Quelle est la disposition de précepte
C'est l'état de grâce, c'est-à-dire l'exemption actuelle de tout péché mortel.
119. Pourquoi l'état de grâce est -il requis pour la sainte communion?
4« A cause de l'union intime que l'on contracte, dans ce sacrement, avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, le Saint des saints.
Quelle union peut-il y avoir entre la Justice et l'iniquité f quel commerce entre la lumière et les ténèbres? qdel accord entre Jésus- Christ etBéliaVf
2® Parce que l'eucharistie est un sacrement des vivants, institué comme nourriture spirituelle ; or, la nourriture ne donne pas la vie, elle la suppose, et son usage a pour but de la conserver.
Quiconque mangera ce pain ou boira le calice du Seigneur indignement (c'est-à-dire en état de péché qui l'en rend indigne), sera coupable du corps et du sang du Seigneur '.
120. Cette disposition nécessaire est-elle marquée dans le saint Ëvangile? Jésus-Christ nous l'enseigne dans la touchante parabole de
l'enfant prodigue. Avant d'être admis au festin , où lui sera servi le veau gras, figure de l'eucharistie, le prodigue doit être revêtu de la première robe, figure de l'état de grâce.
Le père dit à ses serviteurs : Apportez promptement sa première robe et l'en revêtez;.,, amenez le veau gras, et le tuez ; et mangeons et réjouis, sons-nous^.
121. Si Ton avait un péché mortel sur la conscience, suffirait -il de faire un acte de contrition parfaite avant de communier?
Non; il y a un précepte divin et ecclésiastique qui oblige alors à se confesser.
« Celui qui veut communier, dit le concile de Trente , doit se souvenir de ce précepte : Que Vhomine donc s'éprouve lui-même^. Or la coutume de rÉglise fait voir que Tépreuve qui est nécessaire consiste en ce que personne ne doit se présenter à la communion avant de s'être confessé au prêtre, s'il se sent coupable d'une offense mortelle, quelque contrition qu'il croie avoir de son péché : ce que le saint concile ordonne devoir être perpétuellement observé par tous les chrétiens'^. »
' n Ojf., VI, 14, 16. — * I Cor., XI, «7. — > Luc, xv, M, 13. — * I Cor., xi, M. — > SoMlon xm, oh. Tii.
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122. N*y a-t-11 aucun cas où le fidèle, quoique en état de péché mortel, peut communier sans se confesser?
Il y en a deux : 1» lorsque se trouvant en danger de mort, il ne peut, faute de prêtre, recevoir le saint viatique que d'un diacre; 2"" lorsque, déjà arrivé & la sainte table, il a conscience d'un péché mortel commis depuis la dernière confession.
Mais, dans ces deux cas, d'ailleurs extrêmement rares, il doit auparavant s'exciter à la contrition parfaite, et il doit être résolu à se confesser dès qu'il le pourra.
123. Celui qui se souvient d'un péché grave qa^il 4 oublié involontairement dans sa confession, est -il obligé de s'en confesser avant de communier?
L'opinion la plus probable et sûre dans la pratique soutient qu'il n'y a pas obligation ; car le péché ainsi oublié est remis indirectement par l'absolution; « il suffit, dit saint Liguori, de l'accuser à la prochaine confession qu'on fera par dévotion ou par nécessité. i> L'on peut même, dans l'intervalle , communier autant de fois qu'on y est autorisé.
124. Quelle conduite doivent tenir les personnes timorées qui, avant la communion, sont troublées par la crainte d'avoir consenti à quelque tentation?
Les personnes timorées n'ont qu'à suivre, au sujet des tentations, la règle que donne saint Liguori, d'après laquelle elles doivent se regarder comme certaines d'être en grâce avec Dieu, si elles ne sont pas certaines d'être tombées dans le péché ^
125. D*une manière générale, quelle règle faut-il suivre dans les troubles ou anxiétés qui peuvent survenir avant la communion ?
Il faut suivre docilement la direction tracée par le confesseur et les avis qu'il a donnés h ce sujet.
a L'ennemi, qui sait que c'est dans la sainte communion que se trouvent un si grand fruit et un si puissant remède , s'efforce de toute manière et en toute occasion d'en détourner les âmes fidèles et dévotes , et de les en éloigner autant qu'il peut... Gouvernez-vous selon le conseil des personnes sages, et défaites-vous de votre inquiétude et de vos scrupules, parce qu'ils mettent obstacle à la grâce de Dieu et qu'ils détruisent la dévotion de l'âme'.
126. La confession des ûiutes vénielles est -elle nécessaire avant la communion ?
Elle n'est pas nécessaire, mais elle est très utile.
i« Elle n'est pas nécessaire , puisque le péché véniel n'enlève point la grâce sanctifiante, seule condition strictement requise pour communier dignement.
Celui qui a été lavé, n*a besoin que de se laver les pieds ^,
* Voir II» partie, p. 218. — » ImiUUUm de Jitus-Chritt, IV, x. — » Jean, nn, 10.
DISPOSITIONS PE l'ame 255
^ Elle est très utile, parce qu'en purifiant Tâme, elle ôte l'obstacle qui rempêcberait de recevoir certains fruits très précieux de la communion.
C'est pourquoi lorsque la confession des fautes vénielles ne se fait point avant la sainte communion, il est bon d'en demander pardon à Dieu par quelque acte de piété, d'humilité ou d'amgur.
La charité couvre la multitude des péchés*,
JHspoaUionê de convenance,
127. Uétal é9 gr4c9 «oQt-îl pour recevoir touf le« fruito de la sainte communion?
L'état de grftca est absolument nécessaire pour ne point profo-^ ner la sainte eucharistie , et il suffit pour en retirer le fruit prin* cipal, qui est une augmentation de la grâce sanctifiante; mais, en outre, il y a des dispositions de convenance, dont il faut orner son Âme, si l'on veut recueillir de la sainte communion tous le« fruits qui y sont attachés.
En effet, si, pour que les aliments puissent profiter à un être, il est nécessaire avant tout que cet être soit vivant, il n'est pas moins certain qu'ils ne produiront en lui une réfection par*faite qu'autant qu'il sera en santé , et qu'il prendra ces aliments avec appétit •.