Pourquoi pouvons -nous demander ces biens temporels
Parce que le désir de ces biens a sa source dans la nature, dont Dieu est l'auteur. Lui-même nous a enseigné à demander notre pain quotidien ^
Ne me donnez, Seigneur, ni la pauvreté ni les richesses : donnez-moi seulement les choses nécessaires à ma vie; de peur que, rassasié, je ne sois tenté de vous renier, et de dire : Qui est le Seigneur f ou que, poussé par la détresse, je ne dérobe, et que je ne viole par un parjure le nom de mon Dieu *.
49. De quelle manière devons -nous demander à Dieu les choses temporelles, même nécessaires ?
Nous devons toujours les demander: 1*> conditionnellement, c'est-à-dire en tant qu'elles ne deviennent point des obstacles à notre salut ; ^ avec une soumission parfaite à la volonté de Dieu.
Les choses temporelles, en effet, peuvent être pour nous des obstacles à notre salut, comme aussi elles peuvent être des moyens. C'est ce que Dieu seul connaît; par conséquent, c'est à sa seule volonté que nous devons soumettre tous nos désirs et toutes nos demandes.
50. Pourquoi ne demandons -nous pas à Dieu les richesses et les grandeui^ temporelles ?
i^ Afin d'imiter Notre -Seigneur Jésus -Christ, notre modèle et notre maître, qui s'est rendu pauvre pour l'amour de nous, jusqu'à n'avoir pas où reposer sa tête^; qui, étant la splendeur de la gloire du Père, l'empreinte de sa substance, et ayant la forme et la nature de Dieu, s'est anéanti lui-même en prenant la forme et la nature de serviteur, se rendant obéissant jusqu'à la mort de la croix *.
2<> Parce que ces biens présentent beaucoup de dangers par rapport au salut, que le désir en est ordinairement vicieux et désordonné, et qu'il a son principe dans la nature corrompue.
Ayant donc de quoi nous nourrir et de quoi nous couvrir, nous devons être contents , parce que ceux qui veulent devenir riches tombent dans la tentation et dans le piège du diable , et en divers désirs inutiles et pernicieux, qui précipitent les hommes dans Vabime de la perdition et de la damnation'^.
Mes enfants bien-aimés, qu'il est difficile à ceux qui se confient dans les richesses d*entrer dans le royaume de Dieu ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu^,
* Luc, XI, 8. — • Prov., xxx, 8, 9. — • Luc, 11, 68. — * Hébr., i, 8; Phll., 11, 6-8. — * I Tlni., VI, 8, 9. — « Marc, x, 84- M.