PREFACE
2t pour «B Tenir It , j'étndit tuUiit qnt j« p«i» Damts , la VU MiOfilk.
€e Bvre est Fœuvre d'une foi profonde, d'ardentes convictions et d'une longue patieace.
Naturellement turieux , avide même de savoir et plutôt excité qu'effrayé par les difficultés ^ de bonne heure j'ambitionnai de moi-même Tinstruction qui m'était indiquée «omme la plus haute ^ la plus difficile à acquérir. Les exigences de ma position , et aussi l'intérêt que m'inspiraient les études que j'entrepris alors, me firent constam-ment poursuivre la même direction : mais j'ai senti profondément, et non sans un amer regret , pendant tout le cours de mes études dans les écoles^ que les circonstances dans lesquelles il me fallait travailler paralysaient mes tiflbrts , tout au moins en empêchaient les meilleurs rc-
vin PRÉFACE.
sultâts. J^aurais alors ardemment désiré pouvoir changer mes conditions de travail , choisir mes professeurs , et surtout mes livres d'études : rien de tout cela ne m'était possible, et le désir même de le faire m'était reproché. Je dus donc me borner à m'efforcer de th*er des circonstances qui m'étaient imposées , le meHleur parti possible ; et^ quelque contraire que cela fût à ma nature^ tâcher d'apprendre, bien souvent sans trop les comprendre, des détails présentés les uns à la suite des autres, sans plan, sans vues d'ensemble, sans que leur point de départ et leur but fussent réellement compris et indiqués.
Quelques années après que j'en fus sorti , on a , dit-on, réorganisé TÉcole polytechnique. Cependant je reste persuadé , comme je le croyais quand j'y étais , qu'elle était alors, bien plutôt que désorganisée^ trop, beaucoup trop organisée. Quoi qu'il en soit, je me trouvai, à la fin du temps régulièrement destiné à mon instruction , presque dégoûté de l'étude et d'une science qui, à moi comme à bien d'autres , ne paraissait guère être jju'une vaine accumulation de formules insignifiantes hors des écoles , et n'ayant vraiment qu'une valeur de convention. Toutefois , je conservais le désir de revenir, aussitôt que je serais en position de le faire, sur ces connaissances entassées à la hâte et pêle-mêle pour les besoins des examens , qui me semblaient être bien plutôt la surface et l'apparence de la science 9 que la science elle-même. Et j'étais aussi curieux de voir par moi-même, une fois libre d'étudier à ma manière, ce qu'était réellement la science, et si, parmi les ouvrages qui en parlent , il n'y en aurait pas qui