CHAPITRE iX
Les Communications postales et l'Or^ranisation de la Défense militaire
L'Office postal : ses origines, son importance. — Progression dn nombre des bareanz. — La lettre exprès. — Mouvement des correspondancea. — Les serricea de banque. — Constant accroissement des commanications télégraphiques et téléphooiqaes. — Bésoltats obtenus par l'Office. — La Division d'occupation. — Bizerte et sa flotte. — L'armée bejlicale.
Dans le programme de mise en valeur de la Régence, la part réservée à l'Administration des Postes est particulièrement importante. En assurant l'envoi régulier de colis et de dépêches d'un bouta l'autre du territoire tunisien, en couvrant la campagne d'un réseau de fils télégraphiques et téléphoniques qui vn toujours se resserrant, r Office Postal parachève l'œuvre de la Direction de l'Agriculture et de l'Administration des Tittvaux publics. Approprier Tortement le sol, creuser des ports,ouvrir des routes et des chemins de fer, tout cela serait, en efTet, insuffisant, si les plus petites agglomérations n'étaient assurées de recevoir chaque jour la visite du modeste facteur des Postes, si le télégramme ne courait sur les ailes de l'électricité jusqu'aux confins du désert, si la rapidité des paquebots et la solidité d'un câble ténu, mais résistant, n'assuraient la permanence des communications avec la métropole.
La France avait si bien compris cela qu'avant même de s'installer délinitivement en Tunisie, elle y entretenait une mission chaînée de l'installation des services postaux et télégraphiques. Cette organisation, ayant fait ses preuves, subsista sans changement appréciable jusqu'enl88S,date à laquelle,par convention avec le Gouver-
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iiement de la République, fut créée une administration autonome sous la dénomination d'Office Tunisien. '" La Métropole s'engageait à mettre à la ilisposilion du Gouvernement local les fonctionnaires qui lui seraient nécessaires. Le Directeur du nouvel Oflice recrutait sur place les agents d'exécution.
Les règlements et les tarifs français devaient être appliqués dans les relations franco-tunisiennes. La Caisse d'Epargne tunisienne était acceptée comme succursale de la Caisse Nationale d'Epargne de France.
La Direction de l'Oflice Tunisien s'est elïorcée de constituer un service approprié aux nécessités spéciales d'un pays neuf, où les agglomérations importantes sont rares, où les centres de colonisation sont souvent très éloignés des villes. C'est ainsi que dans un gi-aml nombre de contres en formation ot de villages où le tnific
m L'Oilice Postal a tenté de donner à son exposition le caractère d'une synllièse (les résultats acquis en clieraliant h Joindre à la prt-cisinn des cliifTres et des courbes grapliiques unn documenlation orij^inale.
Un triptyqnedc cartt-'g reproduit le réseau poàtal lêlégrapliique et téléphonique aux trois dat«s de I88!i, 1900 et ïsm.
Des graphiques très s'mples ol de lecture facile donnent l'impi-ession de l'évolution remarquable des divers services depuis IKHH. Quelques plans de bui'eaux de grandeel moyenne importance complètent l'exposition striclemenileclmique.
Une peinture à l'iiuile de grandes dimensions donne une reproduction fidèle du magniflque bail de l'iiôtel dos Postes de Tunis, taudis qu'une aquarelle représente la Taçade de l'Iiôtel. Une seconde aquarelle reproduit l'iiôtel des Postes de Sfax, devant lequel stationne une des automobiles qui assurent le service des voyageurs, des lettres et des colis postaux entre Sfax et Sousse. Deux autres aquarelles représentent le transport des colis postaux dans le Sud par arabatâ ou à dos de cbameau. Puis, ce sont des vues des liôtels des Postes de Rizerie, Sousse, Ferry ville, et du bureau pittoresque de Koum-Tataliouine, dans l'eitrcme Sud, D'autres documents initient le visiteur à la vie intérieure des bureaux.
Trois mannequins articulés sont revêtus des uniformes de factenr français, de Tacteur indigène et de cavalier postal.
Dans une vitrine est renfermée la collection complète de tous les timbres tunisiens depuis IHHH, y compris la série des figurines tout récemment mises en service.
Les visiteurs,! »Mé de ces timbres, peuvent voir exposées les maquettes originales dues au peinlre Dumoulin.
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postal n'aurait pas suffi à rémunérer un receveur de l'Office et où, d'autre part.le petit nombre d'enfants à instruire n'aurait pas justifié la nomination d'un instituteur, des recettes -écoles conliées à un membre de l'enseignement ont été créées, de façon à donner, sans frais exagérés, satisfaction à un double besoin social.
Lorsque cette combinaison a été impossible, l'Office Postal a fait appel tantôt à des fonctionnaii'es de l'Administration des Finances, douaniei-s, agents fies Contributions diverses, tantôt iï des militaires.
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Quand l'un de ces établissements provisoires a acquis une importance de nature à justifier sa transformation en recette ordinaire, l'Office Postal prépose à sa gestion un de ses agents et assume la charge entière du nouveau bureau.
Dans certaines localités ont été créés des établissements de facteurs-receveurs qui effectuent les opérations postales et télégraphiques les plus fréquentes et des i distributions » uniquement chargées de l'expédition et de la remise sur place des correspon-
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NOHDRE DES
rOSTES ET 31 DKCEMDEE 1905
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dances. La gérance de ces distributions est confiée soit à des chefs indigènes, soit à des fonctionnaires ou à des particuliers français.
Récemment enfin, un nouveau type de bureau a été inauguré sous le nom d'à agence», intermédiaire entre l'établissement de facteur-receveur et la distribution postale. Les « agences » effectuent les opérations les plus courantes et ont rendu de tels services que la Direction de rOfficeadécidé de les substituer sur certains points aux distributions postales actuellement existantes.
Le service de la distribution dans les campagnes, à des distances souvent considérables de tout établissement postal, est assuré par «les facteurs ruraux et des cavaliers porteurs de sacoches individuelles fermées, dont la clef se trouve entre les mains des colons qui y prennent leur correspondance d'arrivée et y insèrent leur correspondance de départ.
Au 31 décembre -1905, le service postal était assuré par 106 recettes, 227 distributions postales et lO établissements de facteursreceveui-s. La distribution à domicile est organisée dans la circonscription de 101 bureaux. En 1888, il n'existait que 29 recettes et 8 distributions.
Un décret récent du 17 juillet 1905 a adapté d'une manière plus complète encore l'outillage postal aux besoins du public. Il n'existait jusqu'à cette date à l'iiitérieurd'unemèmeville aucun procédé pratique et peu onéreux à la fois de faire parvenir rapidement les correspondances urgentes.
La «lettre express, qui a fait l'objet du décret du 17 juillet 1905, a comblé fort heureusement cette lacune. La lettre exprès, dont le prix a été (îxé à 30 centimes, est analogue au « petit bleu » bien connu des Parisiens ; elle s'en distingue toutefois en ce qu'elle circule en dehors des agglomérations urbaines et qu'elle peut être diiigéede toute localité sur un point quelconque de la Régence.
Pour le tr:msport des correspon<lances, la Direction de l'Office Postal, tout en usant des ordinaires moyens de locomotion : voie ferrée, tramways, courriers en voitures ou cavaliers, emploie entre Sousse et Sfax,surune distance de 130 kilomètre-s, des voitures automobiles qui assurent également le service des voyageui-s. Dans la région des oasis, elle utilise même les « méhari », montrant ainsi
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