VIEILLARD BARBU COIFFÉ D’UN TURBAN
(Coll, de M. F. C.)
NOUVEAU TESTAMENT
vaux qui ne se voient pas dans les deux premiers états ; la gravure est augmentée d’environ 3 millimètres dans le bas ; avant la signature.
c. — 4 e État : avec la signature : Rembrandt, inventor et fecit 1633.
Cette estampe a provoqué les appréciations les plus variées : Bartsch la considère comme une des pièces capitales de Rembrandt, une de celles qu’il a travaillées avec le plus de soin ; Charles Blanc trouve extraordinaire qu’on y attache une telle importance ; M. Seymour-Haden croit qu’elle est de Bol ou de Rodermont, et que la composition est de Jean van de Velde ; M. Middleton pense qu’elle a été exécutée par Rembrandt avec la collaboration de ses élèves ; M. Dutuit partage cette manière de voir.
Le tableau de Rembrandt qui donne la même composition en contre-partie (anciene collection Choiseul, actuellement collection Wallace) ne porte ni le tonneau, ni le chien du premier plan et M. von Seidlitz fait remarquer avec raison combien ces accessoires sont traités petitement.
Il en est de même pour les herbes qu’on voit entre le chien et le page du Samaritain, les planches de l’escalier et le mur au-dessus du personnage accoudé à la fenêtre.
La singularité de la formule employée pour la signature éveille aussi quelques doutes et l’hypothèse d’une gravure exécutée sous la surveillance du maître, retouchée au besoin par lui, dans le groupe du Samaritain et de l’aubergiste, notamment, est au moins vraisemblable.
Dans le journal de Hugues-Adrien Joly, on lit, à la date du 23 mai 1755 :
« Le 23 mai 1755, donné à M. de la Cour, une estampe de Rembrandt appelée le « Samaritain, épreuve à la queue blanche, tirée de l’œuvre de ce maître, prove- « nant du cabinet de Marolles, qui s’est trouvée double, avec une épreuve de la « Franche-Comté, gravée par Simonneau, tirée du Recueil du Roi, lesquelles ont « été échangées contre deux épreuves du portrait rare de M. Grassm, Direct, géné- « ral des Monnoyes, gravé par Lépicié. »
— Le retour de Tentant prodigue.
B. 91 ; G. 70; Cl. 95; W. 96; Bl. 43 ; M. 201 ; Dut 76.
Signé : Bembranclt f. 1636.
Un tableau, dont la composition était analogue à celle de l’estampe, a figuré dans la vente de l’électeur de Cologne en 1764.
M. Hofstede de Groot voit, dans cette pièce, l’influence d’une composition de Martin von Heemskerk; Rovinski dit : on présume que Rembrandt a imité dans cette feuille Léonard de Vinci.
— Jésus guérissant les malades. Estampe connue sous le nom de « Pièce aux cent florins ».
B. 74; G. 75 ; Cl. 78; W. 78 ; Bl. 49; M. 224; Dut. 77.
Vers 1650.
a. — Une légende rapportée par Bartsch veut que Rembrandt ait échangé une épreuve de cette belle pièce contre quelques gravures de Marc-Antoine, évaluées 100 florins ; de là viendrait son surnom ; l’épreuve conservée au musée d’Amsterdam porte au verso, de la main de Petersen Zoomer, une inscription dont voici le sens : « Don de mon respectable ami Rembrandt en échange de la Peste de Marc- Antoine. » Telle est peut-être l’origine de la tradition transmise par Bartsch.
Quoi qu’il en soit, cette estampe ést de la plus grande rareté : le 1er État qu’on
peut repérer facilement parce que l’âne qui est au coin, à droite, ne porte pas de contre-tailles sur le cou, n’est connu qu’à 8 épreuves :
2 sont au British Muséum.
1 au cabinet des Estampes de Paris.
1 à Vienne (Hofbibliothek).
1 à Berlin.
1 dans la collection du baron Edmond de Rothschild.
1 dans la collection Dutuit .
1 à Amsterdam, où l’on voit en plus une maculature ou épreuve mal venue.
b. — Le second état porte des contres-tailles sur le cou de l'âne; la joue de la femme agenouillée et son cou ont été refaits.
c. — Cette planche est gravée en beaucoup de ses parties avec des travaux d’une très grande légèreté qui se sont vite usés ; le troisième état n’est guère caractérisé que par cet affaiblissement du ton, des taches d’oxyde, et la reprise maladroite de quelques contours.
En 1775, la planche de Rembrandt, tombée entre les mains d’un graveur nommé Greenwood, fut rachetée et retouchée (!) par le capitaine Baillie, qui en fit un tirage de J 00 épreuves, et partagea la planche en quatre coupons pour en assurer la rareté.
Le cabinet des Estampes de Berlin possède un beau dessin à la plume du groupe qui entoure la femme malade. Ce groupe est en contre-partie de l’estampe.
Ch. Blanc a reproduit dans son catalogue de Rembrandt, t. I, p. 137, une étude à la plume pour la figure de la femme malade (Collection P. Deschamps).
M. Léon Bonnat possède une étude du chameau qu’on voit à droite de l’estampe.