‹ Exposition anatomique de l'organisation du centre nerveux dans les quatre classes d'animaux vertébrésChapitre 10 sur 66 · I.e cor])s pinéal par la manjuc X X · texte numérisé non relu

I.e cor])s pinéal par la manjuc X X

PoissoQS. — Appareil fondameotal.

Appendice pinéal.

rieures de I appareil fondamental , jusqu’à ce qu’elle se termine de la manière suivante.

Dans une grande partie de la classe des poissons elle s’insère en avant sur le premier organe cérébral de matière grise, c’est ce que l’on peut voir dans les pleuronectes [Fleuron, platessa , Fleuron, solea), dans les cyprins [Cyp. tinca, Cyp. carpio), dans les dupées [Clup. harengus), dans les esoces [Esox lucius)^ etc. (pi. 3, 4 et 5 ).

Dans d’autres animaux , chez lesquels le second organe de matière grise est confondu plus ou moins avec le premier organe , cette terminaison antérieure de la lamelle se voit encore manifestement sur ce premier organe : rien n’est plus manifeste que cette insertion antérieure sur les raies et les squales (pl. f>,fig. 58, 60 et 61 ,da").

Sur plusieurs poissons dont l’organisation se rapproche de celle des reptiles, principalement sous le rapport de la position du second organe cérébral de matière grise et de l’insertion antérieure de la lamelle intermédiaire, cette lamelle se termine, par son extrémité cérébrale, dans le deuxième organe cérébral de matière grise, comme on le voit chez les murènes (pl. 5 , fig. 62, 64, 65 , 66, 68 et 69, d, da" db' ) [Murœna conger, M. anguilla) \

Autant donc l’insertion postérieure de cette lamelle sur la matière grise du cervelet est uniforme dans les nombreuses familles qui composent la classe des poissons, autant l’insertion cérébrale est variable et changeante , puisqu’elle se fait dans plusieurs espèces sur le premier organe cérébral de matière grise, et dans d’autres espèces sur le second organe ; ce qui donne au centre nerveux de plusieurs poissons sur lesquels on peut faire cette remarque, une grande analogie d’organisation avee l’encéphale des reptiles ophidiens.

77. Au niveau de l’insertion de la lamelle intermédiaire, soit sur la seconde, soit sur la première masse grise cérébrale, on constate toujours, et sans trouver aucune exception à cette règle générale ,

* Cette disposition se trouve également dans le Perça fluviatilis.

DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX

l’existence d’iiii appendice pinéal (glande pinéale) plus ou moins volumineux, plus ou moins allongé et tellement apparent, qu’il n’est pas permis de le révoquer en doute; aussi doit-on s’étonner que M. Tiedemann ait pu laisser imprimer les phrases suivantes, /. c. , p. 21 7 et suiv. : ((Les poissons n’ont pas de glande pinéale, ou du moins )) je n’en ai rencontré dans aucune espèce dont j’ai disséqué le cer- » veau. » Il est vrai que plus loin on lit ensuite ceci : (( Elle (la glande » pinéale) parait ne pas exister dans les poissons, non plus que dans )) les premiers mois du fœtus humain. »

Il est évident que des études plus attentives et plus prolongées n’eussent point permis à l’illustre anatomiste allemand d’appuyer son système favori sur ces assertions. Des observations moins imparfaites sont cependant très-peu difliciles à entreprendre et à terminer , même avec une médiocre dextérité.

Il est vrai que la constatation de ce corps pinéal a échappé à des hommes dont l’opinion peut excuser la manière de voir systématique de M. Tiedemann. Cuvier, Vicq-D’azyr, Camper, etc., prétendent ne point l’avoir aperçu; cela est certainement très-possible; mais je ne crains pas d’alïirmer, malgré ces imposantes autorités, que cette partie organique existe chez tous les poissons, dans la situation et avec le volume que je lui donne sur les planches ajoutées à cet ouvrage, toutes recueillies en présence de la nature.

78. Ce corps pinéal est en général arrondi à son extrémité supérieure ou libre : cette extrémité est suspendue à la dure-mère par des prolongements vasculaires plus ou moins appréciables; dans les raies, il forme une sorte d’élévation conique creusée d’une cavité, suspendue par son sommet à la voûte du crâne par des artérioles assez volumineuses '.

Malgré ces différences assez rares, le corps pinéal est constamment situé, dans les poissons, immédiatement en arrière de l’insertion antérieure de la lamelle, sur la ligne médiane.

* Dans toiitos les (ipures qui reprt^sentent les encéphales des poissons, et sur tous les autres animaux , ce corps pinéal est indiqué par le signe suivant X X.

Poissons. — Appareil fondamental.

Il s’insère sur l’extrémité antérieure de la lamelle, par un pédicule généralement grêle, dont la délicatesse est assez grande pour qu’une dissection malheureuse puisse le rompre, ce qui arrive constamment, lorsqu’on veut examiner des encéphales trop longtemps après la mort de l’animal, et alors en partie décomposés, ou bien, si on veut les étudier après avoir fait macérer les objets dans l’alcool , car alors les parties deviennent fragiles et se rompent sous le moindre contact.

La longueur de ce corps pinéal, depuis son insertion jusqu’à son extrémité supérieure, est variable : nulle part elle ne m’a paru alfecter une étendue aussi grande que chez le Gadus morrhua.

79. Si l’on fait une section verticale comprenant tout l’encéphale des poissons sur la ligne médiane du corps, on peut vérifier avec facilité toutes les particularités que présente cette lamelle intermédiaire. En faisant dévier l^èrement à droite ou à gauche la ligne que suit la section , il est facile de conserver l’insertion du corps pinéal ; de cette manière on procède sans difficulté à l’examen de l’épaisseur de la lamelle et de sa construction intérieure (pl.3, 4,5, fig. 18, 22,27,31, 35, 39,45, 47,55, 61,65, m ,dda',da’' db>).

Vers ses insertions postérieures et antérieures, cette partie est assez mince pour qu’elle puisse être presque partout transparente. Cette transparence cesse dans tous les points où s’étend la masse grise destinée à l’insertion des nerfs optiques (tubercules optiques). Lorsque ces masses grises s’écartent l’une de l’autre à droite et à gauche , et cette disposition s’aperçoit dans plusieurs poissons {Cyprinus carpio), alors la transparence de la lamelle reparaît aux endroits qui ne sont pas recouverts par ces organes.

80. La constitution de la lamelle intermédiaire résulte de la présence des deux substances nerveuses.

D’une part la matière blanche entre dans sa composition, et se remarque dans toute l’étendue de la lamelle depuis le cervelet, où elle commence , jusqu’à l’organe de matière grise où elle se termine.

A ces deux points extrêmes , les stratifications de matière blanche

DE L’ORGANISATION DU CENTRE NERVEUX

paraissent s’éteindre et disparaître aussitôt qu’elles ont pénétré dans l’épaisseur des masses opposées de substance grise.

Aux endroits où l’on remarque les masses grises qui servent d’insertion aux nerfs optiques (tubercules optiques), les stratifications blanches de la lamelle intermédiaire augmentent de volume ; elles sont alors généralement remarquables par leur épaisseur.

Sur ces stratifications s’étend une certaine quantité de matière grise qui mérite d’étre examinée.

A certains endroits surtout, où la lamelle est transparente, et au lieu d’origine de la quatrième paire, cette substance grise est confusément mêlée à la matière blanche ; mais aux endroits où commenc*ent les origines principales des nerfs optiques, la matière grise est accumulée en quantité plus ou moins considérable.

Cette matière constitue alors des amas régulièrement arrondis à leur surface, situés entre le cervelet et la première masse grise de l’encéphale, placés plus rarement en arrière de la seconde masse grise cérébrale chez les poissons, quoique cela se rencontre aussi {Murœna conger^ M. anguilla). Ces amas sont doubles, l’un à droite, l’autre à gauche.

Jamais le nombre n’en est plus considérable dans la classe d’animaux que nous étudions.

Ils sont toujours séparés par un sillon longitudinal, à l’extrémité antérieure duquel se voit l’insertion du corps pinéal.

Ce sillon, étroit dans la plupart des espèces, est quelquefois trèslarge, comme dans les cyprins; alors les deux masses grises placées à l’insertion des nerfs optiques s’écartent l’uiie de l’autre et s’abaissent en quelque sorte sur les côtés de l’encéphale , en laissant apercevoir, au travers de la transparence de la lamelle, les parties que renferme la cavité ventriculaire.

81. Ces amas de matière grise, si remarquables sur la lamelle intermédiaire, ne sont pas toujours les seuls que l’on rencontre à l’origine des nerfs optiques.

Dans plusieurs poissons {Gadus merlanguSj Gadus morrhua), d’autres petites éminences de matière grise, qui n’appartiennent plus en

voissons. - Appareil aucuDc maïiièrc à la partie qui nous occupe, se laissent apercevoir

tbndamenia]. ^ ^ ^

à la base de Pencéphale , derrière le chiasma des nerfs optiques auxquels ils tiennent (pl. 3, 20, 21, 22, 30,2). Quoi qu’il en puisse être de cette double origine, plus manifeste dans d’autres classes d’animaux, il n’en est pas moins certain que le nerf optique présente, comme beaucoup de nerfs, une accumulation de matière grise très-distincte à son origine , et surtout remarquable en ce que la position de cette masse organique est invariablement fixée sur la région antérieure de la lamelle, endroit où on peut l’observer non-seulement dans les poissons, mais encore dans toutes les classes d’animaux.

Telles sont les parties dont l’ensemble constitue l’appareil fondamental du centre nerveux des poissons, et qui, presqu’à elles seules, servent à le former.

L’appareil tertiaire n’existe point dans cette classe, et ce que l’on voit de l’appareil secondaire n’ajoutera maintenant que peu d’intérêt aux particularités qui viennent d’être exposées. Cependant il ne faut pas négliger l’examen des parties qui rendent manifeste l’existence de cet appareil secondaire , quoique l’espace occupé par lui dans l’encéphale soit aussi restreint que possible.

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