‹ Exposition de la doctrine chrétienne (volume 2)Chapitre 31 sur 961 · La grâce crficace enlève -t-ellc à Thomme la liberté · texte numérisé non relu

La grâce crficace enlève -t-ellc à Thomme la liberté

Non , la grâce laisse à l'homme la liberté pleine et entière d'y coopérer.

* Senion VI, ch. ii. — « III» Concile d'Arles. — ' Prov., i, 24- 26. -^ * Matth., acxui, 87. — * Actes, vu, 61. — * I Tlm., u, 4. — ' PhU., u, 13.

22 EFFICAOTÉ DE LÀ GEàCë

46. Gomment établit-on cette libre coopération de l'homme à la grâce? 1® Par renseignement de TÉglise.

« Si quelqu'un dit que le libre arbitre de rhomnie , sous l'impulsion et l'excitation de Dieu, alors qu'il consent à cette excitation et à cet appel divin, ne fournit aucune coopération qui le dispose et le prépare à obtenii* la grâce de la justification, et qu'il ne peut refuser, s'il le veut, son consentement à cette gi^ce, mais qu'il est aloi's complètement inactif et purement passif, semblable à un être sans vie : qu'il soit anatlième^ d

2° Par la sainte Écriture, qui Taffirme dans un grand nombre de passages :

J^ai incliné mon cœur à accomplir éternellement vos ordonnances pleines de justice, à cause de la récompense '*. — Sa gloire sera étemelle. Il a pu violer le commandement de Dieu, et ne l'a point violé; il a pu faire le mal, et ne Va point fait^. — Retourniez vers moi, dit le Seigneur des armées, et je me retowmerai vers vous*, — Chacun recevra sa récompense particulière selon son travail; car nous sommes les coopérateurs de Bieu^, — Sa grâce n'a pas été stérile en moi; mais j* ai travaillé plus ^uc tous les autres, non pas moi toutefois, mais la grâce de Dieu avec moi^,

3® Par l'unanimité de la Tradition catholique, qui, tout en reconnaissant la nécessité de la grâce, proclame en même temps la liberté de Thomme.

« Ceux qui opèrent le bien obtiendront gloire et honneur, pour l'avoir fait quand ils auraient pu ne pas le faire. Mais ceux qui ne le font pas recevront de Dieu un juste châtiment pour ne l'avoir pas fait, quand ils pouvaient le faire. » (S. Irénée.)

« Dieu a voulu, lorsque nous voulons, que cet acte de volonté soit à lui et à nous; or il le fait sien en nous appelant, et nous le faisons nôtre eu le suivant. Ce qui dépend de notre volonté, c'est de consentir ou de ne pas consentir à la vocation de Dieu. » (S. Augustin.)

47. La raison confirme- 1- elle aussi la libre coopération de Thomme à la grâce ?

La raison confirme cette vérité. Si l'homme, en effet, n'a pas la liberté de consentir ou de résister à la grâce, il s'ensuit : l*» que Dieu veut être servi par force : ce qui répugne à sa grandeur ; 2® que l'homme n'a aucun mérite dans les bonnes œuvres qu'il accomplit avec la grâce : ce qui répugne à sa dignité; 3« qu'il ne démérite pas en faisant le mal , puisqu'il serait privé alors de la grâce qui le forcerait à faire le bien : ce qui ouvre la voie à tous les vices.

* Concile de Trente, Session VI, can. 14. — * Ps. cxvra, 112. — ' Bodl., xxxi, 10. — * Zach., I, 8. — * I Cor., ifl, 8, 9. — * I Cor., »xv, 10.

GRACaB EFFICACE 23

48. L'homme peut -il se glorifier de sa libre coopération à la grâce?

Non, parce qu'il n'y a rien dans sa bonne œuvre qui soit tellement à lui qu'il ne le tienne pas de Dieu.

La bonne œuvre vient toute de l'homme, parce que c'est lui qui veut et qui agit par son libre arbitre; et elle vient toute de Dieu, parce que c'est Dieu, comme le dit saint Paul, qui produit dans l'homme le vouloir et le faire, et opère en lui ce qui est bon et agréable à ses yeux. Si donc il est vrai que l'homme fait la bonne œuvre, il n'est pas moins vrai que Dieu la fait dans l'homme.

Que le Dieu de paix... vous rende disposés à toute bonne œuvre, afin que vous fassiez sa volonté, lui-même faisant en vous ce qui lui est agréable *.

« A Dieu ne plaise donc, dit le concile de Trente, que Thomme chrétien se confie ou se glorifie en lai-môme, et non dans le Seigneur, dont la bonté envers tous les hommes est si grande, qu'il veut bien que ses propres dons deviennent leurs mérites*-^. i>

€ Dieu couronne ses dons, en couronnant les mérites de ses serviteurs. » (S. AuGCSTiN.) — « Le libre arbitre fait tout et la grâce fait tout; mais tout ce qui se fait dans le libre arbitre vient de la grâce. » (S. Bernard.)

49. Gomment concilier notre libre arbitre avec refficacité de la grâce?

C'est un problème dont Dieu a jusqu'ici refusé la solution à la sagesse humaine. Quoi qu'il en soit à ce sujet des opinions diverses des théologiens, la liberté de l'homme et l'efficacité de la grâce sont deux vérités également certaines.

« Enlevez le libre arbitre, dit saint Augustin, il n'y a plus rien à sauver; enlevez la grâce, il n'y a plus moyen de se sauver. »

50. Que devons -nous faire en présence de cet insondable mystère?

Devant un tel mystère, nous devons : 1<» courber notre raison, * tenant toujours fortement les deux bouts de la chaîne, quoique on ne voie pas toujours le milieu car où Tenchainemenl se continue » ^ ; 2** agir comme si tout dépendait de nous ; 3° nous confier entièrement en Dieu comme si tout dépendait de lui.

e II est plus digne du chrétien de croire, avec la simplicité des enfants de Dieu, ce que TËglise nous enseigne, que de vouloir sonder la profondeui* des conseils de l'Étemel. » (Gousset.) — « Gardez- vous bien de disputer sur des matières relevées et sur les secrets jugements de Dieu... Ces choses passent la portée humaine : nul raisonnement, nulle dispute n'est capable d'approfondir les jugements de Dieu K »

* Hébr., xni, 20, «1. — * SeBsion VI, can. 16. — * Boiwiet. - * Imitation de Jésus- Christ, Ul, LYIU, 1.

Suites de la fidélité ou de l'infidélité à la grâce.

51. Quel usage l'homme doit- il faire de sa liberté sous l'influence de la grâce?

Il doit s'en servir pour coopérer fidèlement à la grâce. Nous vous exhortons cte ne pas recevoir en vain la grâce de Dieu *. — Qu£ personne ne manque à la grâce de Dieu^. .

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