GRACES CONFÉRÉES PAR LES SACREMENTS
fiante. C'est cette même grâce sanctifiante, en tant qu'elle est ordonnée à une fin spéciale.
98. Sur quoi est fondée Texistence de la grâce sacramentelle?
Sur la distinction des sacrements. S'ils n'avaient pas une grâce propre à chacun d'eux , ils ne dilTéreraient les uns des autres que par le rite extérieur et se réduiraient en somme à un seul sacrement. Mais il est de foi que les sacrements ont été institués pour des fins diverses : « Par le baptême, dit le pape Eugène IV , nous renaissons spirituellement; par la confirmation, nous sommes fortifiés dans la foi, etc. x^ Le baptême nous donne donc un secours pour vaincre la concupiscence; la confirmation, pour professer et défendre la foi avec intrépidité; etc.
99. En perdant la grâce sanctifiante , perd - on aussi le droit aux secours spéciaux que donnent les sacrements?
Oui , parce que la grâce sacramentelle n'est pas distincte de la grâce sanctifiante.
100. La grâce de chaque sacrement est -elle égale pour tous ceux qui le reçoivent?
Le même sacrement étant administré à plusieurs sujets, la grâce qui leur est communiquée varie suivant les dispositions de chacun : elle est plus abondante en ceux qui ont des dispositions plus parfaites.
La grâce est comme le feu, qui produit une chaleur plus intense dans le bois que dans la paille ; comme la lumière du soleil, qui illumine davantage un cristal plus pur; comme le cachet, qui se grave d'autant plus nettement dans la cire, que celle-ci se prête mieux à son empreinte; comme la semence, qui se développe d'autant plus heureusement, que le terrain est mieux préparé.
iOi. La grâce des sacrements dont la réception a été infhictueuse revit -elle, quand l'obstacle est levé?
Que la grâce du baptême puisse revivre , cela est certainement vrai. Car, ce sacrement ne pouvant être réitéré, si la grâce qu'il confère ne revivait point, la justification serait impossible pour celui qui Ta mal reçu.
Il en est de même, suivant l'opinion commune, des sacrements de confirmation et d'ordre; car il est difficile d'admettre que ceux qui les ont reçus dans de mauvaises dispositions soient privés toute leur vie de la grâce sacramentelle nécessaire pour obtenir la fin en vue de laquelle ces sacrements ont été institués.
Pour une raison semblable, on admet plus probablement que