‹ Exposition de la doctrine chrétienne (volume 2)Chapitre 517 sur 961 · NATURE DE LÀ SATISFACTION · texte numérisé non relu

NATURE DE LÀ SATISFACTION

à propos, et avec plus ou moins de réserve, selon les règles de sa souveraine sagesse.

€ Cette satisfaction par laquelle nous payons pour nos péchés, dit le concile de Trente , n'est pas tellement ndtre , qu'elle ne se fasse et ne s'accomplisse par Jésus -Christ. Car nous, qui ne pouvons rien de nous-mêmes, comme de nous-mêmes, nous pouvons tout avec le secours de celui qui nous fortifie. Ainsi l'homme n'a pas de quoi se glorifier ; mais tout le sujet de notre gloire est en Jésus-Christ, en qui nous vivons, en qui nous méritons , en qui nous satisfaisons , faisant de dignes fruits de pénitence, qui tirent de lui toute leur force et tout leur mérite, qui sont offerts par lui au Père, et par son entremise sont reçus et agréés du Père^ »

SU était vrai, comme le prétendent les protestants, que nos satisfactions sont injurieuses & Jésus-Christ et que nous sommes dispensés de satisfaire, parce que Jésus -Christ a pleinement satisfait pour nous, il faudrait dire aussi que nous lui faisons injure quand nous prions, quand nous travaillons à notre salut; et que nous sommes dispensés de le faire, puisque lui-même a tant prié sur la terre, que toutes ses œuvres ici-bas ont eu pour but de nous sauver, et qu'il intercède encore pour nous dans le ciel.

167. Pourquoi Dieu ne remet- il pas dans le sacrement de pénitence toute la peine temporelle, comme dans le baptême?

Le saint concile de Trente 'en signale deux raisons : Tune prise de la justice de Dieu, et l'autre de sa bonté, c II semble, dit- il, que la justice de Dieu exige qu'il suive des règles différentes pour recevoir en sa grâce ceux qui, avant le baptême, ont péché par ignorance, et ceux qui, après avoir été une fois délivrés de la servitude du péché et du démon, et avoir reçu le don du Saint- Esprit, n'ont pas craint de profaner de propos délibéré son temple et de contrister le Saint-Esprit '. D'ailleurs, il convient à la bonté de Dieu de ne pas nous dispenser totalement de lui faire satisfaction pour les péchés qu'il nous pardonne; de peur que, prenant de là occasion de les estimer légers, nous ne venioùsù tomber dans des crimes plus énormes , comme pour insulter et outrager le Saint-Esprit, amassant ainsi un trésor de colère pour le jour de la colère *. »

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