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Exposition coloniale de Marseille: La Tunisie et l'oeuvre du protectorat

La Section Tunisienne âe l'Exposition Coloniale ite Marseille occupe l'emplacement qui forme l'angle de la grande avenue principale venant du rond-point du Prado et de la vaste esplanade au Tond de laquelle se dresse le palais de l'Exportation.

Elle se présente sous la forme d'un ensemble de bâtiments dont l'architecture est directement inspirée des types les plus remarquables des constructions de l'art arabe tunisien, et qui entourent une cour dans laquelle on a très heureusement ménagé de superbes arches circulaires.

Dès l'entrée qui prend accès sur la grande avenue et qui est formée de larges grilles envoyées de Tunis, le visiteur gagne directement le pavillon principal qui lui fait face. Ce pavillon, situé sur un soubassement formant sous-sol, reproduit avec ses galeries à lines colonnettes le motif de la mosquée de la Djamaà-Zilouna, la célèbre mosquée de l'Olivier, l'Univei-sité musulmane de Tunis, dont la tradition attribue la création au\ premiers conquérants musulmans de l'ancienne Zeugitane.

Un large escalier d'angle conduit au vestibule du pavillon et de là dans le patio, pièce carrée à arcades, éclairée par de hautes fenêtres, qui forme, comme l'atrium romain, le centre et le lien des diverses pièces de la maison musulmane.

A gauche, le Service des Forêts montre, par une série d'échantillons présentés de la manière la plus instruclive,lespro<luits des

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chéiios-lièye, lièf^e mâle, lii'ge ile roproiluctioii brat et pi-cpaiv, écurcea à tan, etc. , ot ceux des cliôncs zùetis, notamment des bois de cent vingt-cinq ans, et des traverses employées poui- les voie;; ferrées, lies cliarbons, etc.

Des panneimxphotograpliiques,représenLaiil des régions boisées de Tunisie et des opérations d'exploitation Ibrestière, des travaux de lixalion de dunes, le plan en relief de l'oasis de Nefla, montrent, avec une fidélité scrupuleuse, l'arrêt, par les travaux de TAdministration,des sables montant à l'assaut des riches palmeraies du Sud-Tunisien.

En face, autour d'un plan d'ensemble réunissant l'Ecole Coloniale d'Agricultuje de Tunis, le Jardin d'essais, la Station agronomique el l'Huilerie d'essais, l'Institut l'usteur de Tunis, tous établisseinetits ressortissant à la Direction de rAgricullure et du Commerce, des photographies de modèles réduits, des collections de brochures et de documents divers donnent au visiteur une idée précise de l'organisation, du fonc[ioimemeiit,des moyens d'étude et des l'ésultats de chacun de ces oi^'anismes, précieux auxiliaires de la vitalité économique et du développement de notre Protectorat Tunisien.

L'Ecole Coloniale d'Agriculture notamment, qui a pour objet de préparer des jeunes gens à la vie agricole dans nos possessions d'outre-mer, principalement en Tunisie et dans les climats analogues, est représentée par de nombreux dessins, plans et pliotogi'aphies. L'aménagement des salles de collections et des laboratoires et ateliers de bois et de 1er, la reproduction de ces collections, des produits animaux et végétaux les plus variés, les scènes do travaux pi'atiqued et dexcui'sions, les travaux d'élèves, le programme des cou l's, méritent tout part' culièrcment de retenir l'attention et d'évoquer chez les jeunes gens de la métropole l'idée d'une existence laborieuse, mais essenliellement libre et active.

Des documents analogues concernant lo domaine agricole indi-

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gène de Lansarine et la ferme-école de Djedeîda apparteiiaiiL à l'Alliance Israélite universelle complètent cet ensemble.

Le tout est encadré de produits de l'industrie indiftène. HtolTes de soie aux tons harmonieux et nuancés, hnrnous, chéchias de laine, joutas de soie et de coton, tnpis de Kairouan que l'on a comparés ans champs printiniiers émaillés de llc'ui's, tiipis d'OudreP, des Hamama, etc., nattes d'alla et de jonc, cuirs brodés, cluiussures, chéchias tunisiennes, do répntiilion si universelle en ()netil,etc., tous les spécimens d'une industrie <|ui,aux prises iivec la concur-

rence européenne, témoijjne <!es (|nalités natives des indigènes tunisiens, de leur goût de la composition et de leur léelle liidiilclé manuelle dans l'exécution.

A gauche dn patio s'ouvie la sidlc.dc Ht mètres de long sur 7 mètres de large, nîservée à l'exposition du Service desTiavaux

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publics de la Régence. Plans en relief des ports et des villes, notamment de Tunis, documents graphiques sur les travaux d'architecture,d'adduction d'eau, d'aménagement des côtes, exécutés par cette Administration ; exposition très complète et très documentée du Service Topographique, notamment de ses travaux relatifs à la confection de plans des propriétés soumises au régime de l'immatriculation, très supérieur au régime hypothécaire français.

La Direction générale des Travaux publics groupe également toute la production des exposants particuliers ayant trait aux industries extractives: pierresàchaux, plâtre, ciments, mineraisdont les principaux en Tunisie sont les minerais de zinc (calamine) et le minerai de cuivre. Le fer,dont des gisements sérieux ont été constatés en Kroumirie, étendra vraisemblablement bientùt son exploitation suivant l'exécution du programme des voies ferrées. Parmi les produits exploités en carrières, on remarque surtout les phosphates de chaux dont la découverte encore récente a fait la fortune du Sud-Ouest tunisien, a permis de créerSOOkilomèlres de chemin de fer, et alimente déjà les ports de Sfax et de Tunis, en attendant <|u'ils portent la prospérité au port de Sousse. Enlin, les produits de la mer : poissons, éponges, objets d'un commerce déjà important entre la France et la Tunisie, avec les engins de pèche, puis le sel marin, que l'on recueille en abondance sur les côtes tunisiennes et qui pourra, uu piix d'aménagements réduisant au minimum les opérations de chargement, concurrencer très sérieusement chez les peuples du Nord le sel provenant des autres rives de la Méditerranée.

Revenant au patio, soit par la pièce qui vient d'être décrite, soit par la galerie latérale qui domine.la cour, nous pénétrons dans la salle, symétrique à celle de la Direction générale des Travaux publics, et qui réunit dans un espace identique les envois de plus de trois cents représentants ]de l'agriculture française et indigène.

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On y remarque principalement des vins blancs et rouges, muscals et de liqueui-s, ces derniers surtout très appréciés par leur finesse et leur arôme, des eaux-de-vie, des huiles d'olives, richesse de toute la côte orientale, principalement du Sahel de Sousse et de la région de Sfax.et dont 20.000.000 de litres sortent actuellement de la Régence pour stimuler le commerce marseillais.il fautajonler àcela les savons et leurs dérivés, les blés durs et tendres, orges, avoines, maïs, soi^ho, les fruits frais et secs (oranges, amaniies, dattes, rai-

GOITR INTEUBURB ET BNTRUB PRINCIPALE DU PALAIS

sïns, pistaches, etc.), le miel, la cire, les plantes textiles, telles que l'agave, objet de tentatives industrielles fort intéressants, l'alfa, les essences et parfums végétaux, etc.

Des instruments agricoles,des ruches, des types de fermes, des documents sur la production et l'exportation du pays envisagés au point de vue spécialement agricole, constituent cet ensemble aussi

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varié que bien présent(i, et qui donne des ressources du pays une syntlièse réiluite mais li'une saisissante vérité.

L'extrémité de la salle forme en façade, sur le rond-point du Grand Palais, une sorte de ]ogj^ia,où des graphiques et itocuments sur l'agriculture tunisienne, son organisation et sa représentittion montrent le chemin parcouru dans cette voie par le pays, à peine depuis vingt-cinq ans sous l'inlluence de la civilisation française.

Une ouverture latérale de la salle des produits de l'agriculture proche de la loggia conduit à une galerie ouverte dominant le rondpoint central de l'Kxposition et qui rappelle dans ses détails d'arcliitecture la disposition et les motifs de la mosquée île Sahah-Ettaba, située à Tunis, sur la place llalfaouinc, l'un des monuments les plus gracieux de l'art du xviji<^ siècle en Tunisie. Ombragée par un massif d'arbres qui mettent une note vivante dans le paysage, la galerie surplombe dévastes sous-sols que la Section Tunisienne a mis à la disposition d'un café-restaurant bien achalandé auquel son heureuse situation vaut d'être l'un des rendez-vous les plus fréquentés <ie l'Exposition Coloniale.

Derrière la deuxième rangée d'arceaux de la galerie de la mosquée llalfaouine, s'ouvre, par un vestibule penlagonal, l'entrée d'une vaste rotonde ou plutôt d'une salle octogonale surmontée d'une coupole en plâtre sculpté, telles qu'en olFrent à Tunis le palais de Dar-el-Bey, la salle des Sultanes au Musée Alaoui du Bardo.et plusieurs des mosquées de la capitale des beys. L'ornementation sobre de cette salle est relevée pardes tableaux et œuvresdiverses ayant trait à la Tunisie ; desétolîes, des meubles arabes complètent la décoration.

Sur l'un des côtés de l'octogone, s'ouvre l'exposition du Service des Postes et Télégraphes, (jui se continue dans la salle F. Dans cette salle, on peut aussi consulter les documents les plus importants relatifs à la colonisation du pays, à son développement écono-

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mique, à ses travaux publics. Un agent met à la disposition des visiteurs des formules de demandes de renseignements que l'Administration tunisienne se charge ensuite d'instruire avec tout le soin désirable.

Aux murs, des cartes indiquent la répartition des centres de colonisation, des plans comparatifs de certaines régions de Tunisie

avant et après l'installation des colons, des pliotographies, des gra pliiqucs de divei-ses sortes, matérialisant, aux yeux du public, 1; transformation qui s'opère chaque jour dans la Réj,fonce.

La même salleF renferme, des deux côtés d'unecirculation centnde, l'exposition du Sei'vice de rEnseif>nement public, celle du Secivluriat général du (.iouvenienient, l'ormée principalement de

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documents administratifs et d'inscriptions arabes, celle du Service des Monopoles constituée par des échantillons de tabacs locaux brut et préparé, des plans des manufactures de l'Etat en Tunisie et des plans en relief des salines exploitées par le Gouvernement.

A l'extrémité de cette salle qu'entoure une galerie dominant la grande cour de la Section, un escalier permet de descendre dans une dernière salle G, salle de lecture et de renseignements. De larges baies, grillagées à la mode tunisiennne, éclairent ta façade de cette salle dont le dôme vert est directement inspiré de celui d'un édifice situé à Tunis, sur la place de la Casbah, et dont les proportions harmonieuses sont admirées de tous les touristes.

Le visiteur, sorti de la salle de lecture, se retrouve, au bas de quelques marches, dans la grande cour près de l'entrée.

Cette cour, qu'animent différentes installations d'exposants particuliers, est ferméed'autre part, au voisinage de l'entrée principale, par le bâtiment du Commissariat. La façade, sur l'avenue, reproduit l'ornementation en lignes crues des maisons de la région des oasis {Tozeur et Nefta) et la façade sur la cour rappelle un motif particulièrement apprécié d'une des mosquées de Sfax. La petite mosquée qui fait suite au Commissariat est surmontée du minaret élancé et crénelé des villes du littoral oriental ; les arcades qui l'encadrent à sa base sont celles de la grande mosquée de la ville de Sfax.

Près d'une installation de nomades fabricant des tapis sous la tente, et non loin de la maquette du monument de l'ancien Résident général Massicault, mort à Tunis en 1892, un souk ou marché couvert sur la cour comprend les boutiques où le potier tunisien, le souki (épicier-restaurateur),le confiseur, vendent les produits de leur commeixe et de leur industrie. Derrière sa devanture typique, importée directement de Tunis, le barbier arabe exerce son art sur la clientèle des marchands et artisans musulmans.

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LA KODBBA BT Ll PBTIT BSCAUBK D'INTRÂB

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Le souk se prolonge par une pai'tie couverte, réduction du souk Ettrouk, lie Tunis : sous le toit aigu en planches laissant filtrer la tumière, sontétalos les riches assortiments des bazars arabes, étoffes, tapis, armes, anciens meubles, etc.; dans les boutiques encadrées de colonnettes, le bijoutier indigène, le parfumeur, le sellier, le tailleur-brodeur, ie cordonnier, l'incrusteur sur nacre offrent aux passants les productions les plus originales de l'art indigène, et font revivre, de ce côté de la Méditerranée, la physionomie Journalière des quartiers commerçants de Tunis.

En haut <lu souk, une porte latérale à gauche donne accès à l'exposition particulière du Service des Antiquités et Arts. Cette exposition se répartit en deux pavillons.

Des spécimens de sculpture, des fragments d'architecture antique encadrent cos pavillons et prolongent la Section tunisienne jusqu'à une porte ouvrant sur l'avenue.

Itevenant sur ses pas et franchissant à nouveau la porte haute du souk, le visiteur se trouve auprès du restaurant et du café indigène; de la terrasse du café, conçue dans la forme usitée en Tunisie, avec l'estrade réservée aux musiciens, la vue embrasse la cour et le mouvement incessant qui l'anime.

Ainsi comprise, la Section tunisienne fait honneur au Gouvernementdu Protectorat et constitue un des coins les plus pittoresques, les plus attrayants de cette merveilleuse Exposition coloniale. Les dispositions prises par l'architecte, M. Resplandy, pour donner aux visiteurs l'illusion de la vie tunisienne sont du plus heureux eiïet. Avec un goût très sûr, il a choisi dans les principales cités de la Régence les types de monuments susceptibles de caractériser l'évolution de l'art arabo-berbère. Combinant et rapprochant ces éléments qui pouvaient sembler disparates, y mêlant sa note

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personnelle, il a su Fondre en un tout liarinonteux les diverses parties (Je l'édifice. Un véritable quartier iiidigèue e.it ainsi groupé autour des arbres magnifiques qui ombragent la vaste cour (l'entrée.

L'arcade en fer à cheval du portique, le minaret gracile, la coupole à écailles vertes, le dôme central, les galeries à colonnades, la loggia constituent un ensemble vraiment séduisant pour les yeux,

La décoration intérieure d'un aussi cbarmant monument devenait, en raison même des idées dont l'arcliitecte avait voulu faire la synthèse, une entreprise extrêmement délicate. La moindre faute dégoût dans l'ornementa Lion des murailles pouvait produire dos contrastes clioquajits et diminuer la valeur artistique des divei'S bâtiments. M. Pavillier, commissaire général du Gouvernement tunisien, et M. Douane,son mljoint, ont su fort heureusement ti-iompber de toutes les difficultés en disposant les vilrincsdes exposants et les documents envoyés parles diverses administrations de façon à obtenir une adaplation aussi complète que possible avec l'arcbilecture spéciale de chacune des salles.

Kt c'est ainsi que grâce à l'étroite collaboration des commissaires f t de l'architecte on est parvenu à réaliser ce tour de force d'avoir un pavillon où rien n'a été négligé pour satisfaire les goilts artistiques des visiteurs, et montrer en même temps à quels brillanis résultats est parvenue la Tunisie après un quart de siècle de protectorat français.

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