APPAREIL SECONDAIRE DU CENTRE NERVEUX DES POISSONS
Poissons. — Appareil 82. J’ai dit précédemment que,, par leur position, leur direction
secoodaire. ,, •••
et leur terminaison , les fragments de cet appareil paraissaient être destinés à réunir sur la ligne médiane les différentes masses organiques grises de l’appareil fondamental. Nous allons vérifier cette assertion dans la classe des poissons, en faisant remarquer, toutefois, qu’aucune espèce de stratification blanche transversale ne s’étend dans
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l’intorvalle qui sépare, sur la ligne médiane, la plus grande partie des masses grises de l’appareil précédemment étudié.
Les deux parties latérales des masses grises situées à l’extrémité des stratifications postérieures de l’appareil fondamental (cervelet) , ne sont réunies sur la ligne médiane par aucune espèce de commissure transversale.
La troisième .série des organes cérébraux de matière grise placée aiide.ssous des .stratilications antérieures, ne présente rien non plus qui puisse indiquer l’existence des stratifications transversales, s’étendant entre les deux organes opposés et similaires.
La deuxièmesérie des organes gris cérébraux , apparents dans la cavité ventriculaire sur le trajet des stratifications antérieures, est également privée de toute apparence de commissures.
On ne pourrait en dire autant en examinant l’intervalle qui , dans la plupart des poissons, sépare les deux premières masses cérébrales de matière grise. Il est évident qu’on ne saurait parler des poissons chez lesquels l’organe de droite est confondu par une fusion intime avec celui du côté gauche, comme dans les squales et les raies.
Il n’existe de fragments de l’appareil secondaire chez les poissons qu’entre la première série des organes cérébraux de matière grise.
83. Dans beaucoup de poissons, une stratification de matière blanche, très-visible au fond du sillon qui sépare les deux premiers organes cérébraux , paraît former entre eux une commissure. On la distingue fort bien dans le Gadus mori'hua, le Gadus merlangtts (pl. 3, fig. 17 his), les cyprins, et dans une foule d’autres poissons.
D<* chaque côté du corps de l’animal, les extrémités de cette commissure se perdent alors dans l’épaisseur des masses grises placées à droite et à gauche.
Ce fait anatomique, fort intéressant en ce qu’il contredit, comme tant d’autres , la théorie que j’ai déjà combattue , et contre laquelle je réunirai plus d’une fois encore les faits capables de la détruire, prouve que M. Tiedemann a eu fort de dire, /. c., pag. 267 , lig. 18, avec Haller, \ icq d’Azyr et Cuvier, que tous les poissons sont dépourvus
Poissons. — Appareil secondaire.
Cavités ventriculaires des poissons.
de corps calleux, et qu’il n’a pas eu raison de comparer sous ce rapport le cerveau des jeunes fœtus à celui des poissons, dont il diffère totalement en ce point comme en tant d’autres.
Ce fragment de l’appareil secondaire , le seul que l’on puisse étudier ici entre les masses grises cérébelleuses et cérébrales de l’appareil fondamental, est placé en avant du corps pinéal, et par conséquent aussi en avant de l’extrémité antérieure de la lamelle intermédiaire.
Quelquefois on peut , lorsqu’on étudie avec attention les parties placées sous l’eau, découvrir, entre le bord postérieur de cette commissure et le bord antérieur de la lamelle , un petit pertuis ou une petite fente, par laquelle on peut pénétrer dans une cavité ventriculaire, placée au centre de chacune des deux premières masses grises cérébrales.
Un seul fragment de l’appareil secondaire existe donc dans les poissons, entre les parties de l’appareil fondamental contenues dans la cavité du crâne.
On aperçoit de plus , dans plusieurs de ces animaux, quelques bandes transversales de matière blanche, étendues de droite à gauche entre les accumulations de substance grise qui s’élèvent en arrière et en haut de la moelle épinière, à l’origine des nerfs de la huitième et quelquefois de la cinquième paire.
On peut rencontrer ces commissures entre les amas de matière grise situés à l’origine des nerfs qui émanent de la région supérieure de la moelle épinière, dans les trigles, les cyprins et dans les poissons que renferment les genres Gadus et Pleuronectes. De chaque côté du corps, elles se perdent dans les tubercules grisâtres qu’elles sont destinées à réunir.
84. Pour compléter la description de l’ensemble du centre nerveux des poissons , je vais exposer la disposition que présentent les cavités ventriculaires développées dans l’épaisseur de ces portions encéphaliques.
Ces cavités s’étendent, dans le crâne, entre les deux extrémités cérébrales et cérébelleuses de l’appareil fondamental. Dans l’intervalle qui sépare l’une de ces portions de l’autre, elles ne sont plus recou-
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vertes que par la lamelle intermédiaire, qui sert alors de voûte au ventricule en avant du cervelet.
En arrière, il est possible que la cavité ventriculaire se prolonge dans toute l’étendue* de la moelle épinière, par sa continuation avec le canal que j’ai décrit au centre de la colonne de matière grise rachidienne; mais cette continuité n’est que probable; car il m’a toujours été impossible de la démontrer avec évidence , même avec le secours d’un liquide coloré injecté dans les parties.
Depuis l’endroit où cesse ce canal médullaire jusqu’à l’extrémité la plus antérieure, la cavité ventriculaire offre constamment à peu près les rapports suivants :
En haut, d’arrière en avant ,elle est successivement recouverte par la face inférieure du cervelet, par l’insertion postérieure de la lamelle intermédiaire, et par la superficie inférieure de cette lamelle jusqu’à son insertion antérieure (pl. 3, 4, 5, fig. 18, 22 , 27, 31, 35, 39, 43 , 47, 55 , 6 1 , 65 , 69, d , db', dd, dd' ).
En bas , également d’arrière en avant, le plancher de la cavité est constitué d’abord , par l’extrémité supérieure plus ou moins modifiée des portions latérales de la colonne grise de la moelle épinière , puis par la face postérieure des stratifications intracrâniennes antérieures ou cérébrales de l’appareil fondamental , enfin par le second organe cérébral de matière grise dans la plupart des poissons, hors les exceptions que j’ai signalées à l’occasion de ce deuxième organe , et plus en avant par une légère couche de substance blanche qui sépare la cavité ventriculaire d’avec le chiasma des nerfs optiques (pl. 3,4,5, fig. 18, 22, 27, 31,35,39, 43, 47, 55,61,65,69, x
En arrière de ce chiasma , et ordinairement entre les deux secondes masses organiques placées dans le ventricule, cette cavité se prolonge, par un entonnoir à peu près verticalement placé, jusqu’à un corps ‘ ou appendice très-vasculaire saillant inférieurement, et composé de substance nerveuse comme l’appendice pinéal (pl. 3, 4, fig- 16,
* Ce corps est indi(]iié dans toutes les figures des planches par le signe X • .
Depuis le ventricule jusqu’à cet appendice (tige pituitaire), l’infundibulum sépare successivement les parties droites et gauches des stratifications cérébrales sur la ligne médiane, et il se continue de même entre l’une et l’autre des troisièmes masses cérébrales de matière grise placées au-dessous et à la base de l’encéphale.
Les dimensions de ces ventricules, en longueur, paraissent variables, et toujours relatives dans les poissons, à l’étendue en largeur, en hauteur et en longueur, au volume des parties intracrâniennes de l’appareil fondamental.
85. Examinons, en terminant ces études anatomiques des animaux qui composent la classe nombreuse des poissons, l’opinion émise par M. Tiedemann au sujet de l’analogie qui rapproche le centre nerveux des fœtus humains du centre nerveux des diverses familles de poissons que l’on connaît le mieux \ Prenons en particulier quelques-unes des assertions contenues dans l’ouvrage entrepris par ce savant pour soutenir sa doctrine, et cherchons à les analyser isolément.
Fixons d’abord notre attention sur la moelle épinière. « Pendant )) la durée du premier mois, et au commencement du second, la moelle )) épinière (des embryons humains) a la forme d’un canal membra- » neux qui contient un fluide limpide et transparent. Vers la fin du » second mois, ce fluide est converti en une masse molle et pultacée )) semblable à du blanc d’œuf ^ ; ce n’est qu’au début du quatrième » mois qu’on commence à apercevoir, sur sa face antérieure, de » petites fibres disposées parallèlement les unes aux autres , et qui )) suivent une direction longitudinale » Telle est la description de la moelle épinière de l’embryon humain , qui certes , considérée seulement dans la substance blanche, est loin d’avoir jusqu’au quatrième mois de la gestation la moindre analogie avec le prolongement
* Anatomie du cerveau, trad. par Jourdan. Paris 1823.
- L. c., p. 425 et 126.
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rachidien de quelque poisson que ce soit, parmi ceux qui sont étudiés dans cet ouvrage.
8(j. On ne voit pas d’analogie mieux prononcée entre la substance grise de ce prolongement dans les poissons et dans l’embryon de l’homme ; je ne pense pas qu’un seul anatomiste ait pu démontrer l’existence de cette substance dans l’intérieur de l’organe avant la fin du quatrième mois, non peut-être qu’elle ne puisse exister alors; mais certainement, rien encore ne la sépare de la matière blanche ' , et ne la rend appréciable.
Cependant, supposé même qu’elle dût exister sans être manifeste par sa coloration spéciale , cette matière ne forme aucune espèce de tubercules simples ou multipliés dans aucun des points de la continuité de la colonne qu’elle constitue alors, a En l’examinant dès » son principe, on n’y voit rien qui soit susceptible d’être comparé à » des ganglions ou à des renflements »
Dans les poissons, au contraire, les tubercules formés par la substance grise de la moelle épinière sont trop évidents pour avoir échappé aux anatomistes, et M. Tiedemann lui-même en reconnaît nettement l’existence et les décrit avec précision
Ici pas plus d’analogie que dans le cas précédent.
Je ne reviens pas sur le canal de la moelle épinière dont il a déjà été question, et je passe à l’examen des autres parties du centre cérébro-spinal.
87. (( Le degré d’évolution auquel nous trouvons le cervelet dans le » fœtus de trois mois , est celui qu’on observe durant toute la vie dans » les poissons osseux, beaucoup de poissons cartilagineux etc. » Cette proposition générale n’est pas plus e.\acte que les précédentes, et il peut être permis de croire qu’elle n’a été produite qu’après un examen superficiel de la nature. Car jusqu’à la fin du second mois le
' J.-F. Meckel, Manuel iCanatomie, trad. par Jourdan. Tom. Il, p. 716; in-S®.
■* TuMlomaim, Anatomie du cerveau, p. loi, lig. 35, lig. îî3.
* Tiedemann, l. c., p. 175.
cervelet de l’embryon humain est fluide ‘ , et à trois mois seulement il est possible d’en reconnaître l’existence. Mais rien encore n’indique la séparation des deux substances; plus tard, il est vrai, on s’aperçoit qu’il est large de trois lignes environ , mais on ne reeonnaît aucun sillon à sa surface, et sa coloration est uniforme.
Il en est autrement dans les poissons, la séparation des deux substances dans l’intérieur du même organe est parfaitement délimitée , le cervelet chez ces animaux est, dans sa plus grande partie, constitué par la matière grise. Sa surface, variable , peut offrir des sillons manifestes dans plusieurs espèces, dans les raies et les squales entre autres ; sa largeur n’est constante dans aucune des familles , et il n’en existe pas un grand nombre dans lesquelles elle puisse être absolument la même.
L’analogie ne se reconnaît donc pas non plus d’une manière palpable dans ce cas particulier. Cherchons au moins à savoir s’il est possible de la distinguer plus exactement dans les parties qui avoisinent le cervelet.
88. (( La protubérance annulaire et la valvule de Tarin manquent )) également dans les fœtus humains de trois mois ^ « comme dans les poissons. Je ne suppose pas que l’on veuille attacher une grande importance à des parties de l’encéphale aussi insignifiantes que celles auxquelles Tarin a donné son nom, et je passe au premier de ces deux faits plus digne d’être envisagé que le second.
Il n’y a pas , selon M. Tiedemann , de protubérance annulaire dans les embryons de trois mois , cette partie n’existe point dans la classe des poissons; done, l’analogie rapproche de ce côté l’homme et la bête. Mais, jusqu’à la fin du second mois de la gestation, l’encéphale humain est fluide % il est alors impossible de s’autoriser d’une macération dans l’alcool pour soutenir la valeur d’un fait anatomique aussi délicat, et il doit être pour le moins considéré comme douteux, tant
’ L. c., p. 158, 1. 20 et suiv.
* L. c., p. 172, 1. 16 et suiv.
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qu’une préparation à l’abri de tout reproche ne peut le présenter dans toute son évidence.
Nous avons vu déjà ce qu’il fallait penser du prétendu défaut de corps pinéal dans les poissons : aussi je nie contenterai d’ajouter seulement quelques considérations rapides à celles que je viens de produire.
89. L’analogie ne saurait être cherchée entre les tubercules optiques des poissons et ces mêmes organes dans l’embryon de trois mois, puisque , suivant M. Tiedemann, (( c’est à sept mois seulement » (dans l’homme) qu’on commence à apercevoir les éminences nates » et testes ' . »
Elle ne saurait être, à mon avis, rencontrée que dans le nombre des masses organiques encéphaliques , placées aux extrémités des stratifications antérieures et postérieures de l’appareil fondamental. Mais cette espèce d’analogie que je démontrerai , je l’espère, constamment dans tout le courant de cet ouvrage, ne conduit point aux idées générales admises par le célèbre anatomiste allemand, et, loin de les confirmer, elle tend au contraire à les détruire dans l’ensemble et dans leurs détails.
Le nombre de ces masses encéphaliques de matière grise est, il est vrai, le même dans l’embryon humain et dans le poisson.
Mais la position de la plupart d’entre elles, leurs formes, leurs rapports, soit avec l’extrémité antérieure de la lamelle intermédiaire, soit avec l’appareil secondaire, sont différents, et nulle ressemblance précise ne se remarque jamais dans les deux classes à aucun de ces points de vue.
Nous reviendrons plus loin sur cette assertion générale , en lui donnant de nouveaux développements. Mais, en attendant, cherchons à apprécier , si de l’étude de l’embryon humain de trois mois comparée à l’étude des poissons se déduirait quelque fait capable de la détruire et d’appuyer en même temps la théorie contre laquelle je m’élève.
90. A l’âge embryonnaire de trois mois , les trois masses organiques de matière grise du cerveau de l’homme , et la masse grise du cervelet, occupent la place qu’elles n’abandonneront jamais pendant toute la durée de la vie. Et cette position est loin d’étre celle que nous avons observée dans le second et dans le troisième organe cérébral de matière grise chez les poissons. Partant, à ce point de vue, aucune autre analogie que celle du nombre ne peut être établie entre des parties dont le siège est différent.
91. Les formes de ces organes de matière grise, quoique très-difficilement appréciables dans les embryons âgés de trois mois, peuvent cependant laisser assez bien reconnaître des caractères qui les éloigent entièrement de ceux que possèdent les mêmes organes dans les poissons.
M. Tiedemann assure ‘ qu’il est évident que les hémisphères du cerveau constituent dans le principe une membrane mince et médullaire réfléchie de dehors en dedans , et de derrière en avant. Si ce savant veut uniquement comparer la substance blanche des hémisphères cérébraux de l’embryon humain à la substance blanche qui s’étend jusque vers l’extrémité antérieure du cerveau du poisson, il compare deux objets, qui , loin de se ressembler, diffèrent «beaucoup par leur volume, quoiqu’ils dérivent, dans les deux espèces, des stratifications antérieures de l’appareil fondamental. Si, au contraire, c’est la substance grise dont il veut parler, il me semble qu’il lui est impossible de mettre en regard des masses globuleuses de substance grise placées en première ligne dans le cerveau des poissons, avec la substance grise de la superficie des hémisphères du cerveau de l’embryon humain de trois mois, puisque cette substance ne peut être reconnue dans l’encéphale de l’homme avant le quatrième mois de la vie intra-utérine.
Si l’on admet, ce que paraissent penser plusieurs anatomistes, que le centre nerveux commence par être entièrement formé par la matière grise; dans ce cas, il est encore moins possible, pendant la durée
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de la vie fœtale, de rassiiiiiler au centre nerveux des poissons ou de tout autre animal.
92. En considérant les rapports variables que j’ai signalés entre l’insertion antérieure de la lamelle intermédiaire et les organes cérébraux de la seconde et de la troisième série dans les poissons, on est encore conduit à penser qu’aucune analogie précise ne pourra résulter de la comparaison de l’encéphale humain du troisième mois de la gestation et de l’encéphale du poisson, tant qu’on n’aura point démontré que les mêmes variations remarquables dans l’insertion de l’extrémité antérieure de la lamelle intermédiaire, en vertu du changement de situation du second organe cérébral , ne s’opèrent point également dans le cerveau de l’embryon de l’homme.
93. Le rapport des divers fragments de l’appareil secondaire avec les organes cérébraux de matière grise, comparé dans l’embryon humain et dans les poissons, n’est pas le même; de ce côté aucune analogie ne se présente entre les deux classes. La seconde et la troisième série des organes cérébraux de matière grise des poissons ne sont réunies par aucune espèce de commissure, tandis que la couche optique et le corps strié ( 3® et 2® organes cérébraux de matière grise, wt/rf) sont, au troisième mois de la vie fœtale, rattachés par des commissures très-apparentes sur la ligne médiane aux organes similaires situés sur le côté opposé du corps *.
94. 11 est également dit dans l’intéressant ouvrage de M. Tiedemann, que les poissons, les reptiles et les oiseaux sont dépourvus de corps calleux, de même que les jeunes fœtus humains % et il résulte de cette opinion, que, lorsque ce corps calleux ne se développe point dans l’espèce humaine, l’encéphale s’arrête alors en partie à quelques-uns des degrés d’évolution dont il devrait parcourir la série successive
’ Tiedemann, Anal, du eerv., p. 209, lig. i9. « La commissure postérieure commence à deve-
■ nir visible ver& la lin du troisième mois. » Pag. 229, lig. 8. « Je n’ai commencé à apercevoir la
■ commissure antérieure qu'au troisième mois. »
• L. c., p. 207, lig. 10.
’ L. c., p. 209, lig. 5.
Je ferai d’abord observer , d’après mes dissections , qu’un fragment de l’appareil secondaire, contenant une commissure ou une apparence de corps calleux, est étendu, dans beaucoup de poissons, entre les deux premières masses cérébrales de matière grise, de même que chez l’homme adulte, et que, parmi les animaux de la même classe qui n’offrent pas ce fragment ou cette commisssure , les organes cérébraux de la première série sont confondus comme je l’ai indiqué dans les squales et dans les raies. De sorte que, le savant observateur allemand se trompe, à mon avis, en ce qui concerne les poissons; il leur refuse ce que la nature leur a donné. J’ose en conséquence assurer, qu’ici l’analogie entre l’homme et le poisson n’est pas plus nette que dans les cas que j’ai successivement examinés.
Il me semble évident que cette considération de la commissure qui réunit dans les poissons les deux premiers organes de matière grise, doit gêner singulièrement la doctrine des phases successives ; car nous verrons plus loin ce fragment de l’appareil, très-apparent aussi dans les reptiles malgré l’assertion opposée, disparaître entièrement dans la classe des oiseaux , pour être de nouveau manifeste dans la classe des mammifères et dans l’homme, chez lesquels on l’étudie d’ordinaire sous le nom de corps calleux.
95. Je n’insiste pas du reste davantage sur cette discussion, parce que je pense avoir suffisamment démontré que, pendant la vie intrautérine, le centre nerveux de l’homme ne ressemble point au centre nerveux du poisson; et, dans les chapitres suivants, il me sera, j’espère, possible de faire voir également, que l’examen des autres classes d’animaux vertébrés conduit, tout aussi bien que l’étude des poissons, à faire repousser, comme dénuée de preuves , une théorie brillante au premier coup d’œil, mais malheureusement très-pauvre, lorsqu’on la place en regard des faits que laisse apercevoir la nature.
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