‹ Exposition de la doctrine chrétienne (volume 2)Chapitre 468 sur 961 · Pourquoi la contrition doit -elle être souveraine · texte numérisé non relu

Pourquoi la contrition doit -elle être souveraine

I" Parce qu'elle doit être proportionnée au bien que le péché nous fait perdre et au malheur où il nous précipite. Or le bien que le péché nous fait perdre , c'est le souverain bien , le bien unique, Dieu lui-même; et le malheur où il nous précipite, c'est le plus grand de tous les maux, ou plutôt le mal unique, à savoir : la perte de Dieu. On doit donc détester le péché plus que tout autre mal, et mieux aimer tout perdre et tout souflrir plutôt que de le commettre.

Sachez et comprenez quel mal c'est pour votis et combien il vous est amer d*avoir abandonné le Seigneur votre Dieu *.

2« Parce que le pécheur, pour se réconcilier avec Dieu , doit réformer ses sentiments sur ceux de Dieu. Or Dieu hait le péché souverainement, il le déteste infiniment. Le pécheur n'a donc point de miséricorde à attendre de lui, s'il ne hait son péché et ne le déteste souverainement.

Le sacrifice digne de Dieu est un esprit brisé de douleur *. — Je me stUs épuisé à force de soupirer;,., f arroserai de mes larmes le lieu où je suis couché '.

28. La contrition doit -elle être souveraine intensivement ou appréciative* ment?

Il n'est pas nécessaire que la contrition soit intensivement souveraine, c'est-à-dire qu'on éprouve dans le sentiment une douleur plus vive, plus sensible que celle que ferait éprouver un autre malheur : la perte, par exemple, d'une personne qui nous est unie par les liens du sang ou de l'amitié. Il suffit que la contrition soit appréciativement souveraine, c'est-à-dire que par la raison on considère le péché comme le plus grand des maux, et que par suite la volonté le déteste comme tel.

L'intensité de la douleur naît des sens, de l'imagination ; c'est quelque chose de purement accidentel, qui ne dépend pas toujours de nous. L'appréciation, au contraire, naît d'un jugement de la raison et comporte un acte de la volonté, qui dépend de nous.

Voilà pourquoi l'intensité de la douleur, bien qu'elle soit désirable, n'est pas nécessaire à la contrition , qui réside essentiellement dans les facultés supérieures de l'âme : la raison et la volonté, et non dans la sensibilité.

Jérém., n, 19. — ^ Pa. l, 19. — ^ Pb. vi, 6.

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