QUALITÉS DE LA CONTRITION
Contrition nniydrselie.
29. Qu'entend- on en disant que la contrition doit être univet'sellef On entend qu'elle doit s'étendre au moins k tous les péchés mortels, sans aucune exception ni réserve.
Quiconqiie, ayant gardé toute la loi, la viole en un seul point, est coupable, comme V ayant toute violée ^.
90. Pourquoi faut -il que la contrition s'étende au moins à tous les péchés mortels ?
Parce que : 1* comme il n'y a aucun péché mortel qui ne soit une injure grave faite à Dieu, il n'y en a par conséquent aucun que nous ne devions haïr si nous voulons rentrer en grâce avec Dieu; or cette haine ne peut être sincère, s'il y a un seul péché mortel auquel le cœur demeure attaché; 2<» la rémission des péchés ne peut se faire que par la grâce sanctifiante; or un seul péché mortel dont on ne se repent pas exclut cette grâce.
31. Est-il nécessaire de faire un acte de contrition pour chaque péché mortel en particulier?
Il suffît d'un acte de contrition qui s'étende à tous les péchés mortels qu'on a commis.
32. Si on accuse en même temps des péchés mortels et des péchés véniels, est -il nécessaire d'avoir la contrition des uns et des autres?
Il suffit de se repentir des péchés mortels, qui seuls excluent la grâce sanctifiante; mais on ne reçoit pas le pardon des péchés véniels pour lesquels on garde de l'affection , car Dieu ne saurait pardonner la moindre faute à laquelle la volonté demeure attachée.
33. Le péché véniel peut -il être remis sans que soit remis le péché mortel?
Aucun péché véniel ne peut être remis sans que le péché mortel le soit aussi; car, dit saint Thomas, le péché mortel exclut entièrement la grâce sanctifiante , sans laquelle aucun péché n'est remis , pas plus le péché véniel que le péché mortel.
34. Est -il nécessaire, pour les péchés véniels, qu'on en ait une contrition universelle?
Cela est nécessaire pour obtenir le pardon de tous les péchés véniels. Mais sans cette contrition universelle on peut obtenir la rémission des péchés véniels dont on se repent; car les péchés véniels, n'étant pas incompatibles avec la grâce sanctifiante, peuvent être remis les uns sans les autres.
* Jacq., it, 10.