‹ Exposition de la doctrine chrétienne (volume 2)Chapitre 516 sur 961 · Pourquoi dit -on : le plus souvent · texte numérisé non relu

Pourquoi dit -on : le plus souvent

Parœ que la contrition peut être tellement parfaite, qu'elle exempte de toute satisfaction temporelle.

Mais , comme on ne sait point si Ton mérite cette faveur, on ne doit jamais la supposer. D'ailleurs, fussions -nous assurés d'avoir une contrition telle qu'elle méritât une remise totale, et par conséquent de n'être tenus à aucune satisfaction, nous devrions, à l'exemple de Jésus-Christ, l'Agneau sans tache, expier et souffrir jusqu'à la fin de notre vie :

Portant toujours en notre corps la mort de Jésus *,

165. Comment savons -nous que Dieu ne remet pas toujours la peine temporelle avec le péché?

Nous le savons : 1« Par l'enseignement de l'Église.

« Si (fuelqu'un dit que toute la peine CBt toujours remise par Dieu en môme temps que la coulpe...: qu'il soit anathème*. »

2° Par la sainte Écriture, où nous lisons que Moïse, Aaron, David, etc., après avoir reçu le pardon de leurs péchés, eurent à en subir la peine sur la terre.

30 Par la Tradition.

A Vous n'avez pas même laissé impunis, dit, en s'adressant à Dieu, saint Augustin , les péchés de ceux à qui vous pardonnez. Vous pardonnez à celui qui confesse son péché ; mais vous ne lui pardonnez qu'autant qu'il se punit lui -môme. Ainsi la miséricorde et la justice sont satisfaites : la miséricorde, parce que l'homme est délivré de son péché; la justice, parce que le péché est puni. t>

(i Dieu ne laisse aucun péché sans vengeance, dit saint Grégoire le Grand : ou l'homme s'impose une peine, ou Dieu le frappe lui-même. »

166. La satisfaction est -elle injurieuse à la croix de Jésus- Christ?

Notre satisfaction , loin d'être injurieuse à Jésus -Christ, l'honore, au contraire, puisque c'est de lui que nous recevons tout ce que nous présentons à Dieu pour l'acquit de nos dettes.

Jésus -Christ, il est vrai, a offert à la justice de Dieu une satisfaction abondante et surabondante; ses souffrances sont d'un prix infini pour la rémission des péchés. Mais Dieu , en les acceptant à la décharge des hommes pécheurs, est maître d'en appliquer le prix à qui il veut, et à telles conditions qu'il lui plaît. Il a donc pu , sans déroger à la plénitude de la satisfaction offerte par son Fils, accorder la grâce aux coupables, comme il Ta jugé

* II Cor., IV, 10.— 2 Concile de Trente, Sess. XIV, can. 12.

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