fort bien n'être qu'une hypothèse, et que c'est même conune telle que Newton l'avait présentée. C'est là, je le pense du moins, la plus étrange méprise à la fois historiée et scientifique qu'il soit possible de conmiettre.
La partie réellement hypothétique de la graide afSrmation de Newton a consisté à attribuer à une même cause ce qui fait que les corps pesants sont retenus & la surface de la terre et tombent vers le centre dès qu'ils sont libres, et ce qui retient la lune dans son orbite, et à étendre ensuite aux mouvements curvilignes des planètes autour du soleil la même cause : comme les mots attraction, gravitation, pesanteur n'impliquent aucune explication, mais seulement un fait qui est ou qui n'est pas, ils ne peuvent non plus impliquer aucune hypothèse sur la nature même de là cause qui détermine la tendance de deux corps à se rapprocher. Si Ne^rton avait connu l'expérience réalisée bien plus tard par Gavendish, s'il avait reconnu par une observation directe que toute matière tend vers une autre qui en est séparée^)ar un intervalle sensible, il n'eût certainement pas prononcé le mot d'hypothèse en posant la proposition sur laquelle il a édifié la mécanique céleste.
L'attraction de la matière par la matière est un fait pur et
simple; l'hypothèse commence seulement lorsque nom voulons remonter à la cause, i la nature même àe la Forck ea jea.
Nous n'avons pas* à chercher ici encore comment nous devons concevoir cette Forge, ni bien moins encore i cbeccher ce qu'elle Est : nous avons à proprement dire à déterminer ce qu'elle n'est pas, et où elle n'est pas.
Deux corps tendent l'un vers l'autre en laisoa inverse du carré des distances qui séparent la totalité de leurs parties, et en raison comj^^e de la quantité de Matj^rb qui les forme.
La^ première partie de l'affirmation, vérifiée aujourd'hui rigomeifr' semçn^ jusqix'aux limites qu'atteint l'observation, nous apprendque la cause de l'action s'étend à l'infini et qu'il n'y a que son intensité qui varie relativement à deux pointe matériels quelconques que l'on consiflère. C'est le caractère que nous trouverons à toutes les Forges : mén^e à celle que l'on av^it appelée mo^ecuiaire. La cause, quelle qu'elle soit^ de l'attraction Newtonienne est donc partouidans l'Espace infini, et ne peut, en aucune hypothèse, être appelée* une propriété d^ la Ma^hère.
La. seconde partie de l'affirmation» vérifiée aussi aiûourdihuiijus* qu'^x dqmières limites qu'atteiqt l'observation, nous ajqjffcmd que la tendance de deux poiqts matériels.l'un vers l'autre ne dépend en rien absolument de la Maotèrs interposée^
Elle dit en eflfet que chaque partie matôrieUe d'un corps tend vers les parties d'un autre corps ou vers les autres parties du ocurpa lui* même, cqipme si cti^une decdyies-ci. était. iscdée, que le poid&d'un corps déteçbé que nous considérons à li^ surface de la^terre est dA > à l'action de .toutes les parties terrestres considéréesisolément ; d'où il résulta que ia.cause quelconque, en vertu de laquelle ces parties send)il|çnt s'attirer» agit à .travers les corps eux<- mêmes axamt s^il ne s'y trouvait pa^ ^e, Mattèrjë, que^ pâjriexemirik^, deux corps con* sidérés isplénient «aux .extrémÂtés.d'u^ diamètre de notre terre >soBt , sollicités l'un vers l'autre absolument >c(»pee> si le globe n'était )pas< initerposé;
D déooide de là deux conclusioDS capitales : l"" La. tendance de deux points matériels Tun vers l'autre étant indépendante de la Matière interposée, ne peut plus étr^ attribuée 4 de la MATièRE en repos interposé^ et échappant à nos sens.
2» Si la tendance de deux points matériels Tun vers l'autre est due d'une manière ou d'une autre à une impulsion dpnnée par des particules matéridles invisibles en mouvement dans l'espace, il faut que ces particules traversent les corps aussi bien quç le vide, et qu'elles aillent, toujours en même nombre, et avec une même vitesse pousser chaque partie mamelle comme s'il n'en» existait aucune autre. Pour qu'une telle condition puisse être satisfaite, il faut donc qu'il existe une acUon élective et réciproque entre les particules en mouvement et chacune des parties de Matière en repon qu'elles sollicitent au mouvement. Cette action élective s'ei^erçai^ à. distance sérail eUd^mi^me une attraction : ceci revient, comme on, yoit, à ex* pliquer uxl bfi par. un autre identique, et non expVqu^.
De ces considérations très simples, suc lesquelles je ctqjs qu'Qu ne s'esit j^wâs assez aj:rôté,4 découle i^coutç^tableme^j^ :
Que Va^tiîa^ipn réciproque dje deux corps, mal^els ne peut être attribué^ i)i à ^ la Matière en mouyea;ient ni à de la H^tière en repos. EUç est donc due nécessairement ^ un princ^^e naturel, totalement différent de la Hatièrs, externe à la Matière, et oçcupajoit rSspace in^i.
Ce ^incipe agif^saut comme cause, de mouvemeqjtt ^us aucun mouvemenJ^ matériel, préexi^tant, c'est la Fo^jce graw>ioi;jip*
Nous pommons nous borner à, l'argumentation précédente dérivée en entijec d|e Vétude des faits, s'il ne s'agissait pas di'un, siget sur lequel se 999! dés VorigiJVje ei^erçés les efforts (^ hoqwi^s les plus év^nents : TeUe que la, question sé présente, nous ne saurions au contoaliçe l'abppdér «ous V^PP. d|Ç. ^ia,çés.
Le point d/e v^jÇi nouveau mais toijyouis exp^rin^ent^iil sous lequel je ys^s. l'étudier çiaintenant, nous conduira d'ailleuxs ^ des résul^ts g^oii^âraux éminemment utiles pour l'étudç v,itérieure que 90us avons i faire d^ autres forges.
Le soleil, non seulement attire les planètes, les satellites, tous les corps en un mot de notre système solaire, mais envoie en même temps, et dans toutes les directions de l'Espace, des flots de lumière et de calorique ; de plus il agit à titre d'aimant sur les corps magnétiques, et par suite sur les courants électriques que nous produisons ou qui se produisent naturellement à la surface de la terre.
L'espace infini , ou pour mieux dire, les espaces stellaires sont donc indubitablement occupés par quelque chose.
Faisons de suite une remarque de la plus extrême importance. Si l'on avait pu démontrer que ces espaces sont occupés par de la MATIÈRE à un état très rare, par un gaz d'une densité excessivement faible , on ne serait nullement en droit d'en induire , comme on a déjà prétendu le faire, que Tensemble des relations du soleil et des corps de son système, relève de cette matiêhe, car les argumentations que j'ai présentées ci-dessus au sujet de la gravitation, celles que je présenterai bientôt au sujet du calorique, etc., subsisteraient encore dans toute leur force.
Si , au contraire, nous arrivons à démontrer que les espaces stellaires ne renferment point de MATièRE diluée, nous serons bien obligés de conclure que le Quelque chose qui les remplit, que le principe DE RELATION du solcil otdos plauètos. et de tous les autres corps célestes, est d'une nature totalement différente de celle de la matière.
Les astronomes n'ont jamais jusqu'ici pu trouver rien, absolument rien qui, dans les perturbations des planètes ou de leurs satellites, puisse être attribué à une résistance aux mouvements de ces corps dérivant de quelque obstacle matériel qui se trouverait dans l'espace. Ici, il est vrai, on objecte qu'en raison de la rareté de la matière répandue dansTespace, et en raison des masses relativement énormes des corps du système solaire, les perturbations dérivant de ces obstacles pourraient être tellement faibles qu'elles échapperaient à l'observation et à l'analyse mathématique. Je montrerai bientôt qu'en ce qui concerne la gravitation supposée due à un principe matériel, cette objection n'a plus la moindre valeur. Mais je présente d'abord une observation qui , je crois, est ici d'un grand poids.
Si Tespace était occupé par une matière gazeuse , il est bien évident que la densité de cette matière devrait s'accroître autour des masses planétaires , autour de la masse' colossale du soleil surtout , et leur constituer une atmosphère analogue à celle de la terre. 11 serait impossible, dans cette hypothèse, qu'il existât des corps célestes sans atmosphères : or, c'est pourtant ce qui existe quant à notre lune. Cette atmosphère participerait nécessairement au mouvement de rotation des corps célestes : vers les pôles elle devrait s'étendre indéfiniment en hauteur ; à l'équateur, au contraire, elle serait constamment projetée dans l'espace à partir de la distance où la force centrifuge fait équilibre à la pesanteur : il se ferait, par suite, un flux continu de matières gazeuses des pôles à l'équateur. L'observation directe ne nous montre cependant nulle apparence de quelque chose qui ressemble, même de loin, à un semblable phénomène : les atmosphères des planètes sont parfaitement délimitées en tous sens et sont généralement d'une hauteur très peu considérable par rapport aux diamètres ; l'atmosphère terrestre aussi est limitée et forme en définitive une très faible couche sur la surface du globe. L'une des propriétés les plus générales des gaz , c'est de se mêler parfaitement les uns avec les autres quelle que puisse être leur différence de densité : à moins d'admettre que l'oxigène et l'azote changent tout d'un coup de propriété à une certaine hauteur, il résulterait évidemment de celte propriété que la composition de notre atmosphère devrait à la longue se modifier, à moins que l'on ne veuiUe admettre que l'espace est occupé partout par un mélange d'azote et d'oxigène dans les mêmes proportions que celui qui forme notre atmosphère : d'où il résulterait que toutes les atmosphères planétaires sont identiques à la nôtre. Encore une fois, la délimitation très nette des atmosphères réfute un ensemble, si singulier déjà, de suppositions.
La discussion des phénomènes cométaires nous conduirait & des résultats tout aussi tranchés : mais je la remets un instant pour la reprendre sous une autre forme. Concluons seulement de suite que l'Espace, en aucune hypothèse, ne peut rien contenir qui ressemble
à un gae quelconque «i rare qu'on voudra d'aiOeurfi : à moîns qu'on ne dépouille ce gaz de toutes les propriétés que nous reoonnaisBO» aux gaz, auquel cas la dénomination de gaz serait vicieuse.
Mais supposons que l'Espaee soit occupé partieUemeni par des particules de màtièbe disjointes, indépendantes les unes des autres douées de vitesse aussi grande qu'on voudra d'ailleurs, et se mouvant «hacune en ligne droite, dans toutes lesdirectioiisîauigînables : Allons beaucoup plus loin, et supposons que ce soit i ces particules qu'est dû le phénomène de l'attraction Newtonienne : c'est la seule hypothèse légitime, lorsqu'on se refuse à faire du principe de l'attraction quelque chose d'externe à la m atiârb et de radicaleiiient différent d'eHe.
Nous avons reconnu que dans cette manière d'interpréter, il faut concevoir les particules en mouvement ou celles en repos comme douées d'une élasticité parfaite, autrement dit, comme possédant en elles-mêmes la forgb ; acceptons cette condition.
Un corps (ou plutôt toutes les parties matérielles formant un corps supposé unique dans l'espace) recevra dans tous les sens possibles des impulsions égales. Le corps pourra donc rester en repos indéfiniment. Si, au contraire, deux corps séparés par un intervalle grand ou petit se trouvent en présence, nous pourrons concevoir qu'en vertu de l'impénétrabilité de la matière, les particules en mouvement qui iraient frapper une partie quelconque de l'un des corps s'il était seul, soient arrêtées et repousées sans perte de vitesse par les parties de l'autre corps.
(Fig. 21 .) Deux parties quelconques infiniment petites aet 6 des corps A et B, n'étant plus frappées sur la ligne de jonction et suivant la direction Oo, Oi , O'o, O'i mais l'étant toijyours en sens contraire /ô A et fo fi , tendront l'une vers l'autre. La môme chose pouvant se dire de chacune des parties d'un corps par rapport à toutes celles de l'autre corps, il est évident que les deux corps s'attireront en raison composée des masses, et en raison inverse du carré des distances.
Quelque difiicile que soit la conception d'une telle hypothèse
toraqaVn passe ai}x détails, elle a cet avantage «garent que nous reGherdiofls tant, c'eirt de dous pemdre les choses, de noios permettre de les voir et de les comprendre : elle est spécieuse.
OneUe est la nature de la résistanoe au mouv^nent qu'éprouvent, dafis cette hypothèse, les planètes, les sateitttes, etc. ... ?
C'est ce qu'U est très aisé d'établir:
(Fig. 22) Soit P une molécsle matérielle (une planète extrêmement petite) décrivant autour d'un corps central S (autour du soleil) une courbe quiconque du second degré (un cercle pour plus de six»pficité). Dans notre hypothèse, cette molécule est sans cesse frappée de tous côtés par les atomes propulseurs qui se meuvent dans l'espace, et que je désignerai désormais par la lettre « ; elle est frappée, dis-je, de tous côtés, excepté dans la direction du rayon vecteur, et dans le sens SP: d'où il r^ulte qu'elle tend vers le centre de gravité de S, et puisqu'elle décrit un cercle, intensité de cette tendance est de fait constamment en équilibre avec la force centrifuge. Si P était en repos, les impulsions dues aux « des deux côtés a et b dans les directions f /i et f^ /s tang^tes au cercle se ferait équilibre et P se mettrait en mouvement en ligne droite vers S. Mais P se meut ; il va à la rencontre des « allant dans le sens fft ; il recule devant ceux qui arrivent dans le sens fz f% ; les premiers recevront donc, en se réfléchissant, plus de vitesse qu'ils n^en avaient ; les seconds, au contraire, en se réfléchissant, auront une vitesse moindre; en d'autres termes, P donnera une partie de son mouvement aux premiers et n'en recevra plus une portion égale des seconds. Le mouvement de P diminuera donc sans cesse, et d'autant plus vite que sa propre vitesse aura une grandeur plus sensible par rapport à celle des atomes propulseurs.
Occupons-nous des rapports de P avec les « marchant, par exemple, dans le sens même du rayon vecteur, et pour rendre les choses plus claires, donnons à P une grandeur sensible et une forme sphérique ; cela est fort indifférent en réalité, pour ce qui va être dit.
Le sens dans lequel se réfléchiront les atomes propulseurs dirigés
selon SP variera évidemment selon le point de P qu^ils frapperont : il * n*y aura de réfléchis, en sens exactement contraire, que ceux qui frapperont normalement ; tous les autres changeront de direction et celle qu'ils prendront sera une composante de leur vitesse et de celle de P. Ne nous occupons que de ceux qui des deux côtés a et b passent simplement au contact de P. Ceux qui passent du côté a sont en quelque sorte évités par P; ceux au contraire qui passent du côté b sont heurtés par P : ils sont donc déviés de leur direction rectiligne. Celte déviation est d'autant plus petite qu'on suppose plus grand le rapport de la vitesse des atomes propulseurs à celle de P : mais il est facile de démontrer que Yeffort à exercer, et par suite la quantité d'action à dépenser, croissent en raison précisément inverse, et que la dépense de mouvement de P dépend, uniquement du rapport des masses de P et des a.
On pourra faire telle supposition que Ton voudra sur la forme, sur la nature, sur la vitesse absolue des «, on arrivera toujours à cette conséquence finale : c'est que si les phénomènes de l'attraction universelle sont dus à un mouvement antérieur d'une matière invisible, le mouvement des atomes pondérables qui résulte de l'attraction est retardé par la cause même qui le produit : cette conséquence est déjà passablement paradoxale ; il en est une autre que l'on pourrait presque appeler fatale à l'hypothèse première. Puisque l'attraction universelle s'adresse d'une même façon à chaque atome de matière, ou puisqu'elle est proportionnelle à la masse, la résistance qui, dans cette hypothèse, en est la conséquence, est elle-même proportionnelle à la masse du corps en mouvement. D'où il suit qu'à l'atome P nous pouvons substituer un assemblage d'atomes, un corps aussi pesant qu'on voudra, sans qu'il y ait rien de changé à la question, et quelle que soit la masse de ce corps, de cette planète P, la perte de mouvement éprouvée à chaque instant est constante pour une même vitesse.
La tendance de P vers S est proportionnelle à la masse de S : la résistance au mouvement l'est aussi. La tendance de P vers S est en raison inverse du carré des distances : la résistance l'est aussi.
En un mot, la résistance, an mouvement de P, rapportée à l'unité de masse, est la même pour la plus grosse des planètes que pour un atome : elle constitue une force accélératrice négatîTO qui n'est ronction que de la vitesse absolue de P, et dont l'efiet final serait de faire tomber tous les corps du système solaire sur le corps central ou soleil.
Si donc le mouvement des planètes et des satellites ne présente à l'astronome rien qui puisse être attribué légitimement à une résistance, ce n'est pas parce que la masse de ces corps est trop grande, mais c'est parce que cette résistance, rapportée à l'unité de masse, est effectivement nulle.
Et si, contrairement aux faits connus jusqu'ici et bien interprétés, il se trouvait que le mouvement d'une comète nous révèle une résistance , on ne serait plus en droit de l'attribuer & la cause première de l'attraction elle-même.
D'où découle eniin de la manière la plus claire ce que nous voulions démontrer: c'est que l'attraction Newtonlenne ne dérive d'aucun mouvement antérieur d'une katièke invisible , mais qu'elle est l'effet d'une Force proprement dite . existant en dehors de la mahâbb , et au même titre qu'elle, mais différant totalement d'elle par sa nature.
Nous n'avons pas à chercher encore comment l'intelligeoce hufmoioe doit comprendre, ni même si elle pait<K)mpreiDdxe ce principe naturel agissant comme puissance dynamique entre deux points matériels. C'est là le cété sulyectif de la question sur lequel on s^est toujours beaucoup trop arrêté. Nous nous trouvons ici en face d'un fait : que nous le comprenions ou non , cela ne l'empêche pas d'être.
Nous venons , presque sans nous en apercevoir , de parcourir un chemin immense dans le domaine de la philosophie naturelle. Nous avons démontré méte^hysiquement k nôcessUé d? l'existence de
la Force considérée , sous forme générique , comme cause immédiate de mouvement de la Matière , puis nous nous sommes demandé si la Forge doit être considérée comme limitée dans rAtome matériel, ou comme existant hors de lui ; et puis passant de la conception purement générique de Forge à l'étude sévère d'un cas particulier , nous avons reconnu que ce que l'on appelle attraction universelle ne peut être attribué qu'à l'action d'un principe naturel totalement différent de la Matière , se manifestant comme cause de mouvement et de rapprochement des parties matérielles, sans préexistence nécessaire d'un mouvement quelconque. Ce principe rentre dans la définition, que nous avons reconnue comme seule valable, de la Forge : je l'appellerai désormais Forge gravifique.
Un chemin tout aussi grand nous reste encore à faire cependant. Une seule question va nous en montrer toutes les longueurs, toutes les difficultés, je dirais presque, tout YescarpemenU
La Forge gravifique est-elle la seule Forge proprement dite
du MONDE INANIMÉ ?
Le calorique , l'électricité dite à l'état statique et à l'état dynamique, la lumière, les principes, en un mot, qu'on a classés en physique sous les noms àHinpondérables, se manifestent à tous moments ou, pour mieux dire, d'une manière continue comme des causes de mouvement de la biatière.
L Ces principes sont-ils des Forces proprement dites, analogues à la Force gravifique ?
n. Ou bien sont^ils des modifications et des manifestations particulières de celle-ci ?
m. Ou bien sont^ils des substances spéciales, différentes de la matière, et tirées du repos par une Force ?