‹ Exposition de la doctrine chrétienne (volume 2)Chapitre 416 sur 961 · Que doit- on faire api^s la messe · texte numérisé non relu

Que doit- on faire api^s la messe

Il convient: 1° de remercier Dieu de la grâce insigne qu'il nous a faite ; 2*» de lui demander pardon pour toutes les fautes et négligences échappées à notre faiblesse pendant le saint sacrifice; 30 de former la résolution généreuse d'être fidèles à tous nos devoirs pendant le jour, par reconnaissance et par amour pour ce divin Sauveur, qui s'est immolé pour nous sur l'autel.

TRAITS HISTORIQUES

Sacrifice de Melchisédech , figure du sacrifice eucharistique. (Gen., xiv, 18-20.) — Isaac, survivant à son sacrifice, figure Jésus-Ghrist sur nos autels. (Gen., xxii, 2-18.) — Les apôtres Paul et Barnabe rejettent avec horreur le sacrifice que veulent leur olfrir les habitants de Lystre. (Actes, XIV, 10-16.) — Gélébration de la sainte messe pendant les temps apostoliques. (I Cor., X, 16,17; xi, 21-30.)

Sacrifice en général. — L*eucharistie n'est pas seulement un sacrement , elle est aussi un sacrifice. Le sacrifice, en général, est toute bonne œuvre par laquelle la créature raisonnable s'unit saintement à Dieu. Considéré comme cérémonie de religion, le sacrifice est l'odhinde extérieure d'une chose sensible,

306 DE l'eucharistie comme SAGRinCE. — RÉSUMÉ

que fait à Diea seul le ministre légitime, en la détraisant ou en la changeant par un rite sacré, afin de reconnaître d'une manière particulière le souverain domaine de Dieu.

Le sacrifice est essentiel à la vraie religion ; il doit être intérieur et extérieur. Le sacrifice intérieur est nécessaire en tout temps et en tout lieu, et de la part de toute créature intelligente. Outre l'off'rande intérieure , les hommes ont besoin d'un sacrifice extérieur et visible, à cause de leur nature, de leur destination et de Tétat où le péché les a réduits. — L'obligation du sacrifice est, suivant saint Thomas, de droit naturel, car la raison nous faisant connaître que nous sommes sous la dépendance d'un Être supérieur, la loi naturelle nous prescrit de faire des sacrifices à celui qui est le principe de notre être et notre dernière fin. Cette obligation est aussi de droit divin; car c'est Dieu lui-même qui Ta imposée.

Le sacrifice a existé dés le commencement du monde, et son usage a été universel. On le trouve chez tous les peuples et avec certains caractères uniformes. La pratique des sacrifices sanglants n*a pu être connue que par une révélation positive : l'homme n'aurait jamais pu la trouver de lui-méthe.

Les sacrifices de l'ancienne loi n'étaient agréables à Bien que parce qu'ils étaient des figures du sacrifice de son Fils.

Sacrifice de la croit. — Jésus -Christ a préparé le sacrifice de la croix en faisant de sa vie un sacrifice continuel, par la plus parfaite soumission à la volonté de son Père. — On trouve dans le sacrifice de la croix toutes les conditions du sacrifice proprement dit : l'offrande extérieure d'une chose sensible, l'offrande faite à Dieu seul, le ministre légitime, la destniction de la chose ofi'erte et la fin principale du sacrifice, qui est la reconnaissance du souverain domaine de Dieu. Le sacrifice de la croix est le seul véritable sacrifice, parce que seul il rend à Dieu un honneur digne de sa majesté souveraine.

Sacrifice de la messe. — Au ciel, Jésus-Christ continue le sacrifice du Calvaire en ce sens que les effets de son sacrifice ont leur réalisation dans la gloire, et qu'il applique ces effets à ceux qui sont encore en ce monde. — Le sacrifice de la croix devait se continuer aussi sur la terre. Il faut en efi'et à l'homme un sacrifice de religion extérieur et sensible, et comme les sacrifices figuratifs de l'ancienne loi ont été rejetés de Dieu , qui n'a pour agréable que l'oblation de son Fils, il est nécessaire que le sacrifice de la croix se continue jusqu'à la fin des siècles; c'est pourquoi Jésus -Christ a laissé à son Église le sacrifice de la messe qui représente et continue le sacrifice sanglant de la croix.

Le sacrifice de la messe est le sacrifice du corps et du sang de Jésus -Christ, offert à Dieu sous les espèces du pain et du vin. On établit que la messe est un véritable sacrifice, par l'enseignement de l'Église, par l'Écriture, par la Tradition et par le rite même de la messe. — Suivant l'opinion la plus commune et la plus probable, l'essence du sacrifice de la messe consiste dans la consécration , car c'est dans la consécration seule que Jésus - Christ subit le changement qui est requis pour le sacrifice; toutefois l'offrande et la communion sont des parties intégrantes du .sacrifice.

Non seulement le sacrifice de la messe est une représentation et une comme-

DE L'EUCHAmSTIE COMME SACRIFICE. — RÉSUMÉ 307

moration da sacrifice de la croix, mais il en est encore la continuation et la consommation. Le sacrifice eucharistique est essentiellement le même que celui de la croix; il n'en diffère que dans la manière dont il est offert. Il y a entre les deux sacrifices ces trois différences : 1<> stir la croix, la mort de Jésus -Christ fut réelle ; à la messe , son état de mort n'est qu'apparent ; 2<» sur la croix Jésus-Christ s'offrit immédiatement et visiblement; à la messe, il s'offre par le ministère du prêtre et d'une manière invisible ; 3<> sur la croix , Jésus-Christ mérita une fois pour toutes et paya aussi une fois pour toutes la dette totale de l'humanité déchue ; à la messe , il applique ses satisfactions et ses mérites. Il existe aussi quelque différence entre le sacrifice de la messe et celui du cénacle : à la messe, Jésus -Christ est impassible et immortel, tandis qu'au cénacle il s'offrit passible et mortel;

Le sacrifice de la messe produit au suprême degré tous les effets figurés par les sacrifices de la loi ancienne. Il est latreutique, eucharistique, propitiatoire et impétratoire. Ces quatre effets répondent de la manière la plus parfaite aux fins mêmes du sacrifice. — Si on considère les fruits de la messe par rapport à ceux à qui ils s'appliquent^ on distingue : i^ le fruit général, qui est pour tous les fidèles vivants et morts ; 2^ le fruit moins général, qui est pour les fidèles qtii assistent au saint sacrifice ou concourent & sa célébration; 3^ le fruit spécial, revenant à ceux pour qui est célébré le saint sacrifice; 4» le fruit très spécial, qui est pour le célébrant lui-même. — Le sacrifice de la messe a une valeur infinie, comme le sacrifice de la croix lui- môme; toutefois, en tant que sacrifice de propitiatidn et de demande, il est limité dans son application par les dispositions de chacun.

Le sacrifice de la messe n'est offert qu'à Dieu seul, parce qu'il est l'acte d'adoration par excellence. — Il est offert, mais en divers sens et en différentes manières, par Jésus -Christ même, par le prêtre célébrant, par chacun des assistants, et même par toute l'Église. — 11 est offert pour les vivants et pour les morts. ~ Il est offert pour une fin spirituelle et par rapport aux biens futurs. — Le prêtre a droit à un honoraire pour la célébration de la messe.

On doit se conformer à tout ce qui est prescrit par la sainte Église, touchant le temps et le lieu où Von peut et où l'on doit célébrer; les ornements et les vases sacrés dont il faut se servir; les rubriques que l'on doit observer, et le servant de messe.

Lassistance à la messe est une des pratiques les plus avantageuses de la vie chrétienne. Il est recommandé de s'y tenir attentif et recueilli , d'exciter en soi un grand repentir de ses péchés, de se proposer une intention particulière, de s'offrir avec Jésus -Christ et par Jésus - Christ , de communier au moins en esprit si on ne peut le faire sacramentellement. Les diverses méthodes que Ton peut employer pour entendre la messe peuvent se réduire à deux : prier et méditer.

TABLEAU SYNOPTIQUE

Sa nAtarc

Ce qa'est le sacrlfloe en général.

Le sacrlfloe considéré comme cérémonie de religion.

Le eacrlflce en général

( Le iacrlfloe est essentiel à la vraie religion. Sa nécessité < II doit être intérieur et eztérleor.

( L'oWlgaUon du saoriflce est de droit divin. Le sacrlfloe | Son nniyersallté.

Vavant Jésus -Christ) Valeur des sacrifloes de l'ancienne loi.

Il présente . les conditions Sacrlfloe î d'nn vrai de la croix ] norifloe

Sacrifice delà

r Offrande extérieure d'une chose sensible. i Offrande faite à Dieu seul.

Ministre légitime.

I Destruction de la chose offerte.

^Fln principale du sacrifice.

^ Il est le seul véritable sacrifice.

Néoeasité

Nature

Rapports

entre le saoriflce de la messe

et celui de la croix

I Comment se continue au dèl le sacriflce du Calvaire. < Continuation du sacriflce de la oroix sur la terre. ( Pourquoi 11 doit se continuer sur la terre. / La messe est un vrai sacrifice.

( Par renseignement de l*^liBe.

) On le prouve ^•'' î'^i^** "*'»*«• ■ " 1 Par la Tradition.

[ Par le rite même de la messe.

( Le sacriflce de la messe est la représentation et la commémoration de celui de la croix.

Il en est la continuation et la consommation. . Il est essentiellement le même que celui de la croix.

ILa mort de J.-C. tut réelle.

Il s'offrit immédiatement et visiblement.

Il mérita et satlsflt une fois pour toutes.

la messe

Fins

Différences < ^ L'état de mort de Jésus -Christ

n'est qu'apparent.

Jésus -Christ s'offre par le prêtre et Invisiblement.

Il applique ses satisfactions et ses méritea.

I Sacriflce latreutique.

I — eucharistique.

I ^ propitiatoire.

Efficacité i \ — impétratoire.

I Fruits : général, moins général» spécial, ti-ès spécial. I Valeur infinie du sacriflce do la messe. \ Application des satisfactions et des mérites de J.-C. r II est offert à Dieu seul.

ÎPar Jésus -Christ même.

Par le prêtre célébrant.

Par chacun des assistants.

Par tonte rJÈglise.

Il est offert pour les vivants et pour les morts. Il est offert pour une fin spirituelle. Le prêtre a droit à un honoraire.

I Circonstsnces

de Toblation

^ de 00 sacrifice

Circonstances i Temps et lieu de la célébration.

de < Ornements, vases sacrés,

sa célébration ( Rubriques , servant de messe.

Assistance \ Avantages.

à la messe \ Manière d'en retirer le plus grand fruit.

Page 1