La grande résurrection de Lazare
B. 73 ; G. 74 ; Cl. 77 ; W. 77 ; Bl. 48 ; M. 188 ; Dut. 79.
Vers 1632.
Cette estampe a servi de thème a de nombreuses discussions : M. Seymour Haden l'attribue à Bol et à Lievens, M. Middleton ne reconnaît le travail de Rembrandt que dans le dessin du Christ et dans le rideau. Ch. Blanc y voit un magnifique morceau, incontestablement de Rembrandt; c’est aussi l’avis de Rovinski et de M. Em. Michel ; Dutuit pense que la composition est bien du maître, mais que que la gravure doit être en grande partie de Van Vliet ; M.von Seidlitz maintient la pièce à l’œuvre de Rembrandt et pense qu’elle est de lui pour les parties essentielles.
On a rapproché cette composition d’un dessin de Rembrandt qui est au British Muséum ; elle est beaucoup plus proche d’un tableau actuellement dans la collection de M. Ch. T. Yerkes de New-York (W. Bode, Rembrandt , t. I, p. 125). On retrouve dans le haut du tableau exactement les mêmes accessoires (turban, cimeterre, et carquois) que dans l’estampe.
Rovinski n’a pas compté moins de dix états pour cette pièce, il les a signalés avec beaucoup de précision.
a. — Le 4° État, exposé, montre la planche réellement complète, avant tout remaniement; dans les états précédents on remarque : au 1er, un cadre formé de deux tailles seulement, une place restée blanche sous la manche droite de la femme effrayée qu’on voit au-dessus de la main de Lazare ; les travaux du fond ne descendent pas jusqu’aux épaules de l’homme effrayé qui domine le groupe adroite (Amsterdam, British Muséum); au 2e, le fond descend jusqu’aux épaules de l'homme effrayé, mais on ne voit pas encore en plair le front du personnage qui est derrière les pieds du Christ. Au 3e, le personnage se détache en clair; tout le groupe auquel il appartient est éclairci. Au 4e, les parties claires sont modelées à nouveau par de petites tailles.
b. — Le 5e État montre à l’angle droit du bas de la planche une femme vue deprofil au lieu de celle qui était vue de dos.
c. — Dans le 6e État, la femme qui se trouve au-dessus de Lazare porte un chignon au lieu d’avoir les cheveux dénoués et trois des personnages du fond sont coiffés d’amples bonnets.