SACRIFICE DE LA MESSE ET DE LA CROIX
36. Comment le rite même de la messe établit -il qu^elle est an vrai sacriflce?
En ce qu'il renferme toutes les conditions requises pour le sacrifice proprement dit.
1» La messe est une offrande: celle du corps et du sang de Jésus -Christ.
2« C'est l'offrande extérieure d'une chose sensible; car le corps et le sang de Jésus- Christ sont rendus sensibles par les espèces du pain et du vin.
3** C'est une offrande faite à Dieu seul ; car le sacrifice de la messe est un culte de latrie, qui a pour objet d'adorer Dieu.
4<» C'est une offrande faite par le ministre légitime, car la messe n'est célébrée que par ceux à qui Jésus-Christ a dit : « Faites ceci en mémoire de moi. »
S'» C'est l'offrande d'une chose sensible que change le ministre; car, par les paroles de la consécration, il réduit Jésus -Christ à l'état de victime.
69 C'est une offrande faite pour attester le souverain domaine de Dieu ; car la messe est l'acte d'adoration par excellence.
37. Quelle est la partie de la messe qui constitue l'essence du sacrifice ?
Suivant l'opinion la plus commune et la plus probable, l'essence du sacrifice de la messe consiste dans la consécration; l'offrande et la communion n'en sont que des parties intégrantes.
C'est, en effet, dans la consécration seule que Jésus -Christ subit le changement requis pour le sacrifice , changement qui , sans être une destruction substantielle, équivaut à une destruction, puisque, dans l'état sacramentel, le corps de Jésus-Christ est en quelque sorte inanimé et devient comestible, comme les hosties pacifiques de l'Ancien Testament.
Il est essentiel que la consécration se fasse sous les deux espèces, car Jésus-Christ, voulant que le sacrifice non sanglant de l'eucharistie se rapportât au sacrifice de la croix, avait mis son corps et son sang sous les espèces distinctes du pain et du vin , et avait prescrit à ses Apôtres de faire de même en mémoire de lui.
Rapports entre le sacrifice de la messe et celui de la croix.
38. Quels rapports y a-t-il entre le sacrifice de la messe et celui de la croix?
Le sacrifice de la messe est : 1<> la représentation et la commémoration du sacrifice de la croix; 2» il en est la continuation et la consommation.
294 DU SACRIFlOfe DE LA MKSHB
39. Comment le sacrifice de la messe est-il une représentatidn et une commémoration du sacrifice de la croix?
Parce que Jésus -Christ y meurt d'une mort mystique.
Jésus- Christ, dans la sainte eucharistie, est tout entier, il est vrai, sous l'espèce du pain, et tout entier sous l'espèce du vin; mais ce n'est qu'en vertu de l'union indissoluble du corps , du sang, de l'âme et de la divinité, dans celui qui est tout ensemble Dieu et homme vivant. Les paroles de la consécralîott , par la vertu qui leur est propre, ne mettent sous l'espèce du paiti que le corps, et sous l'espèce du vin que le sang de Jésiis-Chrlst; et cette séparation des symboles sacrés est une vive et efficace réprésentation de l'effusion de son sang et de la mort violente qu'il a soufferte ».
En outre, la fraction extérieure de l'hostie, la commutiiôn du prêtre et des assistants, qui semblent détruire Jésus -Chfist, en consommant les espèces; la croix de l'autel, la ct*oix des ornements sacrés, les paroles de la liturgie, les nombreux signés de croix que fait le prêtre: tout rappelle, dans la célébration de la messe, l'immolation du Calvaire.
40. Lé sacrifice de la messe n*est-il que la représentation et là eotbmémoration du sacrifice de la croix?
Il en est encore la continuation et la consommation; il est l'un des grands moyens par lesquels Dieu nous en applique le fruit pour la rémission de nos péchés.
Si, à la messe, la destruction de la victime ne se fait qu'en figure , si son sang n'est répandu que mystiquement par le glaive de la parole de Dieu, son oblation toutefois est très réelle^ puisque c'est i'obiation de la même victime qui a été mise à mort^ et dont le sang a été répandu sur Tautel de la croix.
Jésus -Christ, revêtu sur la table sacrée des signes qui représentent sa mort, y renouvelle son obéissance jusqu'à la mort de la croix; il s'offre à son Père et intercède pour nous, en lui représentant cette mort volontaire qu'il a soufferte pour son Église , et le prix infini dont il l'a rachetée.
» « Ils sont séparés : le corps d'un côté , le sang de l'autre ; la parole a été l'épée, le couteau tranchant qui a fait cette séparation mystique. £n vertu de la parole, il n'y aurait là que le corps , et rien là que le sang : si l'un se trouve aVec l'autre, c'est à cause qu'ils sont inséparables depuis que Jésus est ressuscité ; car, depuis ce temps, il ne meurt plus. Mais pour imprimer sur ce Jésus qui ne meurt plus le caractère de la mort qu'il a véritablement soufierte, la parole vient, qui met le corps d'uh côté^ le sang de l'autre, et chacun sous des signes différents. Le voilà donc revêtu du caractère de sa mort, ce Jésus autrefois notre victime par refiusion de son sang, et encore aujourd'hui notre victime d une manière nouvelle par la séparation my.stique de ce sang d'avec ce corps. » (BossuÈt.)
41. Le sacrifice de la messe est donc le même que celui de la croix? C'est essentiellement le même; il n'en diffère que dans la
manière dont il est offert.
« C'est la seule et même victime, dit le concile de Trente, le même Jésus- Christ, qui s'est offert autrefois lui-même sur la croix, et qui s'offre maintenant par le ministère des prêtres, sans qu'il y ait de différence entre Tune et l'autre oblation que dans la manière ^ t>
« Il n'y a qu'une même hostie offerte sur la croix et sur l'autel. » (S. Am-