DES SACREMENTS EN GÉNÉBAL. — RÉSUMÉ
à la matière. Le caractère de cette union diffère suivant la nature du sacrement. Le même ministre doit unir la matière et la forme, à l'égard du même sujet.
Il peut y avoir des altérations, soit dans la matière, soit dans la forme. L'altération gubstantieile de la matière consiste dans l'emploi d'une matière autre que celle qui est prescrite, ou dans l'emploi de la matière prescrite mais dénaturée par corruption; l'altération accidentelle consiste dans l'emploi d'une matière légèrement viciée. L'altération subitantielle de la forme consiste dans un changement qui transforme le sens des paroles; et l'altération acddenteUe, dans un changement qui le conserve. — Si l'altération est substantielle, le sacrement est rendu gravement illicite et invalide ; si elle n'est qu'acddentelle, le sacrement est, suivant le cas, gravement ou légèrement illicite, mais il reste valide.
Ministre des sacrements. — On distingue : 1« le ministre principal, qui est Jésus-Christ; et le ministre secondaire, ou celui qui, au nom de Jésus-Christ, peut validement administrer le sacrement ; ^ le ministre secondaire ordinaire d'un sacrement, ou celui qui le confèi*e d'office, en vertu de son ordination; et le ministre extraordinaire, ou celui qui le confère par un privilège spécial ou par délégation, ou en raison d'une urgente nécessité. — A l'exception du baptême et du mariage, nul ne peut conférer validement les sacrements, s'il n'est légitimement ordonné dans l'Église. Les évèques peuvent administrer tons les sacrements ; les prêtres ne peuvent conférer ni l'ordre ni la confirmation , à moins qu'ils n'aient pour ce dernier sacrement une délégation du souverain pontife. Le Pape, ayant une juridiction universelle, peut administrer tous les sacrements dans toute l'Église; les évèques et les prêtres ne peuvent, dans les cas ordinaires, conférer les sacrements qu'à ceux sur lesquels ils ont juridiction.
Pour que le ministre légitime administre validement un sacrement, il est nécessaire et il suffit qu'il ait Tintention au moins virtuelle de faire ce que fait rÉglise. Ni la loi ni l'état de grâce ne sont requis du ministre pour la validité du sacrement, puisque les sacrements communiquent la grâce en vertu de l'œuvre opérée.
Pour qu'un ministre confère licitement un sacrement, il faut qu'il soit en état de grâce, qu'il administre avec attention, respect, selon le rite voulu et seulement à ceux qui sont dignes.
Sujet des sacrements. ~ Par sujet des sacrements, on entend celui qui est apte à les recevoir. Les enfants avant l'âge de raison ne peuvent recevoir ni la pénitence ni l'extrême -onction; ils ne peuvent recevoir non plus le mariage ni l'ordre; ceux qui ne sont pas malades ne peuvent recevoir Textrême- onction; les femmes , le sacrement de l'ordre ; les clercs dans les ordres sacrés ou les profès à vœux solennels, le sacrement de mariage. Il faut avoir reçu le baptême pour pouvoir participer aux autres sacrements.
Chez les adultes , Vintention est nécessaire pour recevoir validement les sacrements : l'intention au moins virtuelle, pour la pénitence et le mariage; l'intention au moins habituelle, pour le baptême et l'ordre. L'intention interprétative suffit pour la confirmation, l'eucharistie et l'extrême -onction. L'intention actuelle n'est jamais nécessaire. — Pour recevoir licitement les sacrements , il faut avoir la foi, l'espérance, la contrition des péchés et un commencement d'amour de
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Dieu, pour les sacrements des morts; et Tétat de (p*âce, pour les sacrements des vivants. — Selon les dispositions du sujet , la réception d'un sacrement peut éti^ valide, nulle, fiructueuse, infructueuse ou sacrilège.
Effets des sacrements. — Les sacrements nous confèrent la grâce, et quelques-uns impriment un caractère» ^
ïjes sacrements produisent deux sortes de grâces : la grâce sanctifiante commune à tous, et la grâce sacramentelle propre à chacun d'eux.
La grâce sanctifiante est dite première grâce ou seconde grâce, suivant qu'elle fait passer Tâme de la mort du péché à la vie de la grâce, ou qu'elle augmente la grâce sanctifiante que l'âme possédait déjà. Les sacrements des morts produisent par eux-mêmes la première grâce; ils produisent accidentellement la seconde grâce, lorsque ceux qui les reçoivent sont déjà en état de grâce. Les sacrements des vivants confèrent par eux-mêmes la seconde grâce, et accidentellement la première grâce en certains cas.
La grâce sacramentelle est celle qui donne droit aux grâces actuelles nécessaires pour obtenir la fin en vue de laquelle le sacrement a été institué. L'existence de la grâce sacramentelle se fonde sur la distinction des sacrements. — La grâce communiquée par un même sacrement administré à plusieurs sujets varie suivant leurs dispositions ; elle est plus abondante en ceux qui ont des dispositions plus parfaites.
Le caractère sacramentel est une marque spirituelle, ineffaçable, que les sacrements de baptême, de confirmation et d'ordre impriment dans l'âme de ceux qui les reçoivent. Nous savons que ces sacrements impriment un caractère par l'enseignement de l'Église, par la sainte Écriture et par l'unanimité de la Tradition. — Ce caractère est indélébile, parce qu'il est une consécration spéciale à Jésus -Christ, et que l'essence de la consécration est de durer toujours, tant que la chose consacrée subsiste.
Cérémonies des sacrements. — On entend par cérémonies des sacrements des actes extérieurs de religion, que l'ÉgUse a établis pour donner de la magesté au culte divin, administrer avec convenance et dignité les sacrements , et exciter la dévotion des chrétiens. Il est des cérémonies qui remontent à Jésus -Christ, d'autres aux Apôtres; d'autres ont été instituées par l'Église dès les premiers siècles. Les cérémonies essentielles sont en usage dans toute l'Église ; les cérémonies accidentelles varient avec les Églises particulières. — Les cérémonies sacramentelles inspirent aux fidèles le respect et la piété ; elles les instruisent et les édifient; elles les élèvent à la contemplation des choses célestes. Ces cérémonies doivent être observées sans omission ni changement.
Erreurs sur les sacrements. — Les principales erreurs sur les sacrements proviennent des novateurs du seizième siècle. Ces hérétiques ont contesté leflicacité des sacrements; ils ont prétendu qu'il fallait en diminuer le nombre et ne garder que ceux qui ont rapport à la rémission des péchés. Us soutenaient que tout' le monde pouvait administrer les sacrements, qu'aucun sacrement n'imprimait de caractère, et que les cérémonies sacramentelles étaient ridicules et méprisables. — Le concile de Trente a condamné toutes ces erreurs.