SON UNIVERSALITÉ
2*> L'Église, qui a condamné les propositions suivantes de Baïus et de Quesnel :
a Toutes les œuvres des infidèles sont des péchés, et les vertus des philosophes sont des vices. » — « Que peuvent -elles être qu'aberration et péché, sans les lumières de la foi, sans Jésus-Christ et la charité? »
3® LaTradilion.
a II vous est permis d'aimer d'un amour humain vos épouses, vos fils, vos amis, vos concitoyens ; mais rappelez-vous que cette charité, les païens, les juifs, les hérétiques, peuvent aussi l'avoir. » (S. Augustin.)
< Il est certain que les infidèles peuvent faire d'une manière quelconque des bonnes œuvres, pour l'exécution desquelles le don de la nature suffit; d*où il suit nécessairement qu'ils ne pèchent pas dans toutes leurs œuvres. » i S. Thomas.)
4« La raison. Si toute œuvre d'un infidèle est un péché, chaque fois qu'il se fait violence pour vaincre l'inclination de sa nature vicieuse, qu'il vient au secours d'un malheureux, qu'il arrache à la mort son prochain, qu'il obéit à ses parents, qu'il subvient à leurs besoins, il deviendrait plus coupable aux yeux de Dieu : ce qui est évidemment absurde.
La grâce est donnée aux enfants qui meurent sans baptême,
65. La grâce est -elle donnée suffisamment aux enfants qui meurent sans baptême ?
Oui, car Dieu veut sincèrement le salut de tous les hommes; Jésus- Christ est mort pour tous les hommes; donc il a mérité et préparé aux enfants qui meurent sans baptême des moyens véritablement suffisants pour acquérir la vie éternelle.
Ces moyens ne consistent point dans l'illumination de l'intelligence et l'inspiration de la volonté, puisque ces enfants ne sont pas capables de cette grâce intérieure; ils consistent dans des secours qui n'ont besoin que d'application de la part des hommes pour opérer le salut.
66. Comment peut-on dire que Dieu a voulu le salut de ces enfants, puisquMls sont morts sans baptême?
Le baptême, il est vrai, est la porte du royaume des cieux. Mais si ces enfants ne sont pas baptisés, soit par la faute de leurs parentSf soit par suite d'accidents ou d'obstacles qui ne pourraient être empêchés que par des miracles multipliés, on ne peut en accuser la Providence.
Un maître remet à un serviteur une somme destinée au rachat d'un captit. Si ce serviteur, pour une raison quelconque.
ne remplit point sa mission, et que le captif ne soit point racheté, on ne peut Timputer au maître. Ainsi, dans Tordre de la grâce. Dieu se sert des causes secondes pour la sanctification des hommes ; si ces causes font défaut , il n'en est pas moins certain qu'il a pourvu, autant qu'il est en lui , à cette œuvre de sanctification, comme le maître a pris les moyens nécessaires pour le rachat du captif.
Mode de distribution de U grâce.