Comment la Tradition établit -elle ce pouvoir
La concession des indulgences a été une pratique constante et universelle de l'Église.
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POUVOIR DE l'église RELATIF AUX INDULGENCES 378
Dans les temps de persécutions, il arrivait fréquemment qu'à la prière des martyrs qui allaient au supplice, et par égard pour leurs mérites exceptionnels, les évoques remettaient en tout ou en partie la peine à des pécheurs pénitents. Saint Cyprien nous en a laissé de remarquables exemples. € On regardait , dit saint Denis d'Alexandrie, l'intercession des martyrs comme un jugement prononcé en faveur des pénitents, et dont on croyait ne pas devoir s'écarter. »
Les plus anciens canons pénitentiaux , et en particulier ceux du concile d'Ancyre (314) et de Nicée (325) reconnaissent à l'évêque le droit de remettre une partie des peines canoniques, en d'autres termes, d'accorder des indulgences.
217. Quels sont ceux qui, dans TÉglise, peuvent accorder des indulgences?
Ce pouvoir n'appartient qu'aux pasteurs, c'est-à-dire au Pape et aux évoques, qui, étant établis par l'Esprit-Saint pour gouverner l'Église de Dieu, sont les dispensateurs de son trésor spirituel.
Le Pape, comme pasteur suprême, est le dispensateur de tout le trésor de l'Église, et peut accorder pour tous les fidèles toutes sortes d'indulgences.
Les évoques ne peuvent user de ce pouvoir que d'une manière restreinte , et seulement dans leur diocèse.
218. Comment TÉglise a-t-elle réglé le pouvoir d'accorder des indulgences?
Selon la discipline actuelle établie par le quatrième concile de Latran (1215), les évoques peuvent accorder un an d'indulgence pour la dédicace d'une église, et quarante jours pour les autres fêtes, ou pour quelque autre sujet que ce soit.
Les archevêques peuvent accorder les mêmes indulgences que les évéques dans tous les diocèses de leur province.
Les nonces et légats apostoliques peuvent, en vertu d'une concession spéciale du souverain pontife, accorder pour une bonne œuvre cent, deux cents, trois cents jours d'indulgence, mais jamais autant qu'il y a de jours dans l'année.
Le saint concile de Trente c désire qu'on use de ce pouvoir avec modération et réserve, suivant la coutume observée anciennement et approuvée dans l'Église, et pour que la discipline ecclésiastique ne soit pas énervée par une excessive facilité ^ »
219. Que faut -il pour que la concession d'une indulgence soit valide?
Il faut deux choses: 1» Une fin pieuse et agréable à Dieu,
* Scitton XXV, Décret rar lei Inâalgenoa.
comme la conversion des infidèles, l'extirpation des hérésies, l'exaltation de la sainte Église, la cessation d'un iléau public, la construction d'une basilique, la fondation d'un hôpital, etc.
2<> Une œuvre propre à obtenir cette fin, comme des prières, des jeûnes, des aumônes.
220. L'Église, en noas accordant des indulgences, nous dispense-t-elle de faire pénitence ?
Non, la loi de la pénitence est une loi divine dont l'Église ne peut nous dispenser.
H Toute la vie chrétienne, dit le concile de Trente, doit être une pénitence perpétuelle *. ù
u Dieu, disait saint Gyprien aux pénitents pour lesquels les martyrs sollicitaient l'indulgence auprès des évoques, Dieu peut user de clémence à votre égard, pourvu que vous fassiez pénitence, et que vous vous exerciez dans la pratique des bonnes œuvres et de la prière. x>
« Les chrétieiis prudents et éclairés , dit Bellarmin , entendent de telle sorte les indulgences accordées par les souverains pontifes, qu'ils s'appliquent, en les recevant, à faire de diprnes fruits de pénitence et à satisfaire au Seigneur pour leurs péchés. »
221 . Que se propose donc TËglise en accordant des indulgences ?
Elle se propose : 1® D'aider les pécheurs pénitents qui ne peuvent accomplir leur pénitence dans toute son étendue.
2"" De fournir le moyen de suppléer aux imperfections et aux défauts qui se rencontrent souvent dans l'exercice de la péni- ' tence.
3» De rendre la paix et le calme de la conscience à celui qui, ayant fait, autant qu'il lui a été possible, des œuvres de pénitence proportionnées à ses péchés, craint néanmoins encore que sa satisfaction ne soit trop au-dessous de ce qu'il doit à la justice de Dieu.
i^ De stimuler à la perfection les âmes justes, qui devront, pour gagner les indulgences, se confesser et communier fréquemment, et accomplir beaucoup d'œuvres satisfactoires.
5<> De leur donner l'occasion d'exercer un grand acte de charité envers les âmes du purgatoire, auxquelles un grand nombre d'indulgences sont applicables.
6" De leur épargner ou diminuer à elles-mêmes les souffrances de l'autre vie.
* Seulon XIV, ch. iz.