‹ Exposition de la doctrine chrétienne (volume 2)Chapitre 196 sur 961 · Qu'est-ce qui prouve l'excellence de Teucharistie · texte numérisé non relu

Qu'est-ce qui prouve l'excellence de Teucharistie

l** Celui qu'elle contient. Le sacrement de l'eucharistie contient Jésus- Christ lui-même substantiellement, au lieu que les autres sacrements ne contiennent qu'une vertu instrumentale, qui découle de Jésus -Christ en eux, par voie de participation.

2° L'ordre respectif des sacrements. Tous paraissent institués pour se rapporter à l'eucharistie comme à leur fin : le baptême prépare à la recevoir ; la confirmation perfectionne le chrétien, afin d'empêcher que la crainte ne l'en éloigne; la pénitence et l'extrême -onction disposent l'âme à recevoir dignement ce divin sacrement; l'ordre fournit les ministres nécessaires à sa consécration; le mariage enfin se rapporte encore à l'eucharistie, au moins par sa signification, puisqu'il est le signe de l'union de Jésus-Christ avec son Église.

^ Concile de Trente, Sess. VU, can. 8.

Sa. Comment peut «on comparer entre eux les autres sacrements?

S'il s'agit de la nécessité, dit saint Thomas, le baptême est le premier; s'il s'agit de la peifection, c'est l'ordre, et la confirmation tient le milieu entre les deux.

Les sacrements de la pénitence et de l'extrême- onction sont inférieurs aux autres, parce que leur rapport avec la vie chrétienne, loin d'être essentiel , n'est en quelque sorte qu'accidentel, puisqu'ils sont destinés à remédier à un défaut qui survient.

Quant à leur rapport entre eux, l'extrême -onction est à la pénitence ce que la confirmation est au baptême; c'est-à-dire que la pénitence est le plus nécessaire, et que l'extrême -onction augmente la perfection de l'âme.

96. De quoi se compose le signe sensible dans les sacrements ?

Il se compose de deux parties : d*un élément qu^on appelle la matière, et de paroles déterminées qu'on appelle ]sl forme ".

« La parole, ou le verbe, se joint à rélément, et il se fait un sacrement. » (S. Augustin.)

37. Est- il certain que les sacrements sont composés d'une matière et d'une forme ?

La foi de l'Église sur ce point est affirmée par le pape Eugène IV, dans le Décret aux Arméniens, où il est dit que tous les sacrements se composent « des clioses comme matière, des paroles comme forme , et de la personne du ministre , qui confère le sacrement avec l'intention de faire ce que fait l'Église; si une de ces choses manque, il n'y a point de sacrement. »

L'apôtre saint Paul indique clairement la matière et la forme du baptême, lorsqu'il dit : « Jésus -Christ a aimé l'Église, et s'est livré pour elle, afin de la sanctifier, après l'avoir purifiée dans le baptême de l'eau par la parole de vie*. »

38. Est- il convenable que les sacrements soient composés d'une matière et d'une forme?

Cela convient à la nature du Verbe incarné, auteur de la sancti-

flcation, et à la nature de l'homme, que les sacrements sanctifient.

c De même que le Verbe de Dieu s'est uni à une chose sensible par

■ Matière et forme. — On appelle matière en général ce dont une chose est faite : ainsi le marbre est la matière dont un sculpteur fait une statue.

On appelle forme en général ce ^lui fait que la matière prend une certaine manière d'être; ainsi le travail du sculpteur est ce qui fait que le marbre devient une statue.

* Épbéft.. T, î6.

le mystère de rincarnation , ainsi dans les sacrements on joint la parole, ouïe verbe, à la chose sensible. Quant à l'homme, comme il est composé d'une âme et d'un corps, le remède sacramentel répond à sa nature, puisqu'il touche le corps au moyen de la chose sensible, et que la parole fait pénétrer dans l'âme la foi au sacrement. » (S. Thomas.)

39. Par qui ont été déterminées la matière et la forme des sacrements?

Comme les sacrements ont tous été institués par Notre- Seigneur Jésus -Christ, et que chacun d'eux est constitué* par une matière et par une forme , c'est lui nécessairement qui a déterminé cette matière et cette forme.

Toutefois un grand nombre de théologiens pensent que, pour les sacrements autres que le baptême et Teacharistie, Notre- Seigneur n'a déterminé la matière et la forme que d'une manière générale, laissant à l'Église le soin et le pouvoir de préciser davantage.

ce II n'appartient pas à l'homme de choisir à son gré les choses au moyen desquelles il doit être sanctifié ; mais c'est l'institution divine qui a dû les déterminer. » (S. Thomas.)

Matière sacramentelle.

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