ERREURS SUR L'INCARNATION
été absorbée par la nature divine, comme une goutte de pluie Test par l'Océan. Ils étaient tombés dans cette erreur en combattant Nestorius : de Tunilé de personne, ils avaient conclu à Tunité de nature.
L'eutychianisme fut condamné au concile de Chalcédoine(45i).
106. Quelles remarques peut- on faire sur les erreurs concernant le mystère de rincarnation?
1° Elles apparaissent dès l'origine du christianisme, et se perpétuent sous des formes variées pendant plusieurs siècles.
2° Toutes tendent à l'anéantissement de l'œuvre de Dieu, en détruisant en Jésus-Christ soit Thumanité, soit la divinité.
En effet, si Jésus-Christ n'est pas véritablement homme, soit parce qu'il n'a pas un corps réel (gnostiques), soit parce que son âme n'est pas raisonnable (apollinaristes), ou parce qu'elle n'est pas douée de volonté (monothélites), soit parce que sa nature humaine a disparu dans la nature divine par Je fait de l'union hypostatique (eutychiens), il n'a pu satisfaire pour le péché; car la satisfaction , l'expiation , ne convient pas à la nature divine.
Si Jésus-Christ n'est pas Dieu, parce que le Verbe n'est pas Dieu (ariens), ou si la nature humaine forme en lui une personne distincte de celle du Verbe (nestoriens), il n'a pu donner à sa satisfaction une valeur infinie, et l'Incarnation n'a pas atteint le but principal que Dieu se proposait : l'entière réparation de l'offense.
107. Pourquoi de si nombreuses erreurs contre le mystère de rincanialion ?
Parce que le démon, qui les inspire, cherche à se venger de la défaite que lui a fait essuyer l'Incarnation sur Jésus-Christ luimême et sur l'Église, qui est son corps mystique.
Et le dragon s'irrita contre la femme, et alla faire la guerre à ses autres enfants qui gardent les commandements de Dieu, et qui ont le témoignage de Jésus -Christ *.
TRAITS HISTORIQUES
Ambassade de l'arcbaDgc Gabriel à Marie. (Luc, i, 26-38.) Jésus prouve aux Juifs sa divinité, à Toccasion de la guérison du paralytique. (Jean, v, 14-47.) Résurrection du fils de la veuve de Naîm. (Luc, vu, 11-46.) Jésus pleure sur la ville coupable qu'il ne peut convertir. (Luc, xiX; H -44.) Jésus chasse les vendeurs du temple. (Luc, xix, 45, 46.) Au nom de Jésus, Pierre guérit un boiteux. (Actes, ni, 1-9.)
* Apoc, xir, 17.
DU MYSTÈRE DE l'iNCARNATION. — RÉSUMÉ 209
Mystère de rincamation. — Ce mystère consiste dans Tunion de la nature divine et de la nature humaine en la personne du Fils de Dieu.
Les patriarches et les prophètes avaient une foi explicite i ce mystère, mais le peuple hébreu n*y croyait que d'une manière implicite. La révélation en fut complétée par le message de l'archange Gabriel à Marie.
Les saintes Écritures donnent à la personne adorable du Fils de Dieu des noms divers, qui proclament ses titres divins ou rappellent les principaux bienfaits de sa mission.
En Jésus -Christ, il y a : 1* deux natures, la nature divine et la nature humaine ; 2<» union personnelle entre ces deux natures ; 3" une seule personne , celle du Yerbe, Fils unique de Dieu; 4* distinction des natures.
Ihialité des natures. — Jésus -Christ est Dieu, Il l'a affirmé en s'attribuant les pouvoirs, les droits et les honneurs divins, et en le déclarant lui-même devant ses apôtres, devant le peuple et jusqu'au tribunal de Gaîphe. Il a, en outre, prouvé sa divinité par la sainteté de sa vie, par la perfection de sa doctrine, par ses miracles et surtout celui de sa résurrection qu'il avait prédite, par ses prophéties et la réalisation en sa personne des prophéties de l'Ancien Testament, par rétablissement et la conservation de son Église. Le culte d'adoration dont il est l'objet depuis dix -neuf siècles est encore une preuve de la divinité de Jésus -Christ.
Jésus-Christ est homme, parce qu'il a pris véritablement une âme et un corps semblables aux nôtres. — Vâme de Jésus-Christ ne diffère de la nôtre que par ses incomparables perfections. Son intelligence humaine n'avait pas la science infinie, propre à Tintelligence divine; mais elle possédait au suprême degré : io la science béatifique, c'est-à-dire la vision de l'essence divine; S® la science infuie, par laquelle il connaissait au moyen des idées innées, sans images sensibles ; .3« la science acquise, qui consistait à apprendre par les sens et par la raison. — Sa volonté humaine, distincte de sa volonté divine, était impeccable; elle tenait sous son empire tous les appétits sensitifs, et jouissait d'une liberté parfaite. — Son cosur fut le siège de l'amour le plus généreux et le plus pur. Par un miracle qui suspendait les effets naturels de la vision béatifique, sa sensibilité fut sujette à la douleur morale. — L'âme de Jésus- Christ reçut : io la grâce d'union, par laquelle Jésus -Christ comme homme était uni personnellement au Verbe de Dieu ; 2« la grâce habituelle dans toute sa plénitude ; dp probablement la grâce actuelle adjuvante; 4* enfin, tous les dons gratuits. Jésus -Christ était rempli des dons du Saint-Esprit; il possédait la charité et toutes les vertus morales, sans les imperfections qui sont en opposition avec Fétat de béatitude.
Le corps de Jésus-Christ était vrai et réel, et non point fantastique ou céleste. II fut formé miraculeusement du sang très pur de la Vierge Marie, par l'opération du Saint-Esprit; et c'est à cause de cette conception miraculeuse, et de Tunion avec le Yerbe de Dieu, que son âme fut exempte de la tache originelle. ~ Jésus-Christ a voulu librement assujettir son corps à la souffrance physique, comme il avait soumis son âme à la douleur morale, dans le but d'expier nos péchés, de montrer qu'il était vraiment homme, et aussi pour nous donner Texemple de toutes les vertus.