‹ Exposition arrégée [!] et populaire de la philosophie et de la religion positives [microform]Chapitre 4 sur 59 · PRÉFACE. XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XI

satisfaction , que la science, non-seulement éclairait l'esprit, donnait les moyens d'arriver au but que l'on avait en vue, mais encore que, suffisamment étendue, elle fournissait le but lui-même, et nous faisant connaître et apprécier à leur juste valeur les plus dignes objets de notre vénération et de notre amour, était aussi propre à contenter le cœur qu'à satisfaire l'esprit.

M. Auguste Comte, dont les deux grands traités de Philosophie et de Politique positives ont fondé le Positivisme, est sans doute très-connu et plus encore à l'étranger qu'en France, mais non universellement comme il devrait l'être. Né à Montpellier le 19 janvier 1798, il entra à l'École polytechnique en 18U, fut compris dans le licenciement de 1816, et resta sans place. S'étant fait alors professeur libre de mathématiques, il fut, en 1832, nommé répétiteur d'analyse et de mécanique à l'École polytechnique. En 1836 il fut chargé du cours, et, malgré l'éclat et le retentissement qu'eut son enseignement, l'influence d'Arago surtout l'empêcha alors ainsi qu'en 1840, oh survint une nouvelle vacance, d'être nommé professeur. De 1837 à 1843, il fut l*un des examinateurs pour l'admission à l'école : enfin en 1851 , sa place de répétiteur lui fut retirée. M. Comte n*est d'aucune académie; sans place , sans fortune, il n'a maintenant d'autre moyen d'existence qu'une souscription ouverte parmi ses disciples, et jugée devoir annuellement atteindre le taux de 7,000 francs, ce qui arrive, ou à peu près, depuis quelques années.

La lecture et l'intelligence des profonds et savants ouvrages de M. Comte, n'étant possibles que dans des condi-

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tioiis raremeat remplies, restent interdites au plus graïKl iwnbw, à qui manquent, tout au moins, des loisirs su«iaunls. J'ai pu moi-môme fréquemment observer u n ex Irôme désir de connaître la doctrine positive et un regret sincère et profond de ne le pouvoir, au moins autant qu'on le désirait, par les puMcalions actuellement existantes. D'autre part, convaincu de Feitréme importance, de f urgence môme, qu'E y a à ce qu'elle se répande, j*ai été ainsi conduit à me mettre àFœuvre, et à entreprendre de Tex- Pûser le plus succinctement et le plus clairement qu'il m'était possible.

Je me suis donc efforcé, en restant dans les limites naturellement imposées, d'après le but à atteindre, à un ouvrage tel que celui-ci, de mettre dans ce livre tout ce que ceui de M, Comte m'ont paru contenir de plus important. J'ai dierché à présenter les points qui m'ont sem l>lé tes plus essentiels de la manière la plus propre à les faire convenablement ressortir ; et je n'ai pas craint de m'appesantir sur eux , de les développer, quitte à passer plus rapidement sur ce qui me paraissait secondaire, au moins comparativement. Enfin, fai été constamment préoccupé de ne rien retrancher qui pÉt empêcher de suivre l'enchainement des conceptions , et d'abréger de manière à le rendre plus saisissant , phitôt que moins sensible.

Telles ont été les circonstances qui ont préparé, puis déterminé mon travail , les préoccupations qui l'ont dominé, enin son but, L'alteint-il? Est-il un abrégé tel qu'il convenait de le faire, de la doctrine positive ? Je le crois : les autres décideront. La pensée de ce livre est en effet

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bien plutôt encore d*appeler l'attention sur ceux de M. Comte, de préparer à leur lecture, de l'aider, de la faciliter, que d'en tenir heu.

D'ailleurs je suis moi-môme persuadé que, dans des circonstances plus favorables, moins pressé d'achever, j'aurais pu apporter encore à ce livre quelques amélioralions secondaires. Mais je crois aussi que, tel qu'il est, il peut être utile; que j'ai mis assez de soin à le faire pour qu'il ne m'ait échappé aucune erreur de quelque importance ; enfin qu'il peut réellement répondre aux besoins qui l'ont fait naître. Je l'ai su, en l'écrivant, impatiemment attendu au moins de quelques-uns, et j'ai cru, moi aussi , qu'il pouvait y avoir un grand intérêt à ce qu'il parût le plus tôt possible.

De cet ensemble de considérations et de circonstances m'est donc venue la force nécessaire pour entreprendre mon œuvre, pour la poursuivre sans relâche, sans repos, sans interruption dépendante de ma volonté, et pour Tachever sans que m'aient découragé les obstacles qu'y apportait ma position , sans que m'aient rebuté les difficultés du travail en lui-même, et sans que sa longueur ait lassé ma patience.

Et je suis enfin arrivé à son terme ! En luttes douloureuses, combien de temps, de courage et de forces peutêtre ont été perdus, quelques-uns s'en doutent : nul jamais ne le saura. Mais, ma vie, dût-elle se réduire à quelques années de travail et d'efforts , serait belle encore; car cette estime que je me suis efforcé de mériter, elle m'a été donnée, et par ceux-là surtout que moi-même

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j'estimais; car du dévouement j'ai connu les plaisirs; car j'ai su, des premiers ! j'ai su la bonne nouvelle. La bonne nouvelle ! Heureux qui la sait, mille fois heureux qui la dit!

Bottii, 23 Homère 69 ». — 20 février 18&7.

* voir le calendrier posiUvIste à ra flo de Poumge. L'ère positivisti eommence le I •» j anvior 1 789 .

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