CONDAMNATION DE ÇEÇ ERREURS
Conclusion de la condamnation de ces erreurs,
87. Que devons- nous conclure de la condamnation des pëlagiens et semipélagiens ?
De la condamnation des pélagiens et des semi-pélagiens, qui ont exalté la nature au préjudice de la grâce , nous devons conclure :
i° Que nos premiers parents ont été élevés, par la bonté toute gratuite de Dieu, à un état surnaturel, consistant ici -bas dans la grâce sanctifiante, germe de la gloire future, et qu'en outre ils ont reçu des dons essentiellement distincts des dons surna^ turels, qui rendaient leur nature intègre.
^ Que le péctié les a réduits, eux et leurs descendants, à l'état de nature déchue, c'est-à-dire à l'état dans lequel naissent les enfants aujourd'hui; état dont nous sommes relevés par le bap- . tême, qui nous rend la grâce sanctifiante, mais non les privilèges d'intégrité.
3<> Que, par suite du péché originel, le libre arbitre a été affaibli et inicliné, suivant les paroles du concile de Trente, c'est-à-dire qu'il n'a plus la force et la rectitude qu'il avait dans l'état d'innocence, ni la même facilité de se porter au bien; mais que le poids de la concupiscence lui donne un penchant violent vers le mal, sans qu'il puisse se redresser de lui -môme, pour se tourner du côté de Dieu , en tant qu'il est notre fin surnaturelle.
4° Que, par conséquent, l'homme déchu ne peut, sans la grâce, connaître toutes les vérités de l'ordre naturel, observer tous les commandements de la loi naturelle, surmonter les graves tentations.
5® Que pour tous les actes relatifs au salut, et pour chacun d'eux, comme aussi pour commencer à croire d'une foi salutaire et persévérer dans la foi jusqu'à la fin, l'homme a besoin de la grâce intérieure de lumière et d'inspiration de l'Esprit- Saint.
qui veulent les accomplir, et qui font à cet effet des efforts selon les forces présentes qu'ils ont ; la grâce qui les leur rendrait possibles leur manque.
2» Dans l'état de nature déchue, on ne résiste jamais à la grâce intérieure.
3° Dans l'état de nature déchue, pour mériter ou démériter, on n'a pas besoin d'une liberté exempte de nécessité; il suffit d'avoir une liberté exempte de coaction ou de contrainte. .
4" Les semi- pélagiens admettaient la nécessité d'une grâce prévenante pour toutes les bonnes œuvres, même pour le commencement de la foi; mais ils étaient hérétiques en ce qu'ils pensaient que la volonté de l'homme pouvait s'y soumettre ou y résister.
5*» C'est une erreur seinl-péliigienne de dire que Jésus -Christ est mort et a répandu son sang pour tous les hommes.