‹ Exposition arrégée [!] et populaire de la philosophie et de la religion positives [microform]Chapitre 20 sur 59 · LA PHILOSOPHIE BIATBKKI.LE. W · texte numérisé non relu

LA PHILOSOPHIE BIATBKKI.LE. W

poM nécemlrement sur la première. q«!, au contraire, dan» ses élémenta les plus essentiels, en est indépendante La même règle suffit à établir un ordre rationnel entre les études relatives k l'une et M'autre vie. en plaçant toujours après les autres l'étude dont le sujet propre devient plus spécial , plus compliqué, et qui. par cela même, dépend des précédentes. De cette manière, la théorie des organes et des fonctions les plus élevées de Thomme termine le système biologique; et les moyens s'accumulent graduellement à mesure que les difficultés s'accroissent, comme il doit être dans toute judicieuse organisation des recherches scientifiques.

§ s. — Analomie générale ou biolomle.

L'anatomie générale ou, mieux, abstraite, point de départ de toute la biologie positive, est le résultat d'une double conception fondamentale. La première est lextenslon de I analyse anatomique à tous les organismes par suite des travaux de Daubenton et de Vicq-d'Asyr; travaux dont 1 innuence régénératrice fut propagée et accélérée par les leçons et les écrits de Cuvier. La seconde , due au génie de Bichat, est la décomposition de lorganisme en ses tissus élémen-

tairps*

DO ces deux Idées mères, résulte l'anatomie scientifique, homogène et complète, caractérisée par la combinaison de la méthode comparative avec la notion fondamentale de la décomposition des organes en tissus. Ces derniers sont eux. mêmes composés d'éléments anatomiques, existant tout formés dans les humeurs, qui doivent contenir tous les rudiments des tissus, et, par suite, des organes. Enfin, entre 1 idée de tissu et celle dorgane proprement dite, BlainviUe a intercalé une nouvelle abstraction anatomique qui consiste dans la notion de parenchyme. Elle se rapporte à la pure composition, c est i-dire à la combinaison d'éléments qui constitue chaque parenchyme existent, et abstraction faite de

W Mtllilll PARTIE.

Il considération de forme déterminée, qui défient au contraire rattribut caracténstlqne de l'idée d'organe. Tel doit donc être en résumé l'ordre graduel et définitif des divers degrés delà spéculation anatomique, suivant leur enchaînemenl et lenr complication croissante : d'abord Nlément maiomiqm, destiné à représenter l'harmonie nécessaire entre les solides et les fluides; puis le ihsu, qui détermine la struc- Inre fondamentale; en troisième lieu le parenchme, qui ixe la compoMtion anatomique essentielle; ensuite Cùrgane, où l'on enflsage surtout la forme spéciale que prend cliaquJ parenchyme conformément à sa destination; et enfin riï/>iwreil, où domine la considération nouvelle de la disposition ■réciproque des organes constituants.

lelttivemeit à la fixation des éléments anatomiques, il y a préalablement à lever nne première difficulté consistant dans lenr séparation des simples produits de l'organisme. La fie étant caractérisée par le double mouvement continu d'absorption et d^exhalation, due à l'action réciproque de l'organisme et du milieu, lien résulte quà un instant quelconque de sa durée, tout corps vivant doit présenter, dans ■a stnicture et sa composition, deux ordres de principes trèsdifférents : les matières absorbées, à l'état d'assimilation ; les matières exhalées, à lélat de séparation. Les corps absorïjés constituent seuls évidemment les matériaux de l'organisme; et les substances exhalées, soit solides soit fluides, lui sont devenues, après leur séparation, réellement étrangères. Telle est la source de la grande distinction entre les éléments anatoinlques et les produits de Forganisation; et tel en m% être le vrai principe. Cette distinction peut d'ailleurs, en certalna cas, présenter de véritables difficultés ; ainsi, par exempte, quand les prodoits, comme la salive, le suc gastrique, la l)ie,aontsu8€eptlUes de rentrer, au moins en partie tiâii rorgaBlame, on peut difficilement fixer avec précision le vrai motneot où Ils cessent d'être de simples produits pour

LA PflILOSOPHIE NATURELLE. 2^9

se transformer en véritables -éléments; c'est-à-dire où Ils passent de l'état inorganique à l'état organique, de la mort

à la vie.

Mais quelle que soit l'importance de la fixation des éléments, l'anatomie des tissus reste la base réelle de tout le système anatomique. D'après l'excessive complication de l'organisme humain, en se bornant, comme fitBichat, à la seule considération de l'homme, la nature caractéristique des différents tissus, et surtout leui's vraies relations générales, devaient rester essentiellement méconnues. La méthode comparative seule a pu fournir le principe de la classification rationnelle des divers tissus , d'après leur filiation anatomique.

Par un premier examen de l'échelle biologique, on reconnaît d'abord, que le tissu cellulaire forme la trame essentielle et primitive de tout l'organisme, puisqu'il est le seul qui se retrouve constamment à tous les degrés. Pour compléter cette conception fondamentale, il y avait donc à déterminer suivant quelle loi le tissu primordial se modifie peu à peu pour engendrer successivement tous les autres, avec les divers attributs qui d'abord empêchaient d'en apercevoir l'origine commune. C'est ce que l'anatomie comparée a commencé à faire en regardant toujours les tissus secondaires, comme plus éloignés du tissu générateur à mesure que leur première apparition se manifeste dans des organismes plus spéciaux et plus élevés.

Ces modifications du tissu fondamental sont de deux sortes : les unes, plus communes et moins profondes, se bornent essentiellement à la simple structure; les autres, plus intimes et plus spéciales, atteignent la composition elle-même.

Bans le premier ordre, la transformation la plus directe et la plus répandue donne naissance au tissu dermeux proprement dit, qui constitue le fond nécessaire de l'enveloppe organique générale, soit extérieure soit intérieure, l ne condeu-

*'^ DHÎIlfeUg fAlTIK,

•itlOB CTOteante, et plos ou moiiis également répartie du tisgu génértteur, détermine, à partir du derme proprement dit, et à un degré plus élevé de la série organique, trois tissus distincts mais inséparables, qui servent, soit d'enveloppe protectrice aux organes nerveux, soit d'auxiliaires à Tappareli locomoteur : ce sont les tissus fibreux , cartilagineux et osfeux, dits sciéreu:i: par II. Ijinrent. En réalité', les différents degrés de la consolidation tiennent essentiellement ici ai dépôt dans le résean celluleiw d une substance hétérogène, soit organique soit inorganique, dont 1 extraction ne laisae lueun doute sur la véritable nature du tissu. Par une dernière condensation, le tissu fondamental, devenant plus compacte, sans s'encroûter de matière étrangère , donne alors le tissu séreux, ou mieux kpsteux, dont la destination propre consiste , soit à s interposer entre les divers organes mobiles , soit surtout à contenir des liquides stagnants ou circulants.

Le second ordre général de transformation du tissu primitif donne lieu aux deux sortes de tissus secondaires qui distinguent le plus profondément l'organisme animal. Ce sont les tissus musculaire et nerveux, qui doivent sans doute se manifester au même degré de l'échelle biologique. Pour chacun d'eux, la modification principale est surtout caractérisée par 1 intime combinaison du tissu fondamental avec un élément organique spécial , demi-solide et éminemment vivant, qui, dans le premier cas a reçu depuis longtemps le nom de fibrine et que, dans le second cas, Blain ville a proposé d'appeler ncurine.

Telle est, en aperçu, la filiation des tissus élémentaires dont l'étude approfondie constitue le miel essentiel de l'analyse anatomique. Quant aux lois de composition suivant lesquelles doit s'effectuer le passage rationnel de cette étude à celle du parenchyme, de celle-ci à la théorie des organes, et enfin à l'étude des appareils, qui est le terme de la synthèse anatomique et la préparation immédiate à l'analyse physiolo-

LA PUILOSOPUIB MATUH£LLK.

giquej ces lois ne sont encore que trop imparfaitement connues, pour que l'examen de ce qui est su à cet égard puisse trouver place ici.

§ 3«— Aiialomie camparée ou biolaxie.

A l'analyse statique des corps vivants doit succéder, en biologie rationnelle, la disposition de tous les organismes en une seule série , qui sert ensuite de base à l'ensemble des spéculations biologiques. Cette série résulte d'une double constructiou : la formation des groupes naturels, et ensuite leur coordination hiérarchique. La première consiste proprement à siiisir, entre des espèces plus ou moins nombreuses, un tel ensemble d'analogies essentielles que, malgré leurs différences, les êtres appartenant à une même catégorie soient toujours plus semblables entre eux qu'à aucun autre de ceux qui n'en font pas partie. L'établissement de la liiérarchie des groupes , consiste ensuite à délinir nettement les notions de genre, de famille, de classe, etc., qui doivent indiquer différentes sortes de décompositions, constamment effectuées suivant des modifications du principe même qui a dirigé la formation de la série générale. Il en résulte alors que la position assignée à chaque organisme fait aussitôt ressortir l'ensemble de sa nature anatomique et physiologique, comparativement soit à ceux qui le précèdent, soit à ceux qui le suivent.

La méthode naturelle est donc principalement caractérisée par l'établissement de la hiérarchie organique. En résultat de l'ensemble des études biologiques, 11 est actuellement certain que les espèces animales, considérées au point de vue statique, offrent une complication organique toujorn-s croissante, soit quant à la diversité, à la multiplicité et à la ■pécialité de leurs éléments anatomiques, soit quant à la composition et à la variété de plus en plus grande de leurs organes et de leurs appareils. En second lieu, cet ordre, au point de vue dynamique, correspond à une vie tou-

îtô!! BEDllÈMÉ PARTIE.

jonrs plus complexe et plus actife, composée de fonctions plus nomlweuses, plus variées et mieux définies. L'être vifant défient alors de plus en plus modifiable, en même temps cfu'il exerce sur le monde extérieur une action de plus en plus étendua Ouelles que puissent être les dlflicultés de la réalisation, de là résulte, en principe, la possibilité de disposer les espèces vivantes dans un tel ordre, que l'une quelconque d'entre elles soit constamment inférieure à toutes celles qui la précèdent et constamment supérieure à toutes

celles qui la suivent, .^

Dans la construction de la série animale, fimportance des divers caractères taxinomiques doit être mesurée par la relation plus ou moins intiuie des organes correspondants avec les pMnomènes qui constituent les attributs prépondérants des espèces considérées. De là résulte la nécessité rationnelle de la traduction définitive des caractères intérieurs en caractères extérieurs. En effet, r'animalité est principalement caractérisée par l'action sur le monde extérieur et la réaction correspondante ; et c'est évidemment à la surface de séparation entre l'organisme et le milieu, que doivent se passer les phénomènes de la vie animale qui sont le point de départ ou les aboutissants, la fin de^ autres : tels sont les sensations et les mouvements. Ainsi, les principales différences relatives à cette enveloppe, envisagée quaot à sa forme, à sa consistance, etc., doivent distinguer essentiellement les unes des autres, les diverses espèces animales. Les organes intérieurs privés de toute relation avec le milieu ambiant , n'ayant généralement d'importance capitale que quant aux phénomènes végétatifs, les caractères tirés de leur considération ne doivent être admis en anatomie comparée que comme une ressource provisoire, destinée à suppléer momentanément à riusuffisance des caractères extérieurs. Et peii-il être convenable que, pour assigner le genre et la famille d'un animal , II soit indispensable de commencer par le détruire, ainsi que

hà PHILOSOPHIE NATURELLE. 253

l'exigent encore tant de classifications zoologiques, littéralement interprétées ?

Telle est donc l'analyse de la méthode naturelle en ellemême; il faut actuellement l'appliquer à la coordination rationnelle des principaux groupes de la série biologique.

Le monde organique se divise d'abord en deux règnes principaux, l'un animal, l'autre végétal, et là plus qu'ailleurs la série présente une discontinuité réelle. A mesure qu'on a approfondi davantage l'étude des animaux Inférieurs, on a reconnu de plus en plus que la locomotion, et un degré correspondant de sensibilité, constituaient les caractères essentiels de l'ensemble du règne animal. Des rudiments très-appréciables de système nerveux ont été constatés chez un certain nombre de radiaires, ce qui doit y faire présumer des fibres musculaires. Enfin la contractilité et la sensibilité paraissent persister encore plus que l'existence d'un canal digestif communément regardé comme le principal des caractères distinctifs des animaux.

Le règne animal comportant une bien plus parfaite application que le règne végétal de la théorie taxinomique, c'est surtout lui que nous devons considérer. La science moderne ayant substitué aux considérations irrationnelles de séjour, de mode d'alimentation, etc., qui durent naturellement être d'abord admises, celle de l'organisme plus ou moins compliqué, plus ou moins parfait, en un mot celle du degré de dignité animale, et ayant pu, par suite de la décomposition de la vie en animale et végétative, en déterminer l'ordre d'importance des différents organes; on reconnut que, le système nerveux constituant Téiément le plus animal, c'était surtout d'après lui que la classification devait être dirigée. Les caractères tirés d'autres systèmes n'ont plus été regardés que comme devant être seulement employés lorsque ceux qui sont tirés de ce système deviennent Insuffisants pour établir les subdivisions secondaire??. Entro

lotis les trafaui nologiques faits dans cette direction, c'est la classification de BlainflUe qui i préseûté la plus parfkite appicallon de la métliode naturelle à la construction de la hiérarchie animale.

L*lnnovatidn qui la distingue consiste dans Titoportanee tminoitiitiue qu'elle attribue à la disposition générale de l%ttreloppe animale, si propre à fournir le principe de la prenllère séparation hitioiinelle» puisque la symétrie con< stitue, comme Biebat Fa établi , le caractère le plus simple et le plus universel de Forganisme animal. En écartent donc les^ animaux amorphes, ou plutôt non symétriques, s'il en existe, et rtduisant le règne aiiImM aux seuls êtres réguliers, 011 f distingue d'abord deux espèces de symétrie, dont la plus parfaite est relatife à un plan, et Fautre à un point ou plutèt à un aie. M là résulte la première classification d.e8 animaux en pairs et en rayonnes, ou en ariiùtmires et en actimzmires^ suivant la nomenclature systématique de Blalnfille. Envisageant désormais le seul ordre des artiozoaires, il se divise natiMiement d'après la consistance de Fenveloppe suif ant qu'elle est dure ou molle, ce qui doit la rendre plus ou moins propre à la locomotion. Les deux attributs essentiels de Fanimalité, la locomotion et les sensations, établissant , entre ces deux cas , des difl'érences profondes et incontestables, à la fois anatomiques et physiologiques, qui concourent toutes à présenter les animaux inarticulés comme nécessairement inférieurs aux animaux articulés. Ces derniers sont ensuite divisés en deux grandes classes suivant qu'ils sont articulés Intérieurement sous Fenveloppe cutanée par un Véritable squelette osseux, ou même cartilagineux chez les derniers d'entre eux ; ou que l'articulation est au contraire simplement extérieure, par suite de la consolidation plus prononcée de certaines parties cornées de Fenfeloppe, alternant avec des parties molles. On conçoit aisément à prhri Finfériorîté relative et jamais contestée de

cette seconde organisation animale, surtout quant aux fonctions les plus élevées, celles du système nerveux. 11 est remarquable que le moindre développement de ce système coïncide toujours alors avec une différence fondamentale dans la position de sa partie centrale, qui, constamment supérieure au canal digestif chez les animaux vertébrés, passe au-dessous de ce canal chez tous ceux à articulation extérieure.

Telle est, par une première analyse zoologique, la hiérarchie rationnelle des principaux organismes propres à la partie supérieure de la série animale, et qui y constitue les trois grandes classes des oslèozoaires , ou vertébrés proprement dits, des entomozoaires ou articulés extérieurement, et enfin des matacozoaires , ou mollusques. Considérant en dernier lieu la division des ostéozoaires, on voit que la dégradation animale qui, à partir de l'homme, se manifeste chez les mammifères, les oiseaux, les reptiles, les amphibiens et les poissons, s'y trouve toujours fidèlement traduite par la simple considération d'une surface cutanée recouverte de poils, de plumes ou d'écaillés. Cette prééminence de Fenveloppe au point de vue taxinomique n'est pas moins prononcée dans l'ordre des entomozoaires, où le décroissement successif de Fanimalité se trouve exactement mesuré par la seule considération du nombre croissant de paires d'appendices locomoteurs, depuis les hexapodes jusqu'aux myriapodes, et même jusqu'aux apodes, qui en constituent Fextrémité la plus inférieure.

Cette application de la méthode naturelle à Fétablissement de la hiérarchie animale, qui ne peut être ici poursuivie davantage, suffit pour expliquer les conceptions abstraites d'abord exposées relativement au génie fondamental de cette méthode. Quant au règne végétal, l'ensemble des principes établis démontre aisément que la méthode naturelle ne saurait y comporter jamais une perfection comparable à celle dont le

ÎM

niciiiiiB piiTiE.

fègne animal est 8ii8eei»tible, même dans ses derniers degrés. Les familles végélales peuvent être regardées aujourd'lini comme établies d*iine manière satîsraisante ; mais la coor- •dliation en reste presque entièrement arbitraire, faute d*un principe hiérarchique qui puisse les subordonner rationnellement les unes aux autres. Jm seul commencement de coordination qu'on soit encore parvenu à établir, se réduit au classement des végétaux suivant l'existence ou l'absence de feuilles séminales ; et pour le premier cas, suivant qu'ils en olrent plusieurs ou une seule. le passage successif des rfîcotylédûm aux fmmciHylédom et de ceux-ci aux acotyléému peut, en effet, être regardé comme constituant une sorte de dégradation croissante. Une telle considération a dû surtout prévaloir depuis que la comparaison primitive, fondée sur les organes de la reproduction, a été vérifiée, dans son ensemble, par l'examen des organes de la nutrition. Mais le commencement de hiérarchie qui se trouve ainsi établi , demeure toutefois évidemment insuffisant, puisque les familles très-nombreuses qui composent chacune de ces trois divisions principales, restent disposées entre elles suivant un ordre arbitraire, aussi , vu rimperfection nécessaire de la taxinomie du règne végétal, est-il convenable de le concevoir comme le dernier terme de la série biologique, sans en considérer la décomposition Intérieure, qui, malgré son Importance, ne saurait exercer une Influence capitale sur le perfectionnement des hautes spéculations biologiques, soit statiques soit dynamiques.

§ I. — Physiologie m Uooomie régétativc.

L'analyse de tous les organismes et leur coordination en une seule hiérarchie, fournissent sans doute la base indispensthle de la recherche des lois auxquelles sont assujettis les

phénomènes de la vie ; mais, en elles-mêmes, elles ne constituent qu'un travail préliminaire. Néanmoins cette premlàre

moitié de la science biologique est, par suite de sa moindre complication, la seule aujourd'hui dont le caractère puisse être regardé comme irrévocablement établi. En physiologie, au lieu de pouvoir apprécier des conceptions définitives, comme en anatomie, nous n'avons à examiner que les seules notions de méthode, c'est-à-dire le mode général d'organisation des recherches qui devra conduire ultérieurement à la connaissance des lois qui régissent les phénomènes vitaux.

La grande distinction des vies végétative et animale est la source naturelle de la division de la physiologie, qui est, par suite, elle-même, végétative ou animale : ces deux parties de la science devant évidemment se succéder dans cet ordre.

Le caractère de la biologie positive est de toujours établir une exacte et constante harmonie entre le point de vue statique et le point de vue dynamique, entre les idées d'organisation et les idées de vie, entre la notion de l'agent et celle de l'acte. La vie se décompose habituellement en différentes fonctions, mais il serait impossible de se faire aucune idée claire et rigoureuse de ce que l'on doit entendre par une fonction, si l'on n'en distinguait soigneusement les phénomènes plus composés et très-différents qui résultent de l'ensemble des diverses fonctions ; telle est, par exemple, la production de la chaleur vitale. Cette distinction permet alors à l'analyse physiologique de présenter une marche rationnellement conforme à celle de l'analyse anatomique, dont les principaux degrés sont, comme nous l'avons vu, le tissu, l'organe et l'appareil. L'idée fondamentale de propriété correspond à la notion de tissu; l'idée de fonction, à celle d'organe; et la notion définitive de résultat^ à la considération soit d'un appareil , soit de l'ensemble des appareils. La gradation est donc essentiellement analogue dans les deux ordres de conceptions ; et la comparaison d'un ordre à l'autre rappelle tou-

ISI DtUlliMI PARTIE.

Jours la relatiêi de rtete à l'agent quf oonstitne le fond gé* Béral de toute la philosopWe biologique.

Noos avons reconnu qu*entre les différents tissus il y a sirtont à distinguer un tissu fondamental et générateur, le tissu cellulaire, et deux tissus spéciaux qui résultent de la combinaison anatomique de deux substances caractéristiques, la ibrine et la neurlne, mec la trame primordiale et commune. Les propriétés pbysiologiques doivent donc être aussi divisées en deux groupes essentiels, comprenant, l'un les propriétés générales qui appartiennent à tous les tissus, el qui constituent la fie propre du tissu cellulaire, et l'autre les propriétés spéciales qui en caractérisent physiologiquement les modiications les plus trancbées, c'est-à-dire les tissus musculaire et nerveux. Dans l'état actuel de la science, les propriétés spéciales relatives aux deux tissus secondaires sont les mieux connues : en sorte que, suivant la marche na* tirelle de notre intelligence, le cas le plus tranché est aussi le mieux apprécié. Tous les phénomènes généraux de la vie animale sont aujourd'hui smm unanimement rattachés à l'irrltabilité et à la sensibilité, chacune d*elles étant regardée comme rattribut caractéristique d'un tissu nettement défini. Mais il y a encore confusion et divergence sur les propriétés ginérales qui correspondent à la vie végétative.

Quant aux fonctions proprement dîtes, celles qui appartiennent à cette vie envisagée, dans Fensemble de la hiérarchie biologique, se réduisent essentiellement à deux dont l'antageiisme continu correspond & la déinitlon même de la vie : €• Fabsorption intérieure des matériaux nutritifs puisés dans le syaliiie ambiant, d'où résulte la nutrition ; T l'exhalation, à l'extérieur, des molécules qui se désassîmilent à mesure que cette nuirition s'accomplit L'étude n'en peut même être regardée aujourd'hui comme organisée d'une manière rationelle : car la méllHMie comparative, qui constitue la principle wssourcede la blelonie, n'a pas encore été réellement

Là PHlIiOflPFHIi WATdBELLE. 9|0

introduite dans les recherches relatives à la vie organique, et pourtant elle est plus indispensable K ces recherches et peut aussi s'y appliquer plus complètement qu'à l'étude même de la vie animale, li'organisrae végétal présentant, en effet, dans toute leur simplicité les fonctions dont il s'agit, et dégagées des diverses influences qui les compliquent toujours chez les animaux, ce cas doit être le plus directement propre à dévoiler nettement la partie primordiale de cette sorte de phénomène. Mais d'autre part, si ceux-ci n'ont point été d'abord analysés dans la série des cas intermédiaires, la considération Immédiate et isolée de ce cas extrême ne peut guère en éclairer la théorie générale. Il est évidemment encore plus impossible, au point de vue physiologique que sous le simple aspect anatomique, de passer brusquement de l'organisme humain , point de départ des spéculations biologiques, h l'organisme végétal qui en est le terme, ou réciproque- Hient Si donc Tétude des divers degrés intermédiaires est indispensable pour lier, au point de vue anatomique, les deux cas extrêmes, elle est, à plus forte raison, nécessaire dans les études bien plus difUciles relatives aux recherches physiologiques.

Un tel vice de méthode fait aisément prévoir les imperfections que présente même l'analyse préliminaire des phénor mènes de la vie organique. Ainsi on ignore encore en quoi consiste exactement le fait chimique de la digestion, c'estrà^ dire quels changements essentiels éprouvent, dans les principaux orgaïiismes, les divers matériaux alibiles. Les uns posent en principe Funité du chyle , au moins pour chîique espèce, malgré la diversité des aliments; d'autres, au contraire, se fondant sur des motifs également plausibles, en établissent la variation nécessaire d'après celle des substances assimilîibles. La même imperfection se manifeste, d'une manière encore plus sensible peut-être, à Fégard de la digestion gazeuse ou resilntion, puisque, par suite du peu Caccprd d'analyses.

*® Diuntm PAifii.

lustt bieii exécutées tfailleuw pour sembler mériter la même mmâmm , on ne sait paa aiijourd'hui, nettement et complètement, quelles sont les différences entre Fair inspiré et Pair

expiré. De telles divergences sur les plus simples phénomènes de la vie végétative, font asseas comprendre combien est encore prématurée toute recbercbe relative aux phénomènes essentiels de Fasslmilalion, ou, en sens inverse, de la désasslmllation par les diverses sécrétions.

L'étude des phénomènes plus composés que nous avons reconnu devoir être soigneusement distingués des fonctions sous le nom de résultats, et que produit Faction simultanée des organes, est évidemment bien plus difficile que la précédente, sur laquelle d'ailleurs elle est fondée; elle doit donc être encore moins avancée.

Le résultat le plus Immédiat et le plus essentiel des fonctions organiques, consiste dans Fétat continu de composition et de décomposition simultanées qni caractérise la vie végétative. Or, ni la composition chimique de chaque organisme et le système correspondant d'alimentation, ni, au point de vue inverse, les produits exhalés et Fensemble des. agents: qui les ont primitivement fournis ou successivement modifiés , n'ont été encore comparativement étudiés dans la série des degrés principaux de Féchelle biologique. Aussi , nous ne pouvons spécifier aujourd'hui , avec précision, en quoi consiste le phénomène général de la compositfon et de la décomposlUon perpétuelles de tout organisme. L'action spontanée des corps vivants pour entretenir entre certaines limites leur température à un degré déterminé, malgré les variations thermométriques du milieu ambiant, est an second résultat de Fensemble des fonctions végétatives. Ce grand canctère, qui n'avait d'abord été remarqué que dans les cas les plus prononcés, est aujourd'hui reconnu appartenir Indistinctement, quoique d'une manière très-lnéple, I Ions les organismes : aux végétaux comme aux anl-

maux. Il est clair, en effet, que les fonctions animales ne peuvent influer que sur Factivlté et l'intensité du phénomène, et que la production et la conservation de la chaleur vitale résultent primitivement de Fensemble des actes chimiques qui caractérisent la vie organique. Tout corps vivant est en réalité un véritable foyer plus ou moins durable, et susceptible de maintenir sa température entre certaines limites, malgré les influences extérieures, par une suite nécessaire des phénomènes de composition et de décomposition qui s'y passent. Il en est de même de Fétat électrique des corps vivants, état dont les phénomènes physiologiques ne sont certes pas la cause exclusive ni même première. Dans Fétat présent de l'électrologie générale et surtout de l'électro-chimie , Il est ^ à priori, presque aussi évident pour l'électricité que pour la chaleur, que la suite des actes de composition et de décomposition qui constitue la vie végétative doit nécessairement produire et entretenir, malgré les variations électriques du milieu, une électrisation permanente, et plus ou moins fixe, dans l'organisme où ils s'accomplissent.

Il ne nous reste plus à apprécier que l'étude des deux attributs généraux de la vie fondamentale et universelle , la génération et le développement des corps vivants abou* tissant à la mort.

Dans les derniers degrés de la vie organique, il n'existe pas de génération proprement dite, et la multiplication s'y opère par un simple prolongement de la masse vivante, prolongement qui peut s'effectuer en un point quelconque de cette masse alors presque homogène. Dans ce cas extrême, le phénomène est analogue à toute autre sorte de reproduction du tissu cellulaire primordial. Mais Fanalyse préliminaire du phénomène général est aujourd'hui extrêmement imparfaite dans les organismes assez élevés pour ne pouvoir se reproduire sans le concours de deux appareils plus ou moins spéciaux, qui appartiennent d'ailleurs à un seul individu ou à

ému iidividos distinota. mm m mM, Pappareil mâle doit tolijours opérer, par uoe première nourriture viviûante, une sorte d'éveil iadispensable dans le germe que contient l'appareil femille : or on ne sait même pas en quoi consiste la ilfférence exacte et caractéristique entre les deux états de Fovule immédiatement avant et après l'acte de fécondation.

M doctrine générale du défeloppement organique, malgré de récents et incontestables progrès , est encore plus Imparfaite aujourtfàul que celle de la reproduction. Le système le plus éminemment animal, le système nerveux, a pii être représenté comme apparaissant le premier dans le développemeil des organismes supérieurs. Cette manière devoir, aussi contraire que possible à rétablissement ultérieur de toute conception générale sur le développement, se trouve d'ailleura (puisque le tissu nerveux est la plus extrême et la plus apéoiale transformation du tissu primordial) en opposition directe mm une des lois les plus constantes que présente la phllosopliie biologique : rharmonie entre les principales phases de révolution individuelle et les degrés successifs les mieux caractérisés de la Mérarcàle organique,

Ij^ànaifse du développement doit être évidemment suivie de fétudi Inferi©, à laquelle donne Heu le décrolssement de l'organisme aboutissant à la mort. Un premier aperçu le représente comme résultant de la prépondérance oroiasante du mouvement d'exhalation sur le mouvement d'absorption, d'oà résulte graduellemeiit la consolidation de l'organisme primitivenient presque inide. Mais cette vue sommaire ne peut servir qu'à bien caractériser la vraie nature ie la question en indiquant la direction générale des recherches qu'elle exige. Les considérations relatives à la vie animale ne sauraient être rationnellement introduites dans un tel sujet, mmam dans tous ceux qui ont été précédemment eiamlnés, que lorsque cette doctrine préliminaire aura d'abord été eoni enablement établie.

LA PHÏLQSOPHÏP MApRELLE.

§ 5. — Physiologie ou bionomie animale.

Im phénomènes de la vie végétative ou organique ont leur source dans les propriétés du tissu cellulaire ; ceux de la vie animale ont de même la leur tJaiis les propriétés des tissus musculaire et nerveux. Concevant l'irritabilité et la sensibilité comme inbéreptes à ces deux tissus, et écartant toute vaine recherche sur les causes de ce double point de départ, la théorie positive de l'animalité se borne à comparer entre eux tou§ les phénomènes qui s'y rattachent, afin de découvrir leurs lois effectives; c'est-à-dire, comme à l'égard des autres phénomènes, leurs relations constantes soit de succession, soit de similitude. Et conformément au but de la science, ces lois doivent faire prévoir rationnellement le mode d'action d'un organisme animal donné qui serait placé dan? des circonstances déterminées; ou, réciproquement, quelle disposition animale peut être Induite de tel acte d^animalité.

Si des observations mal instituées ou mal discutées ont fait croire d'abord à Texistence de la sensibilité dans des parties dépourvues de nerfs, une meilleure exploration a démontré, dans presque tous les cas de ce genre , ou que les symptômes de sensibilité, dus à la lésion de quelques nerfs voisins, avalent été mal h propos rapportés à une organe privé de nerfs, ou que le tissu nerveux existait effectivement, quoique difficile à apercevoir. Et de même, les prétendus animaux sans nerfs disparaissent successivement, à mesure que les progrès de l'anatomie comparée disposent h mieux généraliser la notion du système nerveux, et à reconnaître ce système avec plus d'exactitude dans les organisations inférieures. On peut donc et on dpit ériger en axiome la nécessité de nerfs pour un degré quelconque de sensibilité, sauf à traiter les exceptions apparentes comme autant d'anomalies à résoudre par les perfectionnements ultérieurs de l'analyse anatomique.

W OKUIIIme PARTIl.

Oa fera subir uoe transformation analogue aux nofions ordtaairw relatives à rirritabilitô dominée encore par

latliéorlecle BIcial, qui concevait, par exemple, les contractions du cceur comme directement déterminées, indépendamment de toute action nerveuse, par la stimulation immédiate résultant de l'afOux du sang. Mais il est ai|jourd'liuf bien reconnu, surtout depuis les expériences de Legalloix, que rinnervation est tout aussi indispensable à l'irritabilité de ce muscle qu'à celle d'aucun autre ; et, en généra! , que la distinction de Bichat, entre la contractilité organique et la contractilité animale, doit être rejetée. Toute irritabilité est nécessairement animale, c'est-à-dire qu'elle exige une innervation. Ce sujet attend néanmoins encore plusieurs éclaircissements dont les plus importants concernent la distinction que la théorie positive de l'irritabilité doit maintenir entre les mouvements volontaires et les mouvements involontaires. Mais déjà se laisse apercevoir la voie de solution : elle consiste certainement dans l'analyse des mouvements qui, primitivement volontaires, finissent par devenir involontaires, ou réciproquement Mais, pour que ce genre d'explication puisse suffire à résoudre la difficulté proposée, Il faudra concevoir que les mouvements involontaires, toujours les plus indispensables à la vie générale, seraient susceptibles de suspension volontaire , sans les habitudes déterminées à leur égard par leur nécessité continua

Relativement aux fonctions qui dépendent de Tirritabilité, on peut dire que le mécanisme d'aucun mouvement n'a été Jusqu'ici analysé d'une manière satisfaisante. Une dîstinctlon vicieuse sépare même habituellement les mouvements généraux , qui produisent le déplacement de la masse animale, ©t les mouvements partiels qui servent surtout à la vie organique, soit pour l'Introduction des divers aliments, soit pour rexpuision des résidus ou la circulation des fluides. Ils sont tous néanmoins aussi réeUement partiels les uns que les

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autres. D'après les lois du mouvement, ranimai ne peut jamais déplacer son centre de gravité par une action intérieure. Les mouvements qui produisent la locomotion ne sont donc pas d'une autre nature que ceux, par exemple, qui transportent le bol alimentaire le long du canal digestif; le résultat n'en est différent qu'en vertu de la diversité des appareils , caractérisés , dans le premier cas , par des appendices extérieurs disposés de manière à trouver au dehors une résistance nécessaire au déplacement de la masse animée.

Les premières notions de la mécanique animale étant ainsi obscurcies et viciées , il n'est pas étonnant que Ton ne soit pas d'accord sur le mécanisme de la circulation , sur celui de la plupart des modes de locomotion extérieure, tels que le saut, le vol, la natation, etc. La mécanique animale, comme la mécanique céleste ou la mécanique industrielle, est d'abord de la mécanique, et doit être par conséquent fondée sur les lois générales auxquelles la mécanique rationnelle démontre que sont assujettis tous les mouvements possibles. De même, dans l'étude de la phonation si imparfaite aujourd'hui , l'analyse des mouvements de l'appareil vocal doit reposer sur les Indications qui résultent des connaissances acquises par les physiciens sur la théorie des sons. Il serait impossible sans cela de parvenir jamais à comprendre la production générale de la voix, et, à plus forte raison, les modifîcatîons si prononcées et si importantes qu'elle présente chez les animaux susceptibles d'une véritable phonation.

L'étude des fonctions qui dépendent de la sensibilité est encore moins avancée que la précédente. Quant à l'impression directe de ragent externe sur les extrémités nerveuses à l'aide d'un appareil physique plus ou moins spécial , il est clair qu'à cet égard, la théorie des sensations est subordonnée aux lois physiques correspondantes : cela est surtout manifeste dans les théories de la vision et de l'audition comparées à l'optique et à l'acoustique. Or, la combinaison qu'une

PECHE VK PiVPTIf^.

telle étude eiigerait entre Im consiflérutiona physiques et les considératiops physiologiques , existe encore moins aujourd'iiui que dans la ipécaiijque animale. Aussi, les plus simplea modifications du phénomène de la mm ou de Taudition, par exemple ia faculté qu'a rœil de ?oi|: fftincteraent à des distances très-variées, ne sont point ençor^ fappflftées avec exactitude à des conditions organiques dé|ecpiné«, (|p peut même direque les limites directes de I4 fpnction sont presque toujours très-vaguement définies, c'est-à-dire que Ton n'a point nettement circonscrit le genre de notions extérieures immédiatement fournies par chaque seps, abstraction faite de toute réflexion intellectuelle.

Il y a à distinguer, des sensations proprement di|es, une seconde classe de sensations, qui, sans procurer aucune potion directe sur le monde extérieur, exercent cependant une puissante influence sur les phénomènes intellectuels et moraux ; ce sont les sensatipps intérieures, qui se rapportent h la satisfaction des divers besoins, et auxquelles il faut joindre, dans l'état pathologique, les différentes douleurs. Cette partie de la théorie des sensations est encore moins avancée et plus obscure que la précédente. La seule notiop positive importante, aujourd'hui incontestable! cet égard, consiste dans la nécessité du système nerveux, reconnu indispensable aux deiigenreif de sensibilité.

Après l'étude de chacun ûes deux ordres généraux de fpnctions animales, Il reste à considérer les lois communes aux phénomènes de rirritabilité et de la sensibilité proprement dite. La première est la loi de Fint^raiittence d'action, la second© celle de l'habitude, la troisième celle du perfectionnement.

Le mouvement de composllion et d'exhalation qui constitue la ?ie générale, ne peut être, un seul instant, suspendu sans déterminer aussitôt la tendance à la désorganisation. Mais, au contraire, tout acte d1rritabili|é ou de sensibilité es|, par sa

LA PHffipSpPHIi: If^TURELLE. 9^7

nîiture, ^épQ^sairement intermittent; car aucune contraction ni aucupe seps^tiop ne saufaipnt être conçues ppmme indéfiniment persistantes; en sqrte qm la continuité impliquerait tout aussi bien contradiction dans la vie animale qu^ la discontinuité dans la vie organique. La théorie positive de l'irritabilité et de la sepsibilité attachant ces propriétés animales à des tissus correspondants, lintermittençe d'action devient un attribpt commun aux organes qui en sont principalemept formés. La seconde Ipj générale de l'animalité , celle de l'habitude, en est alors une suite naturelle : elle consiste dans la tendance des phénomènes intermittents à se reproduire spontapément par l'Influence d'une répétition suffisamment prolongée. L'imitation se rattache à l'habitude, car la faculté d'imiter autrui tient à celle de s'imUer soi-même. Enfin la troisième loi , celle du perfectionnement , conséquence générale 4e rhabitude, s'applique également aux organes et aux fonctions avec les différences correspondantes. Elle consiste, quant aux premières , en ce que tout appareil animal se développe par l'exercice habituel, et s'amoindrit ou même s'atrpphie par suite de la désuétude prolongée ; quant aux fonctions, la répétition les facilite et tend même à les rendre inaperçues ou involontaires.

Un dernier ordre de copsi(}érations communes aux divers phénomènes élémeptaires d'irritabilité et de sensibilité est celui derassociation des fonctions animales. Dans cette étude, il y a à distinguer les synergies et les sympathies. La différence entre ces deux sortes d'associations vitales, correspond à la différence entre l'état normal et l'état pathologique; car il y a synergie toutes les fois que deux organes concourent simultanément à Taccomplissement régulier d'une fonction, tandis que toute sympathie suppose au contraire une certaine perturbation qui s'étend d'un organe primitivement affecté à un autre. L'étude de cette dernière association physiologique peut être regardée comme instituée déjà, sur ses

mniiiii PAim.

férltabli» bases, puisque le sptèine nerveux est maintenaot regwdé comme l'agent nécessaire de tonte sympathie ; ce qui est le point de départ de toute connaissance positive sur ce sijet Quanta la formation effective de la théorie elle-même des sympathies, elle est à peine ébauchée, malgré les faits lorabreux mais incohérents, que la science possède à cet égard. Et. soit qu'il s'agisse de rassociation mutuelle des divers mouvements, ou de celle des différents modes de senalbilllé, 01 de Fassociation plus générale et plus complexe entre les phénonënes de la sensibilité et les phénomènes de rirritablllté, Fétnde des synergies, qui, par sa nature, est beaucoup ploa simple et surtout bien mieux circonscrite que celle des sympathies, ne présente pas réellement encore un caraetèn aeieniique plus satisfaisant

Tête sont Fenchatnement et la nature des différentes paries de Fétude des sensations et des mouvements : mais ces iteix ordrei de phénomènes, étant sans liaisons directes, ne peuvent être évidemment les seules fonctions animales,' et supposent nécessairement une vitalité intermédiaire qui établisse entre elles un lien iniispaiisabl& Tel est le rôle des fonctions affectives et intellectuelles. Elles étaient souvent rQftiaées aux animaux, et rapportées, chei Fhomme, à de pures entités, ou attribuées en majeure partie aux viscères végétatifs, antérieurement à Gall. Mais ce physiologiste, jetant me vive lumière sur cette importante et difficile question , démontra irrévocablement la pluralité et Finnéité des facultés Intellectuelles et morales et leur commune résidence dus Fipparell cérébral : double principe maintenant à tout Jamais acquis à la science.

Stna sortir de Fespèce humaine, tous les cas de caractères on de talents prononcés en bien ou en mal , prouvent avec une irrésistible évidence la réalité du premier; et la diversité Bâme des cas bien tranchés , la plupart des états pathologiquei, «rtout ceux où le système nerveux est directement

LA phuiOsopbie naturelle.

affecté, démontrent d'une manière non moins irrécusable la justesse du second. L'observation comparative des principales natures animales ne laisse d'ailleurs aucun doute sous Fun et l'autre aspect. Enfin ces deux principes ne constituent en réalité que l'expression scientifique des résultats généraux de Fexpérience universelle, de Fexpérience de tous les temps et de tous les lieux, sur la véritable constitution intellectuelle et morale de l'homme : symptôme indispensable et irrécusable de la vérité à l'égard de toutes les idées mères qui doivent toujours se rattacher aux indications spontanées de la raison vulgaire.

Dans Tordre anatomique, cette conception physiologique correspond à la division nécessaire du cerveau en un certain nombre d'organes partiels, symétriques, comme tous ceux de la vie animale, et qui , quoique plus contigus et plus semblables qu'en aucun autre système, par conséquent plus sympathiques et plus synergiques, sont néanmoins essentiellement distincts les uns des autres. En un mot, le cerveau n'est plus à proprement parler un organe ; il devient un vé« rîtable appareil plus ou moins complexe, suivant le degré d'animalité. L'objet de la physiologie cérébrale consiste dès lors à déterminer, avec toute l'exactitude possible, l'organe particulier à chaque disposition affective ou intellectuelle , nettement prononcée, et bien reconnue préalablement comme étant à la fois simple et nouvelle; ou , réciproquement, à quelle fonction préside telle partie de la masse encéphalique présentant les conditions anatomiques d'un organe distinct. Et entre l'analyse physiologique et Fanalyse anatomique, doit s'établir Fharmonie, Faccord, qui est le critérium décisif de leur exactitude.

Dans cette décomposition de la vie intellectueHe et morale en ses diverses facultés élémentaires et de Fappareil cérébral en organes correspondants, les fonctions, soit affectives, soit Intellectuelles, doivent être regardées comme plus élevées, ou, si

^ MlIliME PAITII.

féfiltWis bines, puisque le système nerveux est maintenant fegiwM comme l*agent nécessaire de toute sympathie ; ce qui est le point de départ de toute connaissance positive sur ce i^let Quanta la formation effective de la théorie elle-même des sympathies, elle est à peine ébauchée, malgré les faits ■ombreux mais Incohérents, que la science possède k cet égard. Et, soit qu'il s'agisse de FassociaUon mutuelle des divers mouvements, on de celle des différents modes de sensibilité, ou de fassoclation plus générale et plus complexe entre les phénomènes de la sensibilité et les phénomènes de rirritabilité. fétudo des synergies, qui, par sa nature, est biiicoip plus simple et surtout bien mieux circonscrite que celle des sympathies, ne présente pas réellement encore un caractère sclentillque plus satisfaisant

Tels sont renchtfneneat et la nature des différentes parlies de Fétude des sensations et des mouvements : mais ces deux ordres de phénomènes, étant sans liaisons directes, ne peuvent être évidemment les seules fonctions animales,' et supposent nécessairement une vitalité intermédiaire qui établisse entre elles un lien Indispensable. Tel est le rôle des fonctions affectives et intellectueiles. Elles étaient souvent refusées aux animaux, et rapportées, chez Fhomme, à de pures entités, on attribuées en majeure partie aux viscères végétatifs, antérieurement à Gall. Mais ce physiologiste, jetant une vive lumière sur cette importante et difficile question, démontra irrévocablement la pluralité et Flnnéité des fa^ cultes intellectuelles et morales et leur commune résidence dans l'appareil cérébral : double principe maintenant à tout Jamais acquis à la science.

Sans sortir de Fespèce humaine, tous les cas de caractères ©u de talents prononcés en bien ou en mal , prouvent avec une irrésistible évidence la réalité du premier; et la diversité môme des cas bien tranchés , la plupart des états pathologiques, surtout ceux où le système nerveux est directement

hk PHILOSOPHIE NATORELLl. 26»

affecté . démontrent d'une manière non moins irrécusable la justesse du second. L'observation comparative des principales natures animales ne laisse d'ailleurs aucun doute sous Fun et l'autre aspect. Enfin ces deux principes ne constituent en réalité que l'expression scientifique des résultats généraux de Fexpérience universelle, de Fexpérience de tous les temps et de tous les lieux, sur la véritable constitution intellectuelle et morale de Thomme : symptôme indispensable et irrécusable de la vérité à Fégard de toutes les idées mères qui doivent toujours se rattacher aux indications spontanées de la raison vulgaire.

Dans Fordre anatomique, cette conception physiologique correspond à la division nécessaire du cerveau en un certain nombre d'organes partiels, symétriques, comme tous ceux de la vie animale, et qui , quoique plus contigus et plus semblables qu'en aucun autre système, par conséquent plus sympathiques et plus synergiques, sont néanmoins essentiellement distincts les uns des autres. En un mot, le cerveau n'est plus à proprement parler un organe; il devient un véritable appareil plus ou moins complexe, suivant le degré d'animalité. L'objet de la physiologie cérébrale consiste dès lors à déterminer, avec toute l'exactitude possible, l'organe particulier à chaque disposition affective ou intellectuelle , nettement prononcée, et bien reconnue préalablement comme étant à la fois simple et nouvelle; ou, réciproquement, à quelle fonction préside telle partie de la masse encéphalique présentant les conditions anatomiques d'un organe distinct. Et entre Fanalyse physiologique et l'analyse anatomique, doit s'établir l'harmonie, l'accord, qui est le critérium décisif de leur exactitude.

Dans cette décomposition de la vie intellectuelle et morale en ses diverses facultés élémentaires et de l'appareil cérébral en organes correspondants, les fonctions, soit affectives, soit intellectuelles, doivent être regardées comme plus élevées, ou, si

l'on feut, plus humalna, et en inêine temps aussi ruoips énergiques, à mesure qu'elles deviennent plus spécialement exclusives â la partie supérieure de la série Eoologique. Et, par stlte. leurs sièges doivent être situés dans des parties du cer^ veau de moins en moins étendues, et de plus en plus éloignées de la colonne vertébrale, centre primitif du système nerveui. ainsi la partie la moins développée et la plus anténeui*^ du cerveau se trouve toujours affectée aux parties les plus caractéristiques de Fhumanité, et la plus volumineuse et la plus postérieure à celle qui constitue surtout la base commune de toute animalité.

Lm facultés cérébrales se divisent d'abord en affectives et en Intellectuelles, les unes correspondant à toute la partie postérieure et moyenne de l'appareil cérébral, et les autres à sa partie antérieure, qui, dans les cas extrêmes, comprend à peine le quart ou le sixième de la masse totale. Ainsi se trouve établli. sur une base scientifique inébranlable, la prééminencedes facultés aflfectives, méconnue par toutes les sectes psychologiques et Idéologiquef, et néanmoins si hautement manifestée par robservation de tous les phénomènes moraux, animaux et humaina Et telles sont la confirmation et Fexplicatîon de la distinction établie de tous temps par le bon sens vulgaire entre l'esprit et le cœur, ce dernier comprenant le cœur proprement dit et le caractère, distinction que la science représente désormais par les groupes de facultés qui correspondent respectivement aux parties postérieure, moyenne et intérieure, dô rappareil cérébral

On a opposé à cette admirable doctrine, due au génie de Gall, la prétendue Irrésistibilité que l'on croyait devoir ainsi être attribuée aux actions humaines. Mais cette objection prouve seulement que la doctrine n'est pas comprise. En effet, les penchants élémentaires ne conduisent jamais à des actes déterminés qui dépendent toujours de rassociation de certaines facultés et ûê l'ensemble des olroonstanoes où est

LA PHILOSOPHIE lATURELLE. 271

pliié rindividu. Et, outre que l'exercice peut développer beaucoup chaque disposition, comme l'inactivité l'affaibliri les facultés intellectuelles doivent toujours pouvoir, dans le cas humain, directement modifier la conduite que les passions bonnes ou mauvaises tendent à inspirer. D'après ce double principe. Il ne saurait y avoir de véritable irrésistibilité et, par suite, d'irresponsabilité que dans le cas de manie proprement dite. La prépondérance exagérée d'une faculté déterminée tenant à l'infiammation ou à l'hypertrophie do l'opgane correspondant, réduit alors, en quelque sorte, l'organisme à l'état de simplicité et de fatalité de la

nature inerte.

Quant à la localisation effective de Gall, erronée à beaucoup d'égards, ainsi que sa décomposition de Tâme en facultés élémentaires, elles sont Tune et l'autre à refaire. Ce travail doit se composer, comme nous l'avons vu, de deux études différentes, et qui doivent être faites indépendamment Pune de l'autre , de telle sorte que de leur accord résulte une complète démonstration. Au point de vue anatomique, partant du principe qui érige le cerveau en véritable appareil, il faut trouver la différence entre une partie d'organe et un organe, de manière à pouvoir circonscrire exactement chacun des différents organes. Sans doute la décomposition de l'appareil cérébral doit présenter des difficultés très-supérieures à toute autre, par suite de la dissemblance beaucoup moindre et de la plus grande proximité des organes. Mais ce ne peut être un motif suffisant pour renoneeiî à cette indispensable analyse, et, puisque le but de toute théorie biologique doit être de constituer une exacte harmonie entre l'analyse anatomique et l'analyse physiologique, cela suppose évidemment quelles n'ont pas d'abord été calquées l'une sur Pautre, et que chacune d'elles a été faite sé-

parôment.

A cette analyse anatomique il faut donc joindre l'analyse

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puwnient phyëoluglijie ém liifenes facultés élémentaires qiil doit se trouver en harmonie scientifique avec la première, et, dans ce second travail, toute idée anatomique doit être provisoirement écartée. Mais ici la physiologie devient Impnifisante et doit abandonner le problème à des sciences «ipérienres. H est évident qu'un des caractères des phénomènes intellectuels et moraux, c'est de ne pouvoir être étudlés pendant l'acte, Faccomplissement du phénomène, mais seuleineat dans ses résultats plus ou moins lointains et durtbiea D'autre part, les phénomènes d'une classe quelconque doivent être surtout étudiés dans les cas et les circonstances où ils se pronpnQent davantage et montrent mieux leur vraie nature : d'où Ton passe ensuite aux cas moins prononcés. Ce n'est pas alen fétude de l'homme, considéré individuellement et isolément, qui peut faire connaître les lois de Tinteiigence et du sentiment : car c'est seulement dans l'existence sociale et par elle, que les fonctions Intellectuelles et morales se caractérisent asseï; et, sans la solidarité et la continuité qui rendent notre espèce si supérieure à toute autre elles y ieraient presque aussi équivoques que dans les races voisines où elles furent si longtemps méconnues. Mais l'étude de 1 existence sociale ne pouvant évidemment rentrer dans la hlologie, ici est le terme de la philosophie naturelle et le point de départ de la philosophie morale, à laquelle il appartient de reoierelier les lois des plus nobles fonctions de la fie de relation.

Étant partis des phénomènes les plus simples, de ceux qui, présentant la répilirité la plus évidente, ont été les premier^ mmçm comme assiyettls à des lois, comme ayant entre eux des rapports invariables de succession et de similitude (tels ■ont les phénomènes mathématiques et astronomiques, c'està-dire le nombre, la forme et le mouvement), nous avons vu cette conception de lois, de faits abstraits et généraux , s'é-

tendre successivement à des phénomènes de plus en plus compliqués, et, par suite, présentant une variété et une diversité qui semblent, au premier abord, incompatibles avec toute constance et toute fixité. Aussi, ce n'a été que par un puissant effort, et bien longtemps après Tastronomie, qu'ont été créées la physique et la chimie. Mais enfin ce pas a été fait, et, par une progression continue et presque insensible, cette grande conception de lois arrive jusqu'à la vie, jusqu^à ces phénomènes si divers, si multipliés et qui paraissent si indépendants, que présentent les corps organisés. D'abord elle n'a dû s'appliquer qu'à la vie la plus grossière et la plus commune, à la vie matérielle et physique; mais, continuant sa marche ascendante, elle arrive maintenant à la vie par excellence, à la vie intellectuelle et morale.

Ainsi du nombre, lois de la forme et du mouvement, lois du système du monde, lois des propriétés générales des corps, lois de la composition et de la décomposition, lois de l'organisation et de la vie, lois des phénomènes sociaux, lois des sentiments et des pensées, de l'intelligence et de la grâce : tel est le résultat de quarante siècles de travaux et d'efforts. Si maintenant l'on suit pas à pas la succession et l'enchaînement de ces sublimes découvertes; si Ton cherche leur influence sur l'existence sociale, leurs relations avec les différents aspects, soit politique, esthétique ou industriel du mouvement humain, si capricieux en apparence, le voile se déchire, l'ordre, les clartés apparaissent; dans l'espace et dans le temps la lumière se fait: et alors l'histoire, embrassant toutes les sciences, devient elle-même une science rationnelle, aussi sûre, ausi positive que toute autre, mais la plus haute, la plus sublime de toutes.

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