‹ Exposition de la doctrine chrétienne (volume 2)Chapitre 219 sur 961 · DES SACREMENTS EN GÉNÉRAL. — TRAITS HISTORIQUES · texte numérisé non relu

DES SACREMENTS EN GÉNÉRAL. — TRAITS HISTORIQUES

ment dite de Tâme, mais dans la rémission de la peine due au péché , rémission obtenue par la foi ou ferme persuasion que les mérites de Jésus -Christ nous sont extérieurement imputés.

Ils concluaient de là : i° Que les sacrements ne sont pas des sign^ efficaces de la grâce, mais de simples signes qui excitent la foi et conduisent par là l'homme à appréhender la justice du Christ, ou bien des gages de la justification, ou encore des signes extérieurs de communion.

2» Qu'il faut diminuer le nombre des sacrements, et ne conserver que ceux qui ont rapport à Ja rémission des péchés, savoir : le baptême, la pénitence et Teucharistie , suivant Luther; le baptême, Teucharistie et l'ordination, suivant Calvin; Je baptême, l'eucharistie et le mariage, suivant Zwingle; etc.

30 Que tout le monde, clercs ou laïques, hommes ou femmes, même le diable, dit Luther, peut conférer les sacrements*.

4" Qu'il suffit, d'après Luther, pour administrer le sacrement, d'accomplir le rite extérieur, lors même qu'on le ferait par plaisanterie et dérision.

&> Qu'il n'y a pas de sacrements qui impriment un caractère.

&> Que les cérémonies sacramentelles sont ridicules et méprisables.

116. Quel est le concile qui a condamné ces erreurs abominables ? C'est le concile de Trente.

TRAITS HISTORIQUES

Figures des sept sacrements. — Les sept épis beaux et pleins que Pharaon aperçut en songe. (Gen., xli, 22.) — Les sept lampes qu'aperçut le prophète Zacharie. (Zach., iv, 2.) — Les sept colonnes sur lesquelles est bâtie la demeure de la Sagesse. (Prov., ix, 1.) — Les sept purifications au moyen desquelles Naaman devait se guérir de sa lèpre dans le Jourdain. ( rV Rois, V, 10.) — Les sept sceaux qui ferment le livre de vie. (Apec, V, 1.)

» Par contre, les donatistes, les vaudois, les albigeois, les wicléfistes, les hussites, regardaient comme invalide le sacrement administré par un ministre indigne.

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Natiffp 4?s 0acrei;if^nt9. — Un sacrement est un s\^n^ sjsi^s||9le^ iP9t|tiié p^r Notre- Seigneur Jésus -Christ, pour signifier et produire la grâce. — Un 8i|p!ie sensible est une chose perçue par les sens, qui en révèle une autre qu'on ne perçoit pas. — En tant que Dieu, Jésus -Christ a institué les sacrements par un pouvoir d'autorité tupréfne, et, comme homme, par un pouvoir d'autorité déléguée. — Les sacrements produisent la gl4c^ et nous sanctifient. Ils la produisent ex opère operato dans ceux qui n'y mettant poii^t d'obs^c)e. (lette efficacité intrinsèque des sapremepts est ui> dogpae (|e foi, (on^é sur les enseignements de rÉglise et de I4 sainte Écriture, sur |a traditjor^ unanirpe des saints Pères et sur la pratique constante de TÉglise. Les sacrements possèdent cette efficacité intrinsèque en qualité de causes instrumentales; Dieu est la seule cause efficiente et principale de la grâce.

Il est douteux qu'il y ait eu des sacrements dans l'état d'innocence, car dans cet état l'homme n en avait nul bfespin, pi comip^ ran^èdes ^u péc^é, ni ponin)^ moyens de perfection pour Tàme. — Sous la loi de nature ^ perspni^p np pppvapt être sanctifié autrement (}ue par Jésus -Christ, il fallait qu'il y eût quelques signes visibles, au moyen desquels l'homme pût attester sa foi au Sauveur futur : ce sont ces signes que nous appelons sacrements. — Sous la loi écrite, il est certain qu'il y avait plusieurs sacrements, comme le supposent manifés- . tement les conciles et les Pères. — Il y a entre les sacrpmepts dp la loi fincienne et ceux de la loi nouvelle deux différences principales : !<> les pren^iers signifiaient la grâce future , ian4is que les seconds signifient la grâce actuellement présente; 2o suivant l'opinion la plus commune, les sacrements de la loi ancienne ne produisaient pas la grâce par eux-mêmes.

Nécessité des sacrements. — Les sacrements n'étaient pas nécessaires d'une nécessité absolue, mais ils étaient nécessaires d'une nécessité de convenance; car il fallait que les moyens de sanctification fussent en harmonie avec la nature de Jésus -Christ, le sanctificateur, et avec la nature de l'homme, le sanctifié. Il convenait, en effet, qu'entre un Dieu qui a voulu se rendre visible et des hommes qui sont des êtres visibles , il y eût des moyens d'uniofi visibles. Les sacrements sont en harmonie avec la nature de l'homme, soit qu'on le considère, comme homme, comme homme déchu, ou comipe homme sopial.

Distinction des sacrements. — Les sacrements se distinguent sous le rapport du nombre et sous le rapport de l'espèce.

Il y a sept sacrements : le bapléme, la confirmation, l'eucharistie, la pénitence, l'extrême -onction^ l'ordre et le mariage. — Leur existence s'établit par l'enseignement de l'Église, par la sainte Écriture, par le témoignage des Pères, par l'accord qui existe à ce sujet entre l'Église romaine et les sectes orientales, par la conduite constante de l'Église et par l'argurpent de prescriptiop. — Ce nombre répond parfaitement aux relations principales qui existent entre ||| yi^

DBS SACREMENTS ftN GiNÉRÀL. — RâSUMi 165

de la natare et la vie de la grâce. Gomme individu, Tliomme naît à la vie naturelle : il naît à la vie de la grâce par le baptême ; l'homme croit et se fertile : il croit et se fortifie dans la vie de la grÀce par la eonfinnation ; Thomipe se nourrit pour entretenir et réparer ses forces : il alimente la vie de la grftce par rencharistie ; si l'homme est malade, il cherche à se guérir : il trouve des moyens de guérison ou de résurrection surnaturelles daiis la pénitence j en danger de mort, Thomme cherche tous les secours désirables : il fiùt disp»raltre alors les derniers restes du péché par rextréme-oncMon. Comme être social, il £iut que l'homme soit gouverné par des chefs temporels : il est d{m^ la vie de la grâce gouverné par des chefs spirituels, que lui donne le sacrement de l'ordre; il tàu% aussi que la société, dont l'homme est membre, se perpétue à travers les siècles : la société spirituelle se perpétue aussi par le mariage.

Sous le rapport de Tespèce, les sacrements se divisent : !<> en sacrements qui ont pour lin la perfection de Vindividu : ce sont les cinq premiers ; et en sacrements cjui ont pour fin la perfection de la société : ce sont les deux derniers; 2o en sacrements des morts, cfai donnent la vie de la grâce à ceux qui sont morts spiiituellement ; et en sacrements des vivants, qui augmentent la vie de la ^ce; ^ en sacrement permanent et en sacrements transitoires; 4* en sacrements nécessaires de nécessité de moyen et sacrements nécessaires de nécessité de précepte ; &> en sacrements qui impriment un caractère ineffiicable e( en sacrements qui n'impriment pas de caractère.

Les sacrements ne sont pas égaux entre eux. L'eucharistie est le plus excellent de tous, parce qu'elle contient l'Auteur même de la grâce, et parce que les autres sacrements paraissent institués pour se rapporter à l'eucharistie comine ^ l^ur fin.

Matière ut forme ^e» ç^p^ements. — (<e signe sensible dans les sacrements se compose de deux parties : la matière et la forme. — Il convenait à la nature du Yerbe incarné, auteur c|e la sanc^iQcation , et â la nature de l'homme, qui pBi sanctiAé, que les sacrements fussent composés d'une matière et d'une forme. La matière et la forme des sacrements ont été déterminées par Notre - Seigneur Jésus -Christ.

La matière sacramentelle est l'élément sensible, ou l'acte extérieur, qui peut, par la volonté divine, devenir partie essentielle d'un sacrement. On distingue : la matière éloignée, ou la chose sensible, en tant qu'on la considère comme indifférente â devenir un sacrement; et la matière fMfOchainê, ou l'applieatien de cette chose sensible au sujet du sacrement. Les éléments matériels sacramentaux appartiennent, soit â la nature, comme l'eau, l'huile, le pain et le vin, soit à l'homme, comme l'imposition des mains, l'accusation des péchés et le contrat de mariage.

La forme sacramentelle consiste dans les paroles que le ministre prononce en appliquant la matière. La forme des sacrements est vraiment et proprement oonsécratoire, c'est-à-dire que, prononcée en même temps que se ftdt l'application de la matière , elle produit avec elle le sacrement et ses effets.

Il est nécessaire, pour la constitution du sacrement , que la ferme soit unie

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