Que nous enseigne l'Église au sujet de la sainte messe
Elle affirme solennellement que la messe est un véritable sacritice.
« Si quelqu'un dit qu'à la messe on n'offre pas à Dieu un vrai et propre sacrifice, ou que cette oblation consiste seulement en ce que Jésus -Christ nous est donné comme nourriture : qu'il soit anathème'. »
3é. Gomment établit -on par TÉcriture que la messe est un sacrifice?
Par plusieurs textes qui l'affirment d'une manière manifeste : Mon affection n'est point en vous, dit le Seigneur des armées ,etje ne
» Messe, du latin missa ou missio, renvoi.
* SMBlon XXn, ch. I. — ^ Concile de Trente, Son. XJLU., ean. 1.
recevrai point de présents de votre main. Car depuis le lever du soleil jusqu'au couchant, mon nom est grand parmi les nations, et l'on me sacrifie en tout lieu, et l'on offre à mon nom une oblation toute pure*.
Le sacrifice dont parle ici le prophète est un sacrifice nouveau, établi pour tenir la place des sacrifices judaïques; un sacrifice pur, agréable à Dieu et digne de son nom; ce ne peut donc être que le sacrifice de Jésus-Christ. Mais ce sacrifice est offert dans tous les lieux du inonde; ce n'est donc point le sacrifice de la croix; c'est le sacrifice non sanglant du corps et du sang de Jésus -Christ, offert sur nos autels.
Jésus-Christ, en instituant Veucharistie, dit, selon le texte grec : Ceci est mon corps, qui est rompu pour vous; ceci est mon sang, qui est versé pour vous. Ce qui montre qu'il ne parle pas seulement de l'immolation de son corps et de l'effusion de son sang qui allait se faire sur la croix, mais encore d'une immolation mystique et représentative, qui se faisait dans le moment môme par la séparation des espèces sous lesquelles il s'était rendu présent.
« Quand il dit à ses Apôtres : Faites ceci en mémoire de moi, il leur ordonna, à eux et à leurs successeurs dans le sacerdoce, dit le concile de Trente , d'offrir à Dieu le Père son corps et son sang, comme l'Ë^lise catholique l'a toujours entendu et enseigné. Car, après avoir célébré l'ancienne pâque, que les enfants d'Israël immolaient en mémoire de la sortie d'Egypte, il établit la pâque nouvelle, se donnant lui-même pour être immolé par les prêtres, au nom de l'Église, sous des signes visibles, en mémoire de son passage de ce monde à son Père, lorsque, nous rachetant par l'effusion de son sang, il nous arracha de la puissance des ténèbres, et nous transféra dans son royaume*. »
35. Quel est, à cet égard, renseignement de la Tradition? Les écrits des saints Pères , ainsi que les liturgies occidentales et orientales, manifestent sur ce point un perpétuel accord.
a Nous offrons dans les églises, dit saint Cyrille d'Alexandrie, la Victime sainte, vivifiante et non sanglante. » — L'apôtre saint André disait au proconsul d'Achaïe, qui lui enjoignait de sacrifier aux faux dieux : « J'immole chaque jour, sur l'autel du Dieu tout -puissant, à l'unique et \Tai Dieu, non pas la chair des taureaux, ni le sang des boucs, mais l'Agneau immaculé, toujours entier, toujours vivant, après que le peuple des croyants a mangé sa chair. »
» Malach., i, 10, 11. — ' Session XXII, oh. i.